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Haïti : l'effondrement d'une école fait de nombreuses victimes

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Un bâtiment scolaire de quatre niveaux qui accueille quelque 700 écoliers et élèves du secondaire s'est effondré, dans la matinée du 7 novembre à Nérette, dans la capitale Port-au-Prince. Sur place, des centaines de casques bleus de la MINUSTAH, des agents de la Police nationale d'Haïti (PNH) et la Croix-Rouge internationale, entre autres, tentent de sauver enfants et adolescents ensevelis sous des décombres.

« Horreur », « catastrophe», ce sont quelques unes des expressions utilisées pour décrire le drame qui s'est produit ce vendredi à Nérette, un quartier de la commune de Pétion-Ville. En effet, dans son effondrement, du bâtiment arriéré de l'établissement «La Promesse Collège Evangélique» a emprisonné des centaines d'enfants et d'adolescents dans ses ruines.

Et depuis les décombres parviendraient aux sauveteurs « des pleurs et des cris des victimes appelant à l'aide ». Un élève de la première année du secondaire, Josué Clermont, aurait même réussi à contacter ses parents via son téléphone portable, mais reste coincé, ayant « un bloc de béton sur les jambes ».

Sur place, des dizaines de blessés sont transportés à bout de bras ou sur des civières. Pour acheminer des victimes vers des centres hospitaliers se relaient des ambulances de la Croix-Rouge internationale et de la MINUSTAH, des véhicules de la PNH.

Et la consternation est partout visible, le plus souvent exprimée à travers des gestes de désespoir par des parents en état de choc, incapables d'articuler un seul mot. D'autres, en pleurs, crient leur douleur ou laissent exploser leur colère contre les autorités.

La situation est qualifiée de «catastrophe indescriptible» par le ministre de l'Education nationale, Joël Jean-Pierre. Quant au maire de Pétion-Ville, Mme Claire Lydie Parent, « c'est avec consternation que j'assiste à cette tragédie. De nombreux enfants et enseignants sont blessés ou encore sous les décombres ».

De l'avis de Menthor Langeais, un sauveteur de la Croix-Rouge internationale, «ce que vous voyez là, c'est la partie émergée de l'iceberg. La situation risque d'être inimaginable plus tard. On assistera à un nombre très élevé de morts ». Celui-ci faisait en effet référence à un groupe de 7 adolescents tués. Les victimes sont installées à même le sol, dans une pièce, après une première évaluation médicale. Un autre sauveteur parle d'« enfants transpercés par des morceaux de fer et qui sont restés suspendus ».

Les secours s'organisent

Des centaines de militaires et de policiers de la MINUSTAH aident à retirer des blessés et des corps d'enfants tués des décombres de l'immeuble. Les ingénieurs militaires des contingents brésilien, chilien et équatorien ainsi que des casques bleus philippins et népalais y sont sur place, munis de gros engins pouvant découper des métaux, ainsi que des équipements d'éclairages, des groupes électrogènes et du carburant.

«Nous avons aidé à évacuer beaucoup de gens. D'autres sont encore sous des décombres. C'est une vraie catastrophe. Nous sommes là avec la PNH pour faciliter les secours et l'évacuation », a fait remarquer le Commissaire de la Police des Nations Unies, Mamadou Mountaga Diallo.

Par ailleurs, la Croix-Rouge internationale achemine du matériel de premier secours et contribue à l'évacuation des victimes. A cette tâche participent également de nombreux volontaires ainsi que des employés des mairies de Port-au-Prince et de Pétion-Ville.

Cependant, l'organisation des secours dans cet espace non accessible aux véhicules, n'est pas chose aisée. Il faut aussi beaucoup d'adresse et de dextérité pour éviter que les tentatives de sauvetage ne se traduisent par la mort des survivants emprisonnés sous les décombres. En outre, on craint de nouveaux effondrements car le terrain sur lequel sont érigés les bâtiments ne serait guère propice à la construction.

D'ailleurs, certaines maisons avoisinantes sont chancelantes. Et c'est pourquoi les hélicoptères de la MINUSTAH, qui survolent les lieux en vue d'éventuelles évacuations sanitaires, sont contraints de ne pas s'approcher du point d'impact par crainte que les vibrations de l'appareil n'aggravent la situation.

Coté sécurité, des membres de différentes Unités de la police nationale ainsi que quelque 400 UNPol et FPU chinois et jordaniens tentent, en établissant des cordons de sécurité, de contenir une foule de milliers de personnes dont la présence rend difficiles les opérations de sauvetage.

On craint un lourd bilan

Si pour l'instant, aucun bilan définitif n'est encore établi, le nombre de blessés et de morts se compteraient déjà par dizaines. En début d'après-midi, l'hôpital de l'Université d'Etat d'Haïti avait reçu 13 cadavres. Quant à l'hôpital Sainte Elise, elle a accueilli six cadavres, dont trois garçons et trois filles. Il s'agit de personnes vivant dans une maison avoisinante. Leur mort aurait été provoqué par la chute d'une partie du bâtiment scolaire sur leur habitation.

Ce bilan risque de s'alourdir car les sauveteurs n'avaient pas encore pu atteindre, en fin d'après midi, les niveaux inférieurs qui accueillaient les enfants du primaire et du préscolaire. L'école abrite en effet quelque 700 enfants. Outre les enfants et les voisins, on dénombre des victimes au sein du corps enseignant. Un d'entre eux a par exemple été tué, si l'on en croit un de ses collègues, Jimy Germain, qui enseigne les Sciences sociales dans cet établissement.

Avec la nuit, le travail des sauveteurs risque de devenir plus difficile. Toutefois, selon les précisions du docteur Gabriel Timothée, Directeur général du Ministère de la Santé Publique, ils peuvent s'attendre au renfort d'une vingtaine de spécialistes en sauvetage sous les décombres, en provenance de la Martinique.