Haiti

Haïti : L'accès à l'eau potable, un droit pour tous !

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Le droit à l'eau potable et à l'assainissement est un droit fondamental de la personne humaine. Pourtant, en Haïti, l'eau potable n'est pas accessible à toute la population. Aussi, inscrivant ce droit parmi ses priorités, la Section des Droits de l'Homme (SDH) de la MINUSTAH a-t-elle lancé une campagne du droit d'accès à l'eau potable.

Le droit à l'eau est un droit dévolu à tout individu. Et ce droit ne souffre d'aucune limitation liée aux conditions économiques ou sociales. Cependant, en Haïti, à peine 54.8 % de la population ont accès à l'eau potable. Ce taux de couverture en eau potable est en effet le plus faible de la Caraïbe et de l'Amérique Latine.

L'approvisionnement en eau potable est en principe assuré par deux organismes étatiques : la Centrale Autonome Métropolitaine d'Eau Potable (CAMEP) qui dessert la capitale et le Service National d'Eau Potable (SNEP), s'occupant du reste du pays. Il est à souligner, cependant, que ces organismes arrivent difficilement à accomplir leur mission. Aussi, plus de 4 millions d'Haïtiens n'ont pas accès à ces services de distribution.

En vue d'adapter ses actions aux besoins les plus pressants de la population haïtienne, la Section de Droits de l'Homme de la MINUSTAH (SDH) a initié le 10 Octobre une campagne de promotion du droit à l'eau potable dans le cadre de la célébration du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Cette action est menée en partenariat avec la Cellule Eau et Assainissement du Ministère des Travaux Publics, l'UNICEF et le PNUD.

L'objectif de la campagne est de sensibiliser la population et le gouvernement haïtien sur l'importance de l'accès à l'eau potable. Cette campagne informe les détenteurs de droits de leurs prérogatives.

En effet, l'Etat a des obligations vis-à-vis de ses citoyens, en ce sens qu'il lui incombe de leur faciliter l'accès à l'eau potable. Dans cette optique, la campagne s'applique à obtenir des autorités de l'État que des actions spécifiques soient entreprises, en particulier l'augmentation de la part du budget étatique allouée à l'accès à l'eau potable, l'adoption de la loi sur l'eau et l'assainissement ainsi que la ratification du Pacte International relatif aux Droits économiques, sociaux et culturels.

En outre, la campagne sensibilise les citoyens sur leurs obligations quant à la protection de l'eau en tant que bien commun. « Il y a des gens qui prennent clandestinement de l'eau à partir des conduits du système de distribution publique, ce qui constitue un problème », a signalé Jakaranda Neptune, de la Section des Droits de l'homme de la MINUSTAH.

Pour Mme Neptune, il ne s'agit pas uniquement d'un problème légal, « mais également d'une violation des droits de l'Homme ». Aussi, « dans cette campagne, il s'agit de sensibiliser la population non seulement sur leur droit à une eau potable mais également sur leurs responsabilités », a-t-elle poursuivi.

Même constat du coté des responsables de la Centrale Autonome Métropolitaine d'Eau Potable (CAMEP). « La population ne facilite pas les choses. Les tuyaux sont crevés en de nombreux endroits par les habitants eux-mêmes qui ensuite vont se plaindre de ne pas recevoir de l'eau », a condamné le responsable du service de distribution de la CAMEP, Pierre Lukner Jean.

Et l'une des obligations des usagers consiste à adopter un comportement responsable vis-à-vis des structures d'adduction et d'assainissement. Il importe en outre de payer des contributions pour les services fournis.

La Section des droits de l'homme entend établir également un partenariat sur le plan national avec les ONGs nationales et internationales œuvrant dans le domaine des droits économiques, sociaux et culturels pour des actions communes et concertées.

« En termes d'activités, nous avons organisé des conférences-débats sur la portée et la teneur du droit a l'eau potable qui ont réuni les ONG œuvrant dans le domaine des droits économiques, sociaux et culturels, les universités et les entités étatiques centrales et départementales travaillant dans ce domaine. Ces conférences ont été organisées tant a Port-au-Prince que dans les différents départements où la Section des droits de l'homme est représentée », indique Dieudonne Munyingam, coordonateur régional de la SDH dans le Centre du pays.

Une autre activité prévue dans le cadre de cette campagne est la rédaction d'un document de plaidoyer en faveur de la ratification du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels par le gouvernement haïtien.

Cette campagne prendra fin le 10 Décembre prochain.