Haiti

Haïti : la reconstruction progresse mais doit s'accélérer

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Port-au-Prince - Port-au-Prince, le 8 juillet - L'ancien président des États-Unis Bill Clinton a terminé aujourd'hui sa première visite en tant qu'envoyé spécial des Nations Unies en Haïti et a salué les travaux de reconstruction entrepris après le passage d'ouragans qui ont fait 800 morts et causé 1 milliard de dollars EU de dégâts. Il a toutefois également souligné l'urgence de ces efforts et la nécessité de tenir la cadence.

Les tempêtes de 2008 ont détruit les maisons de 165 000 familles et laissé 800 000 personnes tributaires d'une aide d'urgence. Le gouvernement haïtien mène les travaux de relèvement avec l'appui de donateurs internationaux, du PNUD et d'autres organismes des Nations Unies.

M. Clinton a comparé la situation en Haïti avec celles qu'ont connues les États-Unis au lendemain d'ouragans. « La tragédie, dans ce qui est arrivé ici l'année dernière, tient au fait que 80 % des dégâts ont été causés par l'eau et 20 % seulement par le vent, contrairement à ce qui s'est passé aux États-Unis où c'est le vent qui a fait les plus gros dégâts », a-t-il noté. M. Clinton était accompagné par le président haïtien René Préval et par des représentants des Nations Unies en Haïti.

« Ceci explique les investissements dans l'équipement et la formation de personnel à l'œuvre sur quelque 17 sites répartis dans tout le pays, a-t-il dit. Le travail effectué ici sur la rivière [la Quinte] est excellent. C'est l'approche voulue pour prévenir les dégâts futurs : il faut reconstruire en songeant à la sécurité future, en créant de nombreux emplois d'une part, mais aussi en veillant à prévenir les catastrophes susceptibles de résulter de futures tempêtes. »

Durant sa visite de trois jours en Haïti, M. Clinton s'est rendu sur le site de plusieurs projets, notamment celui de l'initiative de réhabilitation des systèmes d'approvisionnement en eau des Gonaïves, la ville la plus durement frappée par les tempêtes. Plus de 25 000 personnes ont été recrutées en 2008 pour réhabiliter le bassin versant qui alimente la ville en eau et la protège ainsi que les terres agricoles environnantes.

Les 5000 travailleurs (dont près de la moitié sont des femmes) actuellement répartis sur plus de 32 sites des environs de Gonaïves, ont dégagé les canaux d'irrigation, reconstruit des terrasses et renforcé les murs de soutènement.

L'an dernier, plus de 4 000 emplois ont également été créés pour réaménager le cours de la Quinte et pour réduire les risques de catastrophes, dans le cadre d'une initiative financée par la Norvège, le Ministère du développement international du Royaume-Uni et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies, ainsi que par le PNUD.

« Beaucoup a été fait, mais il reste encore beaucoup à faire, a déclaré Marc-André Franche, Directeur de pays adjoint du PNUD-Haïti. Nous sommes encore préoccupés par l'état des travaux de relèvement précoce (...) et nous nous félicitons donc de la venue du président Clinton en Haïti. Il a apprécié les efforts conjoints déployés par les organismes des Nations Unies pour nettoyer la ville [les Gonaïves] après les tempêtes. »

M. Clinton a également visité le site d'un projet de gestion écologique des déchets dans le quartier défavorisé de Carrefour Feuilles, situé à 2,6 km au sud du centre de Port-au-Prince. Ce projet géré par le PNUD a créé près de 400 emplois et 150 000 personnes en ont bénéficié indirectement. Des centaines de membres de la communauté participent à l'amélioration de l'environnement urbain en ramassant, en recyclant et en transformant les déchets solides. Ils produisent des briquettes combustibles à usage ménager qui remplacent le charbon de bois et contribueront aux activités de compostage pour l'agriculture, ces deux activités constituant de nouvelles sources de revenus. C'est là le résultat d'un partenariat entre l'administration locale, une banque privée et des donateurs internationaux.

« Ce projet mené par la communauté et son organisation contribuent à accroître la stabilité et à réduire la violence des gangs qui sévissaient dans le quartier », a noté M. Franche. Le projet, financé par le PNUD, l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud, a également appuyé la construction d'un marché public pour favoriser les échanges commerciaux et stimuler l'économie locale.

La visite de trois jours de M. Clinton en Haïti visait à appuyer les efforts déployés par le pays pour mieux se préparer aux ouragans, créer des emplois et continuer d'améliorer la fourniture de services sociaux de base. M. Clinton entendait également évaluer ce que les Nations Unies, la société civile et la communauté internationale des donateurs peuvent faire pour mieux aligner leurs initiatives et pour intégrer leurs travaux dans le plan de relèvement du gouvernement haïtien.

Depuis des décennies, Haïti est le pays le plus pauvre de l'hémisphère occidental : 78 % de ses habitants disposent de moins de 2 dollars EU par jour pour vivre; le taux de mortalité infantile est d'environ 60 décès pour 1 000 naissances vivantes et le taux de chômage est de 70 %. La plupart des Haïtiens vivent d'activités informelles et les conditions de logement particulièrement précaires les laissent extrêmement vulnérables aux catastrophes naturelles.

Ressources:

Audio: Marc-André Franche, Directeur de pays adjoint du PNUD-Haïti

A propos du PNUD en Haïti: www.ht.undp.org