Haiti

Haïti : John Holmes - «La situation reste mauvaise en dépit des améliorations»

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Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires des Nations Unies et Coordonnateur des secours d'urgence, John Holmes, a visité Haïti les 23 et 24 octobre 2008. Objectif : évaluer les progrès réalisés au niveau des interventions humanitaires dans le pays, notamment en ce qui a trait aux réponses apportées aux situations d'urgences créées par les dernières intempéries.

En visite d'évaluation en Haïti après les ouragans des mois d'août et de septembre ayant fait au moins 790 morts, des centaines de blessés et plus d'un million de sinistrés, le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires s'est rendu aux Gonaïves, une zone particulièrement touchée. Et John Holmes de constater une situation « déprimante » dans cette ville.

«C'est déprimant et émouvant de voir ça. Après six semaines, il y a encore beaucoup d'eau et de boue », confie-t-il dans une déclaration à l'AFP, lors d'un survol de la ville. Aux Gonaïves, le Coordonnateur des secours d'urgence aux Nations Unies a parcouru plusieurs rues de la ville, dont les deux principales artères, l'Avenu des Dattes et la rue Christophe.

John Holmes a également visité, au quartier de Praville, l'un des principaux abris provisoires logeant quelque 900 personnes depuis environ deux mois. Des parcours qui lui ont permis d'avoir un état des lieux. « La situation reste encore mauvaise en dépit des améliorations enregistrées », a-t-il fait remarquer, lors d'un point de presse.

Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires s'est entretenu avec le représentant de l'exécutif dans le départemental de l'Artibonite, le délégué Marc Elie Saint-Hilien, et le maire principal des Gonaïves, Joachim Stephen Moise, sur la situation de la ville. « Nous avons exposé les difficultés auxquelles Gonaïves fait face actuellement. Mais l'accent a été mis essentiellement sur l'obligation que nous avons de libérer les écoles servant d'abris provisoires pour faciliter la rentrée des classes », a révélé M. Saint-Hilien, après la rencontre.

Avec les responsables de l'Etat, M. Holmes a discuté, entre autres, de prévention des catastrophes naturelles. Il a en effet rencontré le chef de l'Etat, René Garcia Préval, et le Premier Ministre, Mme Michèle Duvivier Pierre-Louis.

Pour le Coordonnateur des secours d'urgence aux Nations Unies, l'aide de la communauté internationale doit prendre deux formes. D'abord, des secours immédiats. « Bien avant cette dernière série en date d'ouragans et de tempêtes tropicales, Haïti était particulièrement vulnérable aux intempéries. A présent, la population a non seulement désespérément besoin d'une aide humanitaire immédiate mais elle a aussi besoin d'une assistance importante devant l'aider à se redresser », a déclaré M. Holmes.

Il reconnaît également que cette action doit dépasser le cadre des urgences. « Nous devons en plus accorder une attention renouvelée et sérieuse aux besoins du pays en matière de développement », a-t-il d'ailleurs renchéri.

Mais l'intervention de la communauté internationale ne s'est pas encore fait sentir de manière significative. Les agences humanitaires ont en effet lancé un appel conjoint de 106 millions de dollars pour financer l'aide humanitaire et les mesures de relèvement immédiat au cours des six prochains mois en faveur des survivants. Jusqu'à présent, 24,8 millions de dollars seulement ont été promis en réponse à cet appel.

Aussi, M. Holmes souhaite-t-il sensibiliser la communauté internationale sur la nécessité de répondre à l'appel à l'aide du Système des Nations Unies en faveur d'Hait et de fournir au pays « une assistance plus large et plus rapide ». « J'espère convaincre la Communauté internationale d'être un peu plus généreuse [envers Haïti], car les besoins sont vraiment immenses, et ceci, dans tous les domaines », a-t-il déclaré.

A l'occasion de sa tournée, John Holmes aussi rencontré les hauts responsables de la de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), les responsables de différentes agences, des Fonds et de programmes des Nations Unies ainsi que ceux des organisations non gouvernementales (ONG) intervenant dans le pays.

Si l'aide internationale continue d'arriver au compte-goutte, les partenaires humanitaires, avec l'appui technique et sécuritaire de la MINUSTAH, ont tout de même acheminé aux sinistrés des tonnes de farine enrichie, de haricots, d'huile et de riz octroyées par le PAM, qui a par ailleurs distribué 1.841.000 rations alimentaires. Des centaines de milliers de bouteilles d'eau potable ainsi que des dizaines de milliers de kits d'hygiène ont été fournis par l'UNICEF, entre autres. Et pour prévenir la malaria aux Gonaïves, l'OPS/OMS a distribué plus de 25.000 moustiquaires.