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Haïti doit jouer le rôle principal dans la reconstruction, déclare une représentante du PNUD

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WASHINGTON – Deux ans après un tremblement de terre dévastateur, les organisations internationales continuent à jouer un rôle clé dans la reconstruction de Haïti. Cependant, le succès à long terme exige une appropriation par les citoyens eux-mêmes, affirme Rebeca Grynspan, administratrice associée du Programme des Nations Unies pour le développement.

« Il est impossible de reconstruire un pays projet par projet, a expliqué Mme Grynspan au cours d'une séance de présentation organisée au Capitole par la Fondation des Nations Unies à l'intention des membres du Congrès des États-Unis. Il faut créer les conditions pour que les citoyens puissent reconstruire eux-mêmes leur pays. C'est en fait la partie la plus importante de cette nouvelle phase. La communauté internationale doit servir de plate-forme pour permettre aux haïtiens de devenir véritablement maîtres de leur destin. »

« L'heure est venue d'affecter les ressources au redressement et à la reconstruction, a-t-elle ajouté, en lançant un appel à un développement substantiel des capacités et à une décentralisation au niveau des pouvoirs publics, au renforcement de l'État de droit, et à des investissements qui aideront le pays à faire baisser un taux de chômage actuellement de 45 %.

« Ceci implique la mise en place de processus transparents de passation des marchés, d'octroi des titres fonciers, ainsi que de conditions encourageant l'investissement », a-t-elle également dit au cours d'un débat réunissant également Edmond Mulet, sous-secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, Thomas Adams, coordonnateur spécial des États-Unis pour Haïti, et Victoria Holt, sous-secrétaire d'État américain au Bureau des affaires des organisations internationales.

Le 12 janvier 2010, un violent tremblement de terre a frappé Haïti, causant la mort de 300 000 personnes et créant 2,3 millions de sans-abri. L’hyperurbanisation et la centralisation des pouvoirs publics dans la capitale, Port-au-Prince, ont aggravé d’une part la destruction et, d’autre part, la désorganisation de l'administration.

Comme le note Mme Grynspan, un grand nombre des habitants des campagnes qui avaient émigré en ville ont été renvoyés dans leurs provinces d’origine. Malheureusement, l'appui international s'est fait attendre pour ces personnes, qui étaient retournées chez elles pour retrouver la pauvreté et le chômage qu'elles espéraient quitter.

« Dans les provinces, nous avons pu en faire plus au niveau de l'environnement et de la réduction des risques », explique-t-elle, ajoutant que les travaux complexes de redressement et de reconstruction exigent « de faire plusieurs choses en même temps », de l'aide humanitaire et du redressement d'urgence au développement à long terme.

« Un tournant décisif »

Avec le nouveau gouvernement actuellement en place, Haïti, dont les 10 millions d'habitants vivaient dans une pauvreté chronique avant le tremblement de terre, se retrouve à « un tournant décisif » de son histoire.

« Dans un contexte de tensions et de divisions politiques permanentes, l'amélioration du fonctionnement des institutions de gouvernance démocratique est une condition préalable à la stabilité, rappelle Mme Grynspan, et elle doit s'accompagner d'un véritable dialogue de fond démocratique. »

Les bailleurs de fonds internationaux ont promis un appui de 4,6 milliards de dollars EU au Plan d'action de l’État haïtien pour le redressement et le développement, ainsi qu’une remise de dette de 1 milliard de dollars EU, dont 88 % ont été décaissés ou affectés à des programmes spécifiques.

Le PNUD a aidé à créer plus de 400 000 emplois temporaires depuis le tremblement de terre, en organisant le travail des personnes participant à l’enlèvement des décombres, au recueil des détritus, et au renforcement de la réduction des risques liés aux catastrophes naturelles. Quelque 40 % de ces emplois ont été attribués à des femmes.

Selon Mme Grynspan, plus de la moitié des décombres du tremblement de terre ont été enlevés, soit environ 5 millions de mètres cubes. À Aceh, en Indonésie, il a fallu cinq ans et demi pour enlever 1,3 millions de mètres cubes de décombres et détritus après le tsunami de 2004.