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Haïti-Coopération : Le Brésil ouvert à recevoir des familles haïtiennes, mais gare aux passeurs

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P-au-P, 2 fév. 2012 [AlterPresse] --- « (…) Nous sommes prêts à recevoir les citoyens haïtiens qui choisiraient de chercher de nouvelles opportunités au Brésil (…) », déclare à la presse la présidente brésilienne Dilma Roussef lors d’une brève visite le 1 er février à Port-au-Prince.

Le Brésil, qui se veut sensible aux difficultés sociales, économiques et humanitaires haïtiennes a crée une catégorie de visas permanents exclusivement pour les Haïtiens.

Ce pays pourra « recevoir dans cette catégorie de visas jusqu’à 1 200 familles haïtiennes par an (…) sur un délai de 5 ans », précise la cheffe d’État.

Cette disposition est annoncée alors que 284 migrants (es) haïtiens(nes) ont été bloqués cette semaine sur la frontalière brésilienne avec le Pérou.

Cette situation résulterait de l’œuvre de passeurs, membres de réseaux « de criminels et de magouilleurs » qu’il faut combattre, selon la présidente Roussef.

« Nous allons garantir l’accès à notre pays dans des conditions de sécurité et de dignité aux Haïtiens qui choisissent d’y vivre et d’y travailler et en même temps combattre le trafic et la traite de personnes en maintenant une étroite collaboration avec les pays voisins », précise Roussef.

Cette nouvelle catégorie de visa ne va pas limiter les actions d’aide du Brésil envers Haïti, assure Dilma Roussef, qui se dit certaine que les relations haïtiano-brésiliennes sont guidées par « un esprit de souveraineté, de coopération, de développement, d’amitié fraternelle, d’ouverture au dialogue et de respect mutuel ».

Elle affirme que « le Brésil veut contribuer au développement durable et à long terme d’Haïti ».

Dilma Roussef réitère l’engagement ferme du Brésil dans le processus de reconstruction haïtien, tant du point de vue institutionnel que de celui de l’infrastructure.

Le Brésil s’engage dans la construction d’une usine électrique (baptisée projet 4C) dans l’Artibonite (Nord). Celle-ci devra fournir de l’électricité à un million d’Haïtiens. La contribution brésilienne est de 40 millions de dollars sur 170 millions, la Banque interaméricaine de développement (Bid) y participe avec une aide de 30 millions de dollars. Cent dix (110) millions manquent encore.

Sur le plan de l’agriculture, le Brésil investit dans la recherche et l’appui technique pour la production de maïs, de riz, de haricots, de maniocs ainsi que dans le programme de « lait à gogo », qui fournit du lait aux écoles. Il fournit une assistance également au programme « Aba grangou » (Non à la faim !), lancé récemment par le gouvernement haïtien et dirigé par l’épouse du président, Sophia Saint-Rémy Martelly.

Dans le secteur de la santé, le Brésil veut participer à la restructuration du système sanitaire public haïtien. Trois hôpitaux et un institut de réhabilitation devant accueillir les personnes souffrant de handicaps (non spécifiés) devront être inaugurés cette année. Une formation sera aussi donnée à 2 000 nouveaux professionnels de la santé.

La nouvelle puissance sud-américaine compte assister la République caribéenne d’Haïti dans d’autres domaines, comme l’éducation, le sport, la justice, la sécurité et le développement urbain.

Répondant à la volonté du gouvernement haïtien, la présidente Dilma Roussef « garantit la présence (prochaine) en Haïti d’investisseurs brésiliens … ».

Tout devra commencer par l’organisation d’un forum de chefs d’entreprises brésiliens qui viendraient investir en terre haïtienne.