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Haïti : Bel-Air - les dividendes de la paix

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Bourses d'études ou de formation professionnelle, ainsi qu'une fête trimestrielle, c'est la récompense au maintien de la paix retrouvée au Bel-Air. Ces actions sont entreprises par l'ONG Viva Rio, en partenariat avec la Commission nationale de désarmement, démantèlement et réintégration (CNDDR). Elles visent, à l'instar des activités humanitaires des casques bleus brésiliens, à consolider cette paix obtenue suite aux interventions des forces de l'ordre contre les gangs armés.

Au Bel-Air, considéré naguère comme une zone de non droit, la paix est revenue. La vie a repris son cours normal. Ce retour à la paix s'accompagne aussi du retour des activités humanitaires. « Notre objectif est de montrer que la paix est bénéfique à tout le monde, que personne ne gagne quand il y a violence », a déclaré Ruben Fernandez, de l'ONG Viva Rio.

Trois enfants par quartier obtiendront chaque mois des bourses d'études. Chaque enfant recevra 130 dollars américains. L'octroi des bourses est subordonné au non usage de la violence dans le quartier pendant le mois. Dans les dix quartiers composant ce vaste bidonville du centre de Port-au-prince, les noms des bénéficiaires seront tirés au sort. D'où l'appellation « Tambour de la paix » donné à ce projet. Les premières bourses seront accordées aux gagnants, le 27 mai, à l'occasion de la fête des mères. Deux autres projets portant sur l'eau et les conditions de la femme sont également en cours.

En outre, tous les deux mois, seront aussi octroyés 11 bourses de formation à 10 bandes de Rara (groupes musicaux des quartiers). Il s'agit d'une récompense accordée à chaque quartier qui, pendant cette période, n'a pas été touché par la violence. Des activités récréatives trimestrielles sont également prévues.

Pour permettre l'exécution des projets, un accord de paix est signé entre des agents de liaison de la CNDDR et les représentants des quartiers de Bel-air regroupés au sein d'un comité de gestion de conflit. « Je prends l'engagement, au nom de la communauté de Solino, de signer ce pacte de la paix. Cela traduit de manière non équivoque notre volonté d'aboutir à la cessation de la violence, sous toutes ses formes, afin que la paix et le développement s'installent dans les différents quartiers au Bel-air », a déclaré Josnel Civil, leader du quartier de Solino.

« Nous avons ici quelque chose d'exceptionnel. C'est un partenariat entre l'Etat haïtien, la société civile haïtienne et la société civile brésilienne. C'est un projet construit à partir d'une une expérience proche de la réalité haïtienne », a fait remarquer l'ambassadeur du Brésil en Haïti, Paulo Cordeiro de Andrade Pinto. Le président de la CNDDR, Alix Fils-Aimé, a pour sa part déclaré : « c'est un projet très important qui s'inscrit dans le cadre de la campagne de réduction de la violence engagée dans le pays et dont l'objectif est d'aboutir à la stabilité et au développent économique ».

Par ailleurs, Bel-air a également bénéficié de nombreuses activités entreprises par les casques bleus brésiliens, telles des consultations médicales, des distributions de l'aide alimentaire, des travaux d'assainissement et la création de « l'école de la paix », qui dispense de la formation professionnelle.