Haiti

Haïti : Alerte à l'insécurité alimentaire 6 novembre 2008 - Après intempéries, l'assistance humanitaire reste insuffisante

Source
Posted
Originally published
Origin
View original


L'insécurité alimentaire liée à l'extrême vulnérabilité du pays persiste et l'assistance humanitaire reste insuffisante. Seulement 48 pour cent de l'appel d'urgence (105.7 million de dollars US) lancé par le Gouvernement et les agences des Nations Unies, après les désastres d'août et septembre 2008, a été financé. Aujourd'hui encore, des zones sont toujours isolées. De ce fait, deux mois après les ouragans, seize enfants et deux adultes sont morts de malnutrition sévère aggravée par des problèmes de santé à Baie d'Orange, localité de Belle Anse, dans le Sud' Est. L'assistance reste donc nécessaire à court, moyen, et long terme.

Contrairement à ce que laissaient présager les dernières intempéries, le prix de certaines denrées alimentaires de base a baissé sur certains marchés régionaux. Par exemple, la marmite de six livres de riz importé Lucky, qui se vendait à Jacmel à 202.5 gourdes (août), est passée à 216 gourdes (septembre) et à 180 gourdes (octobre). De même, le haricot noir, à Port-au-Prince, est passé de 153.75 gourdes (août), à 172 gourdes (septembre), et finalement à 150 gourdes en octobre (Figure 1). Toutefois, même avec cette disponibilité d'aliments de base et à la tendance de baisse de prix des céréales et du pétrole sur le marché international, l'accès aux aliments reste préoccupant. Les pertes totales, enregistrées après les désastres, pèsent lourdement sur les revenus et moyens d'existence des ménages.

De plus, à Dame Marie, dans la Grande Anse, il a suffi d'une seule journée de pluies pour causer la destruction d'une vingtaine de maisons et le décès de sept personnes. Cette situation reflète l'extrême vulnérabilité du pays face aux désastres naturels qui, deux mois après les intempéries, restent menaçants. Par ailleurs, les pertes de terre le long des rivières, et l'accélération de l'érosion des sols dans les mornes, ont affecté négativement le potentiel de production agricole. Elles ont réduit la fertilité des sols restants, diminué les superficies cultivables, et perturbé et fragilisé les écosystèmes avec possibilité de réduction de la biodiversité.

S'il est reconnu une certaine amélioration dans la coordination des interventions sectorielles, il est à noter non seulement une faiblesse dans le ciblage (par manque d'information et en raison de la difficulté d'accès) des zones, mais aussi une insuffisance de ressources par rapport aux besoins identifiés.

Le cas de Baie d'Orange où seize enfants et deux adultes sont morts de malnutrition sévère (essentiellement liée au manque d'accès à l'alimentation, à l'eau potable et aux soins de santé, etc.) traduit ce qui pourrait arriver dans d'autres régions isolées de l'assistance humanitaire.

Il est recommandé:

(1) A court terme et à moyen terme, un meilleur effort de ciblage pour une assistance alimentaire soutenue; la réparation des routes (facilitant l'accès aux zones isolées) et des systèmes d'irrigation à travers des programmes de haute intensité de main‐d'oeuvre; l'octroi du microcrédit; et, la relance de la production agricole et l'appui au sous‐secteur de l'élevage;

(2) A long terme, l'aménagement et la gestion intégrée du milieu ambiant et des bassins versants (pépinière agro forestière, reprofilage des lits des rivières, etc.); la réparation des infrastructures d'irrigation; et, le réaménagement du territoire permettant la relocalisation des habitations situées dans les zones à risques et sujettes aux désastres.

En termes de perspectives, une évaluation des impacts des récentes intempéries et un plan de réponse dans le cadre du « Post-Disaster Needs Assessment (PDNA) » sont en cours, menée conjointement par le Gouvernement et ses partenaires. Le rapport, qui devrait être publié à la mi‐novembre, renseignera davantage sur les besoins de réponses multisectorielles à court, moyen, et long-terme.


Figure 1. 2008 prix nominaux de détail à Portau- Prince, Cayes, Jérémie, et Jacmel au 4 novembre (en gourdes par marmite de 6 lbs.)

Source: CNSA/FEWS NET Haiti


FEWS NET est un projet financé par l'USAID. Les opinions exprimées dans cette alerte ne reflètent pas nécessairement les vues de l'USAID ou du Gouvernement Américain.

Pour plus d'informations, contactez jpdimanche@cnsahaiti.org ou enobera@fews.net ou visitez les sites www.cnsahaiti.org ou www.fews.net.