Haiti

Haïti : Activités de vivres contre travail pour minimiser les risques d'inondation à Gonaïves

Source
Posted
Originally published
Origin
View original
Le projet de « vivres contre travail » minimise l'impact des catastrophes naturelles et constitue également une activité génératrice de revenus pour ses participants. Les travailleurs reçoivent aussi des rations alimentaires du PAM.

Joseph Perniant participe à un projet conjoint mis en place par le Bureau International du Travail (BIT), le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies (PAM). Il s'agit d'un projet de « vivres contre travail » qui, par des travaux à forte teneur en main d'œuvre, revalorise les périmètres cultivables, contribue à minimiser l'impact des catastrophes naturelles. Le projet constitue également une activité génératrice de revenus pour ses participants et offre une ration alimentaire du PAM pour permettre aux familles des travailleurs de se nourrir.

Le projet compte 15 124 participants directs dans les communes de Gonaïves et d'Ennery. Ces personnes reçoivent une ration familiale du PAM ce qui étend les bénéfices du projet à 75 620 personnes au total. En échange de leur participation au réaménagement du bassin versant de la vallée de Gonaïves, les participants sont rémunérés 360 Gourdes par jour. Avec ces revenus, la scolarisation des enfants et les soins de santé, tous deux payants en Haïti, peuvent redevenir une réalité pour leur famille.

La dernière saison cyclonique a été d'une violence rare : quatre ouragans se sont abattus sur le pays en moins de trois semaines. Deux d'entre eux ont directement frappé Gonaïves où les inondations et les coulées de boue ont tué plusieurs centaines de personnes et causé des dégâts matériels sans pair. Les tempêtes ont éclaté immédiatement après les récoltes, emportant réserves et biens.

Le projet auquel participe Joseph à Passerelle pour aménager les bassins versants de la rivière Quinte contribue, par un système de terrassement, à fixer la terre et amortir le ruissellement d'eau. Lors de fortes pluies, ce dispositif pourra diminuer les coulées de boue dans Gonaïves, deux kilomètres plus bas dans la vallée. En retenant l'eau, les terrasses augmentent l'humidité des sols et conservent ses nutriments.

Les rangées creusées par les participants sont ensuite plantées de céréales et de légumineuses ce qui leur fournit une source additionnelle de nourriture.

Pour l'instant, ce projet concerne seulement 1,5 pour cent des 750 km du bassin de la Quinte, ce qui sera insuffisant à l'approche de la prochaine saison cyclonique. Alex Ceus, responsable du partenariat BIT-PNUD-PAM souhaiterait étendre le projet à 10-15 pour cent du bassin d'ici deux ans. Au-delà des interventions d'urgence, les fonds manquent cruellement pour les projets de développement à long terme; celui-ci ne fait pas exception. Dans un pays en proie à des catastrophes récurrentes comme Haïti, le bon déroulement et l'extension des projets de développement est essentiel pour renforcer la capacité de résistance aux chocs et pour briser le cycle vicieux de l'urgence.