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Haïti : 2 millions USD pour réhabiliter 30 écoles dans l'Artibonite

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Depuis le mois d'avril 2009, 40 projets de réhabilitation et de construction de 30 écoles de quatre communes (Gonaïves, Ennery, L'Estère et Gros Morne) ont démarré dans le département de l'Artibonite. Cette action, initiée par le Gouvernement haïtien, financée par l'Agence américaine de développement international (USAID), est exécutée principalement par l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM).

Les établissements scolaires ont été les grandes victimes des ouragans Hanna et Ike qui ont frappé la commune des Gonaïves et ses environs en septembre 2008. La plupart des écoles publiques et privées ont été détruites. Celles qui ont résisté aux ouragans ont servi d'abris provisoires pour plusieurs milliers de sinistrés.

Dans le cadre des efforts post-désastre, le Gouvernement haïtien, à travers le Ministère de l'Education nationale et de la Formation de base, a initié un programme de réhabilitation /reconstruction des établissements affectés. La mise en œuvre du programme, à l'échelle nationale, est assurée par le Gouvernement haïtien, l'ONG internationale CHF et l'Organisation internationale pour les Migrations (OIM).

Dans l'Artibonite, le projet est financé par l'Agence américaine de développement international (USAID), à hauteur de 2.000.000 USD « Pour nous, l'objectif est d'appuyer le Gouvernement à améliorer les conditions d'études, et de permettre aux responsables de familles sinistrées de disposer d'un peu de ressources pour faire face aux charges liées à la rentrée scolaire », souligne Bakary Doumbia, le responsable de l'OIM aux Gonaïves.

Celui-ci relève également que les autorités locales jouent un rôle important dans la mise en œuvre des projets. En effet, ce sont les Conseils d'Administration de Section Communales (CASEC) qui sont les premiers superviseurs des travaux.

Les travailleurs sont pour la plupart des habitants des localités concernées par les projets. Un accent est mis sur l'emploi des femmes, qui représentent environ 25 % des 50.000 emplois-jour que va nécessiter le projet jusqu'à son terme.

Entre réhabilitation et difficultés

Parmi les établissements concernés figure l'Ecole Nationale Bardon-Marchand, dans la 4e section communale des Gonaïves. L'institution accueille quelque 300 élèves, de la préscolaire à la 6e année.

Sur le site, quelques semaines après la rentrée officielle des classes, le 7 septembre, les travaux vont bon train. Une vingtaine d'hommes rivalisent d'ardeur dans le mélange du sable et du ciment, qui vont servir à la confection des parquets ou à la construction de nouvelles salles de classe. Parallèlement, sont à l'œuvre des charpentiers et autres menuisiers. Tous tentent de donner un nouveau visage à l'unique école de la localité.

« Ici, nous allons procéder à la réparation des quatre anciens bâtiments : changer les toitures, refaire les parquets et la peinture, réparer les murs endommagés et remplacer les portes et fenêtres endommagées. Nous allons également construire quatre nouvelles salles de classe, ainsi que la clôture », explique M. Doumbia.

Jean Baptiste Moncleste, le directeur de l'établissement, se félicite de la réalisation de ces travaux. Créée en 1979, c'est en effet la première fois que son école est réhabilitée. « Les conditions d'études étaient devenues très difficiles. En temps de pluie, nous recevions de l'eau dans les classes et dans la cour. Avec la construction de la clôture, nous allons avoir un meilleur contrôle sur nos enfants. Les nouvelles classes vont permettre de porter notre effectif à plus de 500 élèves », déclare-t-il, non sans exprimer toute sa gratitude à l'OIM et à l'Agence américaine de développement international (USAID), pour ce précieux soutien, après les cyclones.

A l'Ecole nationale de Dubedou, la situation est désespérée. Aucune salle de classe n'a résisté à la furie des eaux. « Nous avons été obligés de rechercher avec les autorités locales un nouveau site pour reconstruire l'école. L'ancien se trouve aujourd'hui dans le lit de la rivière, il n'est pas recommandé de construire sur ce site», souligne encore le responsable régional de l'OIM.

Après maintes tractations, un nouveau site a été trouvé à environ un kilomètre. Il pourra accueillir 11 salles de classe dans deux bâtiments, ainsi que des toilettes et la clôture. Les travaux vont durer environ trois mois. En attendant, la plupart des enfants prennent des cours sous les arbres et les décombres de l'école détruite. Les plus chanceux ont trouvé une place dans d'autres écoles, beaucoup plus éloignées.

A l'Ecole nationale Lucien Pardo de la Hatte Rocher, le décor est tout autre. Les bâtiments fraîchement réhabilités donnent à l'espace fière allure. La cour intérieure est propre, la toiture des salles de classe rutilante, les portes et fenêtres sentent le neuf. Les nouvelles toilettes n'ont pas encore été mises à rude épreuve.

Comme dans la plupart des écoles du département, la rentrée scolaire souffre de divers maux. Et parmi eux, la fronde de certains des enseignants et la situation économique de précarité des parents d'élèves. « Le non paiement des enseignants et la cherté de la vie sont à la base de cette situation », comme le souligne un enseignant.

« Je suis venue voir avec le directeur s'il est possible d'accepter que mes enfants commencent les classes. Je m'acquitterai des différents frais progressivement. Nous avons tout perdu et avons dormi pendant des mois à la belle étoile. Je n'ai rien pour le moment. Mais, j'ai foi en Dieu », confie S. Magdalie, mère de trois enfants dont deux fréquentent l'Ecole nationale Fucien de Nerville de Jubilé.

Dans cet établissement, justement, un réservoir d'eau a été construit, ainsi que l'aire de basketball. Portes et fenêtres ont également été changés, la peinture et le parquet des salles de classe refaits. Selon le responsable régional de l'OIM, une vingtaine de projets sont déjà achevés. Et la dernière partie prendra fin en octobre.

L'accès très difficile à certains sites et les questions foncières ont quelquefois retardé l'exécution de certains travaux. En dépit de ces obstacles, ces projets pourraient bien être bouclés dans les délais, assure-t-on à l'OIM.

Rédaction : Vicky Delore Ndjeuga
Edition : Uwolowulakana Ikavi