Haiti

En Haïti, après le séisme, on reconstruit la vie en accueillant les nouveau-nés

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Désir Murielle a donné naissance à son fils, Yves, dans une tente sur le terrain de l'Hôpital de Référence Communautaire de l'Asile, qui a été endommagé lors du séisme de magnitude 7,2 du 14 août. © UNFPA Haïti/Samuel P. Laméry

L’ASILE, département de Nippes, Haïti – Sur l’emplacement de ce qui était auparavant l’Hôpital de Référence Communautaire de L’Asile, dans le sud-est de l’île, Désir Murielle se repose avec son nouveau-né dans une tente, à quelques pas des débris de métal tordu et fissuré qui étaient autrefois la maternité de l’hôpital. « Il est né ce matin, et il s’appelle Yves », explique Mme Murielle.

Le petit Yves aurait dû naître dans cette maternité aujourd’hui en ruines, s’il n’y avait pas eu ce séisme de magnitude 7,2 le 14 août dernier, qui a fait plus de 2 200 mort·e·s et 12 000 blessé·e·s, et détruit des infrastructures essentielles : hôpitaux, routes, ponts…

« Il y avait deux femmes dans l’aile post-partum de la maternité lorsque le bâtiment s’est effondré », raconte Eludernme Déenius, infirmière et sage-femme principale. « On voit encore les lits écrasés sous le béton. Heureusement, elles ont senti la secousse et se sont échappées. »

Aider les hôpitaux

L’Hôpital de Référence Communautaire de L’Asile est l’un des 18 établissements de santé détruits ou endommagés qui reçoivent de l’aide de l’UNFPA, pour continuer à proposer des services de santé procréative dans la région la plus touchée par la catastrophe. Le mois prochain, avec le soutien du ministère de la Santé, l’UNFPA va déployer une unité mobile complète de soins obstétriques et infantiles (EmONC) pour prendre en charge les accouchements et les complications obstétriques.

Au cours des deux premiers mois qui ont suivi le tremblement de terre, l’UNFPA a assisté plus de 1 540 naissances dans des centres de santé ou des hôpitaux. L’UNFPA estime que plus de 72 000 femmes enceintes sont affectées, et que sur les 15 000 femmes qui accoucheront ces trois prochains mois, 2 250 connaîtront des complications nécéssitant des interventions, comme par exemple des césariennes. Sur les 30 sages-femmes déployées par l’UNFPA, 60 % se trouvent dans des départements affectés par le séisme.

Le matin de la naissance d’Yves et de celle d’une petite fille, une troisième naissance a eu lieu pendant la visite de la vice-présidente de l’UNFPA, Diene Keita. « C’était très émouvant de voir cet enfant naître sur le site de cet hôpital complètement rasé par le tremblement de terre », explique Mme Keita, en précisant que ce sont les efforts conjoints de plusieurs agences des Nations Unies (UNICEF, Bureau de la coordination des affaires humanitaires et le service aérien du Programme alimentaire mondial) qui ont contribué « au miracle de la naissance de ce bébé ».

Reconstruire et relancer

Alors que la réponse humanitaire au séisme se poursuit, les regards se tournent vers la reconstruction à long terme ; pas seulement celle de l’hôpital, mais celle d’autres infrastructures et foyers détruits ou endommagés. Les communautés doivent trouver une façon de se remettre de cette crise.

En décembre, le gouvernement haïtien tiendra une conférence internationale pour réunir une partie des 2 milliards de dollars qui seront nécessaires pour l’effort de reconstruction et de relance.

La lutte contre la violence basée sur le genre fait partie de cet effort. « Les femmes et les filles sont plus vulnérables après un séisme, car elles ne vivent plus chez elles mais avec des inconnu·e·s, sans accès à des sanitaires », explique Taina Camy, qui travaille sur les questions de violence basée sur le genre à l’UNFPA. « Plus de deux mois après le tremblement de terre, nous sommes en mesure de proposer de plus en plus de services aux femmes et aux filles qui en ont besoin, notamment au niveau local. »

Dans la maternité de fortune de L’Asile, sous la tente, Mme Murielle et les autres mères accueillent une autre naissance. Un jour, dans un futur qui n’est pas si lointain, l’hôpital lui-même reprendra vie.