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Eliminer la faim en Haïti « Aba Grangou », objectif 2025

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Parce que la malnutrition sévit dans le pays et qu’aujourd’hui seuls 59% de la population haïtienne sont en mesure de s’offrir que 2 repas par jour, la Présidence a lancé, le mardi 24 janvier 2012, une stratégie nationale de lutte contre la faim et la malnutrition, un programme intitulé « Aba Grangou » (En finir avec la faim), dont l’Ambassadrice est la Première Dame de la République, Sophia Martelly. Le lancement du programme a eu lieu en présence des plus hautes autorités du pays, de représentants du corps diplomatique et de plusieurs partenaires internationaux du Gouvernement d’Haïti, dont les Nations Unies.

Selon les chiffres fournis par ce « vaste programme gouvernemental », actuellement 59% de la population – soit 6 millions de personnes- se contentent de deux repas par jour. 11% -1,14 million de personnes- « souffrent directement de la faim et n’arrivent guère à assurer un seul repas par jour en moyenne ». Depuis une dizaine d’années, la malnutrition touche 30% des enfants de moins de 5 ans et 50% des femmes enceintes alors que 70% des enfants haïtiens sont anémiques et le même pourcentage souffre de carence en iode ».

Les familles les plus affectées se trouvent dans les zones rurales et urbaines des départements du Nord-Ouest, de l’Artibonite, du Centre, Nord-Est et de l’Ouest. Dans certains de ces départements, la production agricole a été réduite, notamment en raison d’une sécheresse survenue entre mars et juin 2011 (la saison des pluies débute généralement en avril).

Par ailleurs, les familles vulnérables du Nord-Ouest et de la zone métropolitaine de Port-au-Prince -y compris celles vivant dans les quartiers défavorisés et les camps de déplacés- sont affectées par la hausse constante, depuis 23 ans, des prix des denrées alimentaires et par la faiblesse du pouvoir d’achat. De plus, Haïti importe près de la moitié de ses biens de consommation alimentaire et 80% du riz consommé dans le pays. Le coût de la faim et de la malnutrition est énorme et représente 14% du Produit Intérieur Brut (PIB).

A travers le programme « Aba Grangou », le Gouvernement entend «briser le cercle vicieux de la diminution de la consommation alimentaire, œuvrer pour la disponibilité de la nourriture et veiller à l’utilisation adéquate des aliments». A terme, il s’agit de réduire de 50% la faim d’ici à 2016 et l’éradiquer totalement à l’horizon 2025. Pour y arriver, le Gouvernement coordonnera et mettra en œuvre les financements internationaux ciblant les questions de la faim et de la malnutrition.

Une dizaine de Ministères sont impliqués dans ce Programme, au nombre desquels, le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), le Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST), le Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), et le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR).

La communauté internationale est également partie prenante. En effet, après la phase d’urgence post-séisme d’assistance à 1,5 million de déplacés internes et d’approvisionnement en vivres à quelque 4,4 millions de personnes, ses actions de concert avec les autorités et les autres partenaires- prévoient désormais les solutions à long terme, ce qui cadre parfaitement avec les objectifs d’ « Aba Grangou ».

Assister les plus vulnérables d’abord

Le Programme prévoit trois grands axes d’action : l’amélioration de l’accès à la nourriture, l’augmentation de la production agricole et l’augmentation des services et infrastructures de base. On y retrouve notamment le programme de cantines scolaires du Programme Alimentaire Mondial (PAM), en soutien au Programme National de Cantines Scolaires d’Haïti, qui vise à fournir quotidiennement des repas nutritifs à 1,1 million d’enfants dans plus de 3.000 écoles à travers le pays. Pour ce faire, le PAM établit des liens directs entre les producteurs locaux (de lait, de riz et de maïs) et les écoles.

Quant à l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), elle met en œuvre des projets de production de semences et d’agriculture urbaine, qui ont bénéficié à 390.000 ménages (environ 1,9 million de personnes) en 2010-2011. Par ailleurs, depuis la flambées des prix observée en 2008, la FAO travaille à la création des « conditions favorables à une croissance et une diversification durable de la production agricole et réduisant la vulnérabilité aux risques et désastres ».

Les autorités prévoient une nouvelle augmentation des prix des denrées alimentaires et comptent mettre en œuvre les 21 projets d’« Aba Grangou » avant la prochaine période de soudure (mars-juin 2012), afin de réduire la faim dans les zones rurales.

Le lancement d’« Aba Grangou » a été l’occasion de mettre en place une Commission Nationale de Lutte contre la Faim et la Malnutrition, laquelle est présidée par Mme Martelly. Un réseau d’Agents de Développement Polyvalents a aussi vu le jour. Son rôle consiste à identifier et recenser, même dans les coins les plus reculés du pays, les plus vulnérables, lesquelles recevront une aide alimentaire et financière.

Rédaction : Habibatou Gologo Edition : Uwolowulakana Ikavi