Du bambou haïtien pour l’éducation et l’environnement

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from UN Stabilization Mission in Haiti
Published on 01 Mar 2013 View Original

Dans le département de l’Artibonite, le ministère de l’éducation nationale distribue actuellement près de 800 bancs d’école en bambou. Une initiative en faveur de l’éducation qui contribue aussi à la protection de l’environnement et à la création d’emplois locaux.

« Grâce aux nouveaux bancs, le nombre de places assises a augmenté de 60, soit 300 enfants assis », se réjouit Yves Garcia Pierre. Le directeur de l’Ecole nationale de Poteaux, dans la quatrième section communale des Gonaïves, vient de recevoir de la MINUSTAH des bancs pour son établissement. Unique école nationale de la localité, l’école fonctionnait en deux temps faute de place – et de mobilier – pour tous les élèves.

Pour sa part, le responsable adjoint de la Direction départementale du ministère de l’éducation nationale voit dans cette initiative « une opportunité d’encourager la production locale ». « Nous apprécions cet appui », dit Daniel Cayard. « Il permet d’améliorer les conditions d’apprentissage de nos écoliers tout en dotant nos écoles de bancs solides faits par des artisans haïtiens » se félicite-t-il.

La fabrication des meubles a débuté en janvier au centre Jean Dominique de la commune de Marmelade. Dans cet atelier d’ébénisterie, les ouvriers s’activent dans un brouhaha de polissage et des coups répétés de marteaux. Des pièces sont éparpillées sur la cour, pour sécher à l’air libre avant d’être assemblées. « Les bancs sont faits en bois et en bambou. La partie supérieure, qui sert de pupitre, est le produit des ébénistes. Des techniciens en bambou se chargent du squelette. C’est un vrai travail d’équipe », explique Kénel Henry, directeur de l’atelier.

« La culture du bambou est bénéfique à l’environnement »

Tout commence par la sélection des plantes dans les jardins. « Nous les choisissons en fonction du diamètre et de la maturité. Elles sont ensuite coupées et les nœuds sont perforés pour faciliter le traitement, essentiel à la durabilité de l’ouvrage » précise-t-il. Le processus de traitement dure six semaines. Il peut être encore plus long en saison pluvieuse, pour protéger le bambou de l’humidité.

Malgré ces inconvénients, le choix du bambou reste, pour le directeur, la meilleure option en matière d’ameublement et de décoration. Il est solide et protège le sol. Le Centre, où différentes espèces y poussent, en est d’ailleurs bien pourvu, mais les principaux fournisseurs demeurent les planteurs de la région. « La culture du bambou est bénéfique à l’environnement. Elle permet de protéger le bassin versant de Marmelade et de prévenir l’érosion. Elle constitue, aussi, une source de revenus pour les paysans », souligne encore M. Henry.

Quelques 24 artisans de la zone travaillent à la fabrication des bancs, en plus des 16 salariés de l’atelier. « J’ai commencé à travailler ici en 2008, mais de manière temporaire. Je suis revenu au mois de janvier pour renforcer l’équipe », se réjouit Jeanine Pierre, dont la tâche consiste à enlever l’écorce du bambou.

Les 775 bancs seront répartis à parts égales entre les régions du Nord et de l’Artibonite, pour profiter à près de 1.000 enfants. Cependant, même si seule une dizaine d’écoles des 312 établissements que compte ce dernier département bénéficie de la distribution, « c’est déjà un premier pas », reconnait M. Cayard qui promet de poursuivre ce projet avec d’autres partenaires.

D’un montant de près de 100.000 dollars américains, ce projet de dotation a été financé par le Programme des projets à effet rapide (QIPs) de la MINUSTAH.

Taïna Noster