Déplacés du séisme de 2010 : Distribution de moustiquaires et sensibilisation aux maladies vectorielles

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from International Organization for Migration
Published on 25 Aug 2017 View Original

En ce moment, Haiti connait une nouvelle saison cyclonique, les dernières fortes précipitations ont inondés les canaux d’évacuation d’eau et une partie du terrain, laissant, dans le camp Tabarre ISA, des eaux stagnantes qui mélangées aux déchets offrent un environnement idéal à la prolifération de moustiques et aux maladies vectorielles que celles-ci véhiculent. C’est en faisant le suivi régulier de la situation humanitaire des camps, que les équipes CMO de l’OIM ont identifié les risques encourus par ces populations déplacées. Aujourd’hui les équipes Santé, Protection, Retour et CMO de l’OIM distribuent des moustiquaires à une vingtaine de familles. Elles ont reçu des informations sur leur utilisation et sur la manière de se protéger efficacement des moustiques et des maladies qu’ils peuvent transmettre.

« Il faut la suspendre comme cela et bien la mettre tout autour et en dessous du matelas » Christine Vieux, agent de la section WASH/Retour de l’OIM, s’adresse au groupe de femmes qu’elle sensibilise « Et Ensuite ?» lance-t-elle

« Il faut passer par en dessous d’un seul côté pour se mettre dans le lit et bien refermer la moustiquaire pour que les insectes ne rentrent pas», répond Gemilia Colin.

Gemilia a 57 ans, 5 enfants et deux petits-enfants. « J’habite avec deux de mes enfants, mon mari et mes deux petits enfants dans l’une des maisons se trouvant près des terrains inondés lorsque la pluie tombe en grande quantité», explique-t-elle en serrant sous son bras la moustiquaire récemment reçue.

L'équipe de l'OIM et le comite de gestion du camp observe les larves de moustiques qui grouillent dans les canaux d'évacuation d'eau« Nous sommes quelques femmes du bloc de maisons voisines à avoir suivi une formation ce matin. Nous avons appris comment bien placer la moustiquaire pour qu’elle soit efficace. Nous avons aussi appris à nettoyer et gérer les détritus dans le camp, à nettoyer l’eau et les déchets qui tombent dans le canal d’évacuation. Lorsqu’ il pleut très fort, l’eau déborde, elle monte parfois jusqu’ à la porte de notre maison», poursuit-elle en rejoignant sa demeure.

Là, elle rejoint son mari et ses enfants et montre à Fred Standley Vincent, de l’équipe CMO de l’OIM qui visite régulièrement le camp, l’endroit où elle compte installer sa moustiquaire.

« Je visite le camp une fois par semaine depuis maintenant 7 ans. Mon travail consiste principalement à prendre les doléances, répondre au cas par cas. Les dossiers que nous traitons relèvent principalement de la protection, ce sont des cas de violences basées sur le genre (VBG), de conflits entre personnes déplacées ou entre déplacés avec les comités de gestion du camp. Nous y apportons une réponse opportune selon nos limites car nous faisons le suivi avec les autorités locales sur place. Je connais bien la vie du camp. Il nous arrive de distribuer du matériel comme aujourd’hui.», commence Fred.

Le site de Tabarre ISA est composé de petites chaumières en bois, des abris temporaires dit ’’ T- Shelter’’ qui ne devaient accueillir les déplacés que pour 3 ans seulement. En sept ans, la population a pu construire une certaine vie dans le camp. On trouve ainsi à Tabarre ISA : un barbier, des petits commerces, ainsi que deux écoles maternelles et primaires.

Christine officié WASH/Retour à l’OIM en Haiti, pose des questions aux habitantes sur la bonne utilisation d'une moustiquaireFred confie que « le plus gros challenge rencontré est de calmer les frustrations. L’OIM est le dernier acteur humanitaire qui accompagne ce camp. La population a beaucoup d’attentes, ce qui est normal. Apres sept années de présence, les gens commencent à bâtir des murs..»

« Notre plaidoyer se fait au niveau des gens du camp mais aussi des pouvoirs locaux et des entités gouvernementales comme l’UCLBP-Unité de Construction de Logements et de Bâtiments Publics-. On fait le lien et on crée le dialogue entre tout le monde. Heureusement qu’il y a du dialogue et de la compréhension de la part de tous les acteurs, sinon ce serait très difficile d’échanger et de travailler. Cette population déplacée a toujours de l’espoir. Ces gens nous écoutent depuis 7 ans. Ils ont beaucoup de patience » conclut-il.

Sept ans, c’est long, cela donne le temps a une population de s’établir en communauté, de créer une vie de quartier. Sept ans, c’est l’âge de ce petit garçon que nous croisons sur le camp alors que nous regagnons l’endroit où sont garés les véhicules de l’OIM qui ont terminés la distribution des moustiquaires. Il est difficile de s’imaginer que cet enfant n’a jamais vécu ailleurs que dans un camp, et pourtant c’est le cas. Comme lui, dans le camp de Tabarre ISA, parmi les 2.900 personnes encore déplacées, 315 sont âgées de moins de quatre ans et 723 ont entre 5 et 18 ans.

Sept ans après le tremblement de terre, le nombre d’organisations travaillant dans les camps s’est réduit drastiquement. Dans le cas de Tabarre ISSA par exemple, l’OIM est la seule organisation présente sur le camp. Le suivi régulier des équipes de l’OIM permet de fournir des solutions de dernier recours aux cas les plus urgents en attendant la mise en œuvre de solutions durables pour les populations déplacées conformément à la stratégie du gouvernement.

Gemila discute dans sa maison avec Fred.Au total, 37,867 déplacés par le séisme de 2010 vivent dans 27 sites. Les efforts du gouvernement Haïtien et de la communauté internationale ont permis d’assister et de reloger 97% de la population déplacée par le tremblement de terre. Depuis 2010, 1,528 sites ont fermé et plus de 1.5 million de personnes ont retourné ou ont été relocalisées grâce à l’appui de plusieurs bailleurs de fonds conscients de l’urgence.

Plus de 7 ans après, un dernier effort pourrait permettre de mettre un terme au déplacement grâce à la relocalisation ou à l’intégration des camps restants dans les quartiers d’origines où présentement l’OIM ne compte que le gouvernement canadien comme bailleur impliqué dans les activités de relocalisation dans la région métropolitaine.

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