Communiqué de presse à l’ occasion de la journée de sensibilisation et plaidoyer sur le choléra en Haïti

Report
from CCO Haïti
Published on 06 Apr 2016

Port-au-Prince, 06 Avril 2016_ Haïti : inquiétude sur l’accès à l’eau, l’assainissement, l’hygiène ainsi que les activités de prévention et de réponse rapide: des composantes essentielles pour l’éradication du choléra en Haïti.

Depuis la réintroduction du choléra dans le pays en 2010 jusqu’à la fin du mois de février 2016, près de 772221 cas ont été enregistrés avec environ 9236 décès selon le rapport du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP). Alors que le choléra affiche une tendanceà la baisse en comparaison àla même période de l’année précédente dans la majorité du pays,les décès ont toutefois augmenté avec près de 100 décès enregistrés dans les deux premiers mois de l’année. D’autre part, la réduction de cas constaté n’est pas suffisamment significative (29%) et dans d’autres départements tels le Nord-Ouest et le Nord-Est les chiffres sont à la hausse en 2016.

« La possession du meilleur état de santé qu’il soit capable d’atteindre constitue l’un des droits fondamentaux de tout être humain ». Ce droit à la santé implique entre autre l’accèsà des soins de santé ainsi que des services sanitaires adéquats. Le CCO saisit l’occasion de la journée mondiale de la santé pour alerter le gouvernement, les bailleurs et les organisations de la société civile sur la réduction des capacités de réponse aux flambées de choléra ainsi que les activités de prévention de la maladie qui sont des composantes essentielles pour arriver à l’éradication de la maladie permettant de garantir la santé de la population haïtienne.

Une situation sanitaire à haut risque

Le droit de tout citoyen à l’eau, l’hygiène et l’assainissement est reconnu dans le monde depuis 2010.

Les états sont dans l’obligation d’assurer à leurs populations ce droit fondamental. Haïti vient de célébrer le 22 mars dernier la journée mondiale de l’eau, cependant, près de 36% de la population haïtienne n’ont pas accèsà l’eau potable et dans les milieux ruraux ce taux est encore plus élevé soit près de 52%. La dernière Enquête sur la Mortalité, la Morbidité et l’Utilisation des Services en Haïti a révéléque 30 % de la population consommaient de l’eau en provenance des rivières et des sources non protégées et 36% des ménages doivent marcher de plus de 30 mn pour atteindre un point d’eau(EMMUS V). La couverture nationale en assainissement de base est de seulement 26% et 34% pour les zones rurales et urbaines respectivement. Ce qui signifie que les trois quart de la population (près de 6.5 millions de personnes notamment les enfants) vivent dans des conditions de risque extrême de péril fécal. 23% de la population pratique la défécation à l’air libre dans les zones urbaines et 41% dans les zones rurales (EMMUS V).