Haiti

Aider les femmes et les enfants à se relever du tremblement de terre

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© UNICEF Haiti/2021/Rouzier

En ce 19 août, à l’occasion de la Journée mondiale humanitaire, nous célébrons trois héros qui, dès les premières heures de l’urgence, se sont rendus sur le terrain pour porter secours aux populations affectées.

Jean Panel Fanfan

Le tremblement de terre du 14 août a dévasté le Grand Sud du pays. Le dernier bilan fait état d’au moins 2 189 personnes tuées et plus de 12 200 blessées. Quelque 130 000 maisons ont été endommagées ou détruites. Les humanitaires sont sur le terrain pour apporter de l’aide aux populations touchées par le séisme. En ce 19 aout, à l’occasion de la Journée mondiale humanitaire, nous célébrons trois héros qui, dès les premières heures de l’urgence, se sont rendus sur le terrain pour porter secours aux populations affectées

Joseph Beneche, officier WASH à UNICEF Port-au-Prince

Joseph Beneche déroule le ruban adhésif qui délimite l’emplacement du bladder de 10.000 litres pouvant alimenter 250 familles. L’officier d’eau, assainissement et hygiène de l’UNICEF est déployé sur le terrain dès les premières heures après tremblement de terre qui a frappé Haiti le 14 août dernier. Il n’a pas hésité à se rendre sur le terrain, le plus rapidement possible. Pour lui, c’était une évidence, la question ne se posait même pas. Ingénieur rural de formation, il a une solide expérience dans le domaine de l’eau qu’il a accumulée depuis 2005. Il est dans l’humanitaire depuis 2014 et a rejoint l’UNICEF en 2018.

« Dans ces genres de catastrophes, il est important d’assurer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement aux populations victimes. Car c’est un besoin vital, ce sont des services indispensables qui peuvent sauver des vies. Le contexte était difficile et il faut aller le plus vite que possible pour sauver des vies, surtout avec la saison cyclonique. C’est notre mission première en tant qu’humanitaire c’est d’aider les gens. Ce n’est pas seulement une obligation en tant que personne mais c’est un devoir », explique-t-il.

Pour lui, la plus grande satisfaction est d’aider ses frères et sœurs touchés et cela devient une satisfaction personnelle. Et l’aide doit se dérouler le plus vite possible dans la dignité. Voilà pourquoi il est fier de son travail. « La réponse dans les départements touchés vient juste de débuter, et il y a toujours des contraintes au départ, mais on avance». Il travaille sans relâche pour amener l’eau et les articles d’hygiène aux populations affectées.

Beneche ouvre le robinet de la borne fontaine fraichement installée à Marceline non loin des Cayes. L’eau coule et les femmes et les enfants accourent pour amener le liquide précieux dans leurs familles.

Eveline Dominique Chery, officier en Santé/Nutrition à UNICEF Cayes

« Quand le tremblement de terre a frappé, j’ai fait sortir mes enfants de la maison, et je leur ai demandé de rester dans la cour et de ne pas retourner dans le bâtiment à cause des répliques », a dit Eveline Dominique Chery, chargée de santé et nutrition à UNICEF Cayes. « Je me suis aussi assurer que mes collègues allaient bien et j’ai sensibilisé mes voisins de rester dehors ».

Depuis, Eveline Dominique Chery a été au cœur de l’action. Faisant fi de sa situation personnelle, elle est allée tout de suite au secours des personnes touchées. Cette infirmière de formation et spécialiste en santé communautaire était sur le terrain quelques minutes après le séisme. « Après le séisme de ce samedi, mes premières actions ont été spontanées. Je suis partie au secours des personnes blessées dans le voisinage. En véhicule privé, moi et mon collègue Alexandre de l’UNICEF, nous avons transporté plusieurs blessés graves à l’aéroport, car il y avait un vol immédiat et ces blessés ont profité pour rentrer à Port-au-Prince et nous avons aussi amené d’autres blessés dans les hôpitaux », rappelle-t-elle. Eveline a une longue expérience pour avoir travaillé pendant plus de 10 ans dans le domaine de l’humanitaire.

La ville des Cayes a fait face à une situation catastrophique avec les hôpitaux touchés et d’autres débordés par les blessés. Son premier souci, était la situation des enfants qui se trouvaient à la pédiatrie de l’hôpital afin de s’assurer qu’ils soient en sécurité et qu’ils reçoivent des soins. Très vite, elle a travaillé avec les autorités sanitaires pour identifier les besoins en intrants médicaux les plus urgents. La nuit même, en dépit des contraintes sécuritaires à Port-au-Prince due à la violence des gangs, un camion plein d’intrants médicaux pouvant aider 30.000 personnes en 3 mois, a été convoyé. Il est arrivé aux Cayes, 24 heures après le séisme, ce qui a permis d’assurer la continuité des soins et la prise en charge des blessés.

Ganddey Milorme, est un officier en Urgence à l’UNICEF Port-au-Prince

Ganddey Milorme monte sur le camion pour aider les manutentionnaires à descendre les ballots de couvertures, les bâches, les seaux, le savon, la pâte dentifrice, le papier-toilette, etc. il veut que tout se passe bien mais vite et que les femmes et les enfants affectées par le séisme dans cette zone de Torbeck, reçoivent ces articles pour commencer à se relever. Ganddey était à Carrefour pour répondre à l’urgence liée aux déplacement causée par la violence des gangs à Martissant, quand le tremblement de terre a frappé le samedi 14 août. L’ officier en Urgence a sauté dans un véhicule avec d’autres collègues de l’UNICEF pour se rendre aux Cayes, moins de 24 heures après le séisme.

Pour lui, être humanitaire est comme un sacerdoce. D’ailleurs, Ganddey a rejoint l’UNICEF après le tremblement de terre de 12 janvier 2010, pour répondre à l’urgence et aider les enfants vivant dans les camps de déplacés à aller à l’école. De la section éducation, il est passé à l’urgence. « Mon souci est d’aider les gens, le plus que possible. Je n’ai jamais attendu les ordres pour faire une intervention. Si le besoin est là, je fonce et après je fais le rapport de la situation, car toute les secondes comptent. L’UNICEF m’offre une fenêtre d’opportunité pour contribuer à la réponse humanitaire », explique Ganddey.

48 heures après le séisme, la dépression tropicale Grace a déversé des pluies et vents violents dans le Grand Sud, rendant la chose beaucoup plus difficile pour les populations affectées, qui ont choisi de dormir en dehors des bâtiments craignant les secousses sismiques. « Quand on a la possibilité d’aider, c’est très gratifiant. Les gens vivent dans un état de grande vulnérabilité. J’ai juste posé des actions que j’aurais aimé qu’on fasse pour moi si j’étais dans la même situation, en leur donnant l’assurance qu’ils ne sont pas seuls», a dit Ganddey.