Guinea

Situation des droits de l’homme en Guinée - Rapport du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme (A/HRC/34/43)

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Résumé

Dans le présent rapport, soumis en application de la résolution 31/29 du Conseil des droits de l’homme, le Haut-Commissaire décrit la situation des droits de l’homme en Guinée en 2016 et formule des recommandations visant à remédier aux divers problèmes dans ce domaine. Il y fait également état des activités du Bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme en Guinée et des résultats obtenus grâce à l’assistance technique fournie par ce dernier.

I. Introduction

  1. Dans le présent rapport, soumis en application de la résolution 31/29 du Conseil des droits de l’homme, le Haut-Commissaire examine la situation des droits de l’homme en Guinée durant l’année 2016, passe en revue les activités du Bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme en Guinée et formule des recommandations à l’intention du Gouvernement et de la communauté internationale.

II. Principaux développements politiques et économiques concernant les droits de l’homme

  1. L’année 2016 a connu de nombreux bouleversements d’ordre politique et social. En février, les deux principales centrales syndicales ont lancé une grève générale pour exiger notamment du Gouvernement la baisse des prix des produits pétroliers et l’amélioration des conditions de vie et de travail des fonctionnaires et des travailleurs de certaines entreprises mixtes.

  2. Les négociations ont abouti à une réforme du système de classification au sein de la fonction publique et à la revalorisation de la grille salariale des fonctionnaires.

  3. En mars et avril, les partis politiques réunis au sein de la coalition appelée « opposition républicaine », conduite par l’Union des forces démocratiques de Guinée, ont appelé les citoyens à observer des journées « ville morte » afin de contraindre le Gouvernement à baisser les prix des hydrocarbures.

  4. Ces appels ont paralysé les activités publiques et privées à Conakry et conduit à des affrontements entre les forces de l’ordre et les jeunes de certains quartiers de la banlieue. Quelques blessés et une dizaine d’arrestations ont été enregistrés au cours de ces affrontements.

  5. En avril, les femmes de l’Union des forces démocratiques de Guinée ont tenté d’organiser une marche pacifique pour réclamer la libération des gardes du corps du leader du parti, arrêtés en février dans le cadre de l’enquête sur la mort par arme à feu d’un journaliste de la presse privée devant le siège de leur formation politique. La marche, qui devait se tenir dans la commune de Kaloum, a d’abord été interdite, puis empêchée par les forces de l’ordre, sur réquisition du Gouverneur de la ville de Conakry.

  6. En août, l’opposition républicaine a organisé une marche pacifique pour inviter ses militants et sympathisants ainsi que « tous les citoyens guinéens épris de liberté et de justice à participer à une marche pacifique prévue pour le 16 août, en vue d’exprimer, par leur présence massive sur les voies et places publiques, leur rejet des pratiques actuelles en matière de gouvernance politique, économique et sociale ». Cette marche a été autorisée par les autorités et organisée en coordination avec le gouvernorat de la ville de Conakry et les forces de sécurité.

  7. En dépit de cette coordination entre organisateurs de la marche et autorités politiques et sécuritaires, des affrontements ont opposé manifestants et forces de l’ordre au rond-point de Bambéto, dans la commune de Ratoma. Ces affrontements ont causé, parmi les manifestants, la mort d’un jeune homme et les blessures par arme à feu de trois autres personnes, un homme, une femme et un enfant.

  8. En septembre, le Président de la République a reçu son principal opposant, Mamadou Cellou Dalein Diallo, leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée, dans le cadre des consultations périodiques sur les questions d’intérêt national. Cette rencontre a marqué le début d’une période d’apaisement de la situation politique. Les deux adversaires politiques se sont entendus sur la nécessité de privilégier le dialogue au détriment de la confrontation en vue de sauvegarder la paix et l’unité nationale.

  9. En septembre, un dialogue politique interguinéen entre la mouvance présidentielle et l’opposition a été lancé. Huit points étaient inscrits à l’ordre du jour de ce dialogue : le fichier électoral ; l’organisation des élections communales et communautaires ; la Commission électorale nationale indépendante ; le respect du principe constitutionnel de la neutralité de l’administration publique ; l’identification et la poursuite des auteurs des violences commises durant les manifestations organisées par l’opposition pour les élections législatives de 2013 ; la mise en place de la Haute Cour de justice ; la libération des personnes arrêtées et emprisonnées ; et l’indemnisation des victimes des violences des manifestations relatives aux élections législatives de 2013.

  10. À l’issue de ce dialogue, la mouvance présidentielle et l’opposition se sont entendues sur l’ensemble des points inscrits à l’ordre du jour et ont signé un accord global de sortie de crise en présence des représentants de la communauté internationale, dont l’Organisation des Nations Unies, l’Union européenne, l’Organisation internationale de la Francophonie, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, l’ambassade des États-Unis d’Amérique, l’ambassade de France et la société civile guinéenne, en qualité d’observateurs. La conclusion de cet accord, qui devra être soumis à l’Assemblée nationale pour être adopté, a permis de décrisper la situation politique et de mettre un terme aux manifestations de rue, qui étaient devenues une source de violence et de violations des droits de l’homme.