Guinea

Recrudescence d’Ebola : la réponse du PAM. Retour sur la logistique

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© WFP/Djaounsede Pardon Madjiangar

Avec le retour d’Ebola en mars, le gouvernement Guinéen et ses partenaires ont réenclenché le processus de réponse d’urgence pour enrayer la maladie. Alors que la première réponse à Ebola est médicale, les services logistiques fournis par le PAM, parmi lesquels le stockage et le transport, jouent un rôle crucial en permettant au personnel médical et aux fournitures sanitaires d’atteindre les patients à temps. Le PAM a aussi mis en place des sites d’urgence dans des zones reculées afin que les équipes médicales et humanitaires puissent rejoindre ceux dans le besoin. Outre le support médical, Le PAM apporte de la nourriture à 1100 personnes touchées par la recrudescence d’Ebola et à leur famille.

Koropara, Guinée forestière : Jonas Boolamou se souvient très bien du jour où il a enfin pu se reposer après deux semaines passées à veiller. C’était un jeudi matin. Boolamou est venu voir sa fille de 11 ans, Tonhon Boolamou, hospitalisée dans le Centre de Traitement d’Ebola (ETC) à Nzerekora, la capitale de la région Guinée forestière.

Alors qu’il entre dans la zone sécurisée du centre sanitaire le plus craint dans la région, un membre du personnel médical l’accueille avec un large sourire et la plus belle nouvelle du jour : Tonhon est guérie !

Boolamou n’en revient pas : « c’était comme un rêve. C’était comme si ma fille naissait à nouveau » se souvient Boolamou, « j’étais si heureux, si excité de l’avoir à nouveau près de moi ».

La jeune fille a été touchée par le virus mortel à Koropara, à 80 km au nord de Nzerekora, à la fin du mois de mars 2016. Comme beaucoup de personnes dans son village, Boolamou croyait qu’Ebola ne pouvait pas se soigner. Sa fille a cependant survécu, mettent à mal ce mythe et plusieurs autres.

« J’ai entendu des personnes dire que lorsqu’on entre dans le centre de traitement d’Ebola, ils [les docteurs] vous saignent à blanc. Mais c’est totalement faux ! » Explique-t-elle « j’y étais et ils m’ont très bien traitée ; ils m’ont donné des médicaments et toutes sortes de nourriture à chaque fois que j’en avais besoin. Ils étaient très gentils avec moi. Je crois que chaque personne malade qui viens ici peut être soignée et ressortir saine et sauve comme moi » explique-t-elle.

Nouvelle recrudescence

Depuis la recrudescence en mars, huit nouveaux cas d’Ebola ont été signalés dans la région de Guinée forestière. Le gouvernement et ses partenaires sont actuellement occupés à tenter d’enrayer la propagation de la maladie. Le PAM soutien leurs efforts en fournissant un service logistique et en délivrant une assistance alimentaire vitale afin de répondre aux besoins alimentaires et nutritionnels de base des familles et des communautés touchées par Ebola.

Selon Boolamou, la clé pour survivre à cette maladie mortelle est un diagnostic rapide et des services sanitaires. « A chaque fois que vous ne vous sentez pas bien, précipitez-vous à l’hôpital avec la maladie, n’attendez pas que ce soit la maladie à vous précipiter à l’hôpital » conseille-t-il.

Le temps est en effet crucial, pas seulement pour les patients mais aussi pour le personnel médical qui a besoin de parcourir de longues distance avec des médicaments périssables et des poches de sang. L’épicentre de la maladie se situe à plus de 1000 km de Conakry, la capitale de la Guinée, où la plupart des organisations sont basées. En l’absence de vols commerciaux internes, le voyage dure deux jours.

Grâce au service aérien humanitaire des Nations Unies (UNHAS) géré par le PAM, ce voyage est aujourd’hui réduit à un trajet d’une heure et demie rendant possible le déploiement des équipes médicales à temps, le transport des matériels pour les prises de sang et les vaccins, les médicaments et les fournitures, six jours par semaine.

Pour de le Dr Mamoudou H. Djingarey, représentant de l’Organisation Mondiale de la santé (OMS) en Guinée, l’UNHAS joue un rôle fondamental dans la lutte contre Ebola. Grâce à ses vols réguliers, les équipes de l’OMS ont rapidement déployé leurs efforts pour créer des campagnes de sensibilisation, surveiller les cas suspects de contamination, organiser des funérailles sécurisées et dignes, ainsi que d’autres activités utiles pour contenir la propagation de la maladie.

« Nous souhaitons que le PAM continue à nous aider afin que nous puissions répondre à temps et sauver des vies » dit-il.

Alors que Tonhon, comme des milliers de filles soutenues par le PAM en Guinée, est accueillie avec des chants et des danses, Boolamou dit qu’il est redevable aux personnes et aux organisations qui l’on aidé à la remettre sur pied.