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La situation de la securité alimentaire en Afrique de l'Ouest, Mai 2007

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Situation Report
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1. Guinée Bissau

MISE À JOUR

Les soucis émis lors de la newsletter n°1 se confirment. Les toutes premières transactions des noix de cajou de la nouvelle récolte ont eu lieu sous forme de troc d'un kg de riz contre 2,5kg de noix. Rappelons que le cours normal pour les années passées était de 1 contre 1. Converti en monnaie, cela équivaut à dire qu'un kg de noix de cajou vaut 100 Fcfa en partant de 250 Fcfa comme prix standard d'un kg de riz.

Les observateurs estiment à 150 Fcfa le prix minimum d'un kg de noix en dessous duquel les producteurs auront des problèmes.

Par ailleurs, dans le sud du pays à forte vocation rizicole on remarque une large disponibilité de riz locale à un prix relativement bas. Ce fait pourrait démontrer qu'un certain nombre de paysans bradent leur riz pour besoin urgent de cash ou de biens. Cela était prévisible, à cause de la décapitalisation des ménages déjà décrite. Le risque est que les ventes ne concernent pas seulement le surplus, mais aussi les stocks pour la consommation du ménage.

Le prix officiel de la campagne de cajou a été fixé à 200 Fcfa.

Dans la région de Oio, des cas d'anthrax du bétail, qui ont causés la morte de deux personnes et l'hospitalisation d'autres vingt, auraient été reportés

(Ces informations sont fournies par l'ONG LVIA que nous remercions)

2. Guinée Conakry

CONSEQUENCES DE LA CRISE

Les populations des régions de Basse, Moyenne, Haute et de Guinée Forestière, visitées récemment par une mission FAO, vivaient dans une situation de précarité et de fragilité causée par la dégradation continue des conditions socio économiques du pays et particulièrement de la baisse graduelle de leur pouvoir d'achat. La grève et l'état de siège ont contribué à aggraver davantage cette précarité.

Pendant la grève en janvier et l'état de siège en février 2007, toutes les activités liées à l'agriculture, qui concernent 80% de la population, ont été paralysées, avec des conséquences très négatives, comme le retard ou l'abandon des parcelles et le manque d'intrants agricoles dû à la fermeture des magasins et aux coûts exorbitants de ces intrants. Les paysans pour la plupart ont consommé la quasi-totalité de leurs stocks en vivres et en semences et les conditions de vie des populations se sont détériorées du fait de la dépréciation significative de la monnaie nationale face aux devises étrangères (ce qui greffe lourdement les produits de base importés).

Pendant ce temps, le pouvoir d'achat de la population reste toujours très bas (difficile accès aux aliments). La baisse des prix des produits affecte plus particulièrement les paysans qui ont financé cher la campagne et qui, à présent, doivent vendre leurs productions à perte. Il y a même mévente de certains produits agricoles (pomme de terre, certains produits maraîchers essentiellement) qui étaient destinés d'habitude aux marchés extérieurs (Sénégal, Gambie, Mali, etc.).

Les ménages ont changé leurs habitudes alimentaires et adopté un régime alimentaire de survie et consomment un seul repas par jour, généralement sans protéines animales, contrairement à l'année dernière. Les stocks d'aliments du PAM à Labé et à Kankan (environ 900 tonnes) ont été pillées, De ce fait, les écoliers sont privés de repas aux cantines scolaires, avec des conséquences fâcheuses sur la scolarisation des enfants, surtout des filles.

L'impact des événements sur la situation nutritionnelle n'a pas encore été assez visible, mais il est à craindre, en raison des effets indiqués ci-dessus, une détérioration de la situation nutritionnelle chez les groupes les plus vulnérables (enfants, femmes en grossesses ou allaitant, ménages pauvres, etc.). Il y a risque aussi de compromission de la prochaine campagne agricole (pas de semences, ni de capital).

Pour information et document relatifs, veuillez contacter Mme Giulia Calcagnini, Giulia.Calcagnini@fao.org