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Guinée: Perspectives sur la sécurité alimentaire Février 2017 à Septembre 2017

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La fin de la campagne agricole contribue à des stocks alimentaires globalement bons

MESSAGES CLÉS

  • Les opérations post-récoltes, notamment le battage du riz des plaines de mangroves, des plaines alluviales et les bas-fonds, l’épluchage et séchage du manioc, et la réalisation du maraichage se poursuivent dans la plupart préfectures du pays et procurent de façon typique des revenus et de la nourriture aux ménages.

  • La reconstitution des réserves alimentaires se poursuit avec la fin des récoltes de la campagne 2016/17, jugée moyenne à bonne au niveau national. Toutefois, certaines localités touchées par des séquences de sécheresse, des inondations et des attaques de pomme de terre en Moyenne Guinée en août 2016 ont enregistré de légères baisses de production.

  • L’approvisionnement des marchés en céréales est suffisant et les réserves alimentaires se reconstituent grâce aux récoltes de produits agricoles moyennes à bonnes dans l’ensemble à travers le pays. Les prix du riz resteront relativement stables sur les 3 prochains mois et connaitront des hausses en prélude au mois de ramadan. Il en sera de même pour les produits importés comme le sucre, les oignons les huiles alimentaires. La hausse saisonnière des prix qui suit l’épuisement des stocks au niveau des ménages sera observée de juin à août qui constitue la période de soudure en Guinée.

Contexte national

Situation actuelle

Production céréalières

En dépit des anomalies agro-climatiques enregistrées pour la campagne agricole 2016/2017 (les inondations, les séquences de sècheresse, les attaques de nuisibles sur la pomme de terre au Fouta), la production céréalière à la fin de la campagne est globalement moyenne à bonne dans le pays, ce qui améliore les disponibilités alimentaires au niveau des ménages. Toutefois, des baisses localisées de production céréalière notamment le riz et le maïs sont signalées surtout à Siguiri.

Les inondations de fin juillet-début août et les séquences de sécheresse qui s’en ont suivi ont réduit la production de riz dans certaines zones de la Basse Guinée notamment à Boffa et à Boké.
Quant au maraichage, les activités se poursuivent et procurent des revenus moyens à supérieurs à la moyenne aux exploitants.

La reconstitution des stocks est en cours grâce aux récoltes moyennes à supérieures à la moyenne et des revenus issus de la vente des produits maraichers ; ce qui améliore la diversification alimentaire et met les ménages pauvres à l’abri de la dépendance du marché.

Cultures de rentes

La reprise des échanges de produits agricoles sur les marchés nationaux (céréales, tubercules, oléagineux) frontaliers (huile de palme, pomme de terre, arachide, produits maraichers) et internationaux (café, cacao, ananas, anacarde, hévéa) s’améliorent de plus en plus, depuis la fin de la maladie à Virus Ebola. La baisse du cours international de l’hévéa se maintient depuis plusieurs mois et n’est pas de nature à encourager l’extension de sa culture. Pour les noix de cajou, la hausse de sa production dans le pays grâce à son prix attractif depuis l’année dernière, procure des revenus supérieurs à la moyenne aux ménages exploitants.

Conditions pastorales

La situation est demeurée calme et on ne note pas de cas d’épizootie majeure. Le bon niveau de remplissage des points d’eau et des pâturages grâce aux grandes pluies, permet un bon abreuvement et un bon embonpoint du cheptel (bovins, caprins, ovins) ; ce qui favorise une amélioration de la production de lait. Aucun conflit majeur entre éleveurs et producteurs n’a été signalé.

Conditions piscicoles

En plus de la pêche maritime et dans les grands fleuves et cours d’eau, la pisciculture est en voie d’expansion surtout en zone forestière et contribue à augmenter les disponibilités en poissons mais également à améliorer les revenus des pêcheurs. Le disponible en poissons cette campagne est supérieur à celui de l’année dernière et par rapport à la moyenne quinquennale.

Le niveau d’approvisionnement du marché en poissons transformés, frais et congelés est satisfaisant. Le degré d’approvisionnement est moyen par rapport à celui de l’année dernière et reste satisfaisante par rapport à la moyenne des trois dernières années.

Marchés à céréales

L’approvisionnement des marchés en céréales est régulier grâce à la période de commercialisation des produits locaux et de la présence du riz importé. Comparé à l’année dernière, l’approvisionnement des marchés en céréales est moyen et similaire à la moyenne des cinq dernières années. Les prix du riz (local et importé) qui est la principale céréale consommée, restent stables pour l’instant. Malgré la bonne période de commercialisation des produits locaux, les prix du riz local n’ont pas subi leur baisse saisonnière typique. Ils sont compris entre 5000 et 6500 FG/kg alors que le riz importé connait une faible variation à la hausse passant de 5500 en 2016 à 6000 FG en 2017. Cette situation est relativement similaire à celle des cinq dernières années.

Le marché à bétail est approvisionné de manière très satisfaisante. Le niveau des approvisionnements est légèrement inférieur à celle de l’année dernière à cause du déplacement de certains éleveurs avec leurs troupeaux vers les zones de pâturage et voire même en Sierra Leone.

L’augmentation du prix du bétail et de la viande d’environ 10 pour cent, enregistrée depuis l’an dernier se maintient ; ce qui limite leur accès aux ménages pauvres à cette denrée. Ces niveaux de prix sont supérieurs par rapport à la même période en 2016 et supérieurs par rapport à la moyenne quinquennale.

Activités économiques

Avec la place de plus en plus importante de l’orpaillage dans le pays, le Gouvernement a adopté des textes pour le lancement des projets pilotes, la finalisation du recensement et la parcellisation déjà engagées dans toutes les zones aurifères. Ils sont en cours de mise en œuvre afin d’encourager participation de l’exploitation artisanale de l’or dans le secteur formel.

Les mesures d’encouragement du gouvernement sur le développement de la filière anacarde permettront aux producteurs d’engranger des revenus substantiels. La poursuite de la dévaluation favorisera les exportations agricoles guinéennes (faibles quantités) mais seront ressentis par les consommateurs en ce qui concerne les produits alimentaires importés.

La migration est essentiellement tournée vers les zones minières à l’intérieur du pays et dans les pays limitrophes. Les revenus de la migration contribuent à l’amélioration du cadre de vie des ménages et de financer d’autres activités économiques comme le commerce, les taxis motos dans les villes et les grandes agglomérations. Les revenus venant de l’étranger sont souvent injectés dans l’agriculture sans beaucoup d’informations sur le volume et le secteur où ils sont utilisés.

Situation de la sécurité alimentaire

La production agricole de cette année est globalement similaire à celle de l’année dernière et supérieure à la moyenne quinquennale ; ce qui permet une bonne disponibilité en céréales dans le pays et favorable à une bonne consommation alimentaire. Les prix actuels du riz qui constitue la principale céréale consommée, la disponibilité moyenne en tubercules et produits maraichers favorisent un accès moyen de la majorité des ménages à la nourriture. Par conséquent, toutes les zones du pays sont actuellement en situation d’insécurité alimentaire minimale (Phase 1 de l’IPC).