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Bulletin d'information No. 616 pour l'Afrique de l'Ouest

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SIERRA LEONE: Deux députés américains demandent des sanctions contre les ventes illégales de diamants

Deux membres de la Chambre des Représentants américaine ont appelé les Nations Unies à compléter leurs efforts de maintien de la paix par un embargo sur les ventes illégales de diamants de Sierra Leone, selon l'agence américaine Newswire.

De retour d'un voyage en Sierra Leone, Tony Hall et Frank Wolf estime que le droit international doit sanctionner tout diamant qui ne serait pas certifié par la Commission pour la gestion des ressources stratégiques, la reconstruction nationale et le développement, présidée par le dirigeant du Front révolutionnaire uni, Foday Sankoh.

"Les rebelles responsables des atrocités pendant la guerre ont signé un accord de paix mais certaines factions continuent à extraire et à vendre des diamants, et l'indicible violence liée à ces revenus continue aussi", a déclaré M. Hall.

La majeure partie des ventes illégales de diamants quittent la Sierra Leone pour rejoindre, via le Liberia, les centres de taille du diamant en Belgique et ailleurs.

"Toute solution qui permet la persistance d'un marché noir fort mène en droite ligne à un bain de sang parmi les civils, les soldats et les casques bleus", a ajouté M. Hall.

SIERRA LEONE: Le nombre des enlèvements signalés dépasse celui des libérations

Le Comité sierra-léonais des droits de l'Homme (SLHRC) indique dans son 'Bulletin de la Mise en oeuvre de l'Accord de Lomé' que le nombre de cas d'enlèvements signalés est actuellement supérieur au nombre de libérations de personnes enlevées, ce qui représente un revers pour l'accord de paix, selon un rapport des Nations Unies publié vendredi.

Le bulletin précise cependant que la mise en place récente du Comité de Révision Constitutionnelle est un pas important sur la voie de l'application des clauses de l'Accord de Paix de Lomé relatives aux droits de l'Homme, indique la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (UNAMSIL) dans son premier rapport sur les droits de l'Homme.

Le SLHRC est un collectif d'organisations locales et internationales ayant pour objectif de défendre et promouvoir les droits de l'Homme en Sierra Leone, précise le bulletin. Le 29 juillet dernier, le comité avait adopté un mécanisme permettant de suivre l'application des clauses de l'Accord de Paix de Lomé relatives aux droits de l'Homme. Ses bulletins publics présentent des évaluations périodiques du "statut des principaux engagements concernant les droits de l'Homme", ce qui permet aux signataires de l'Accord et à la société civile de réagir en conséquence.

SIERRA LEONE: Des ONG locales reçoivent une formation internationale

Un certain nombre de militants des droits de l'Homme et de dirigeants d'ONG prennent part à une série de programmes internationaux de formation organisés avec le soutien de l'UNAMSIL.

C'est notamment le cas du président du Forum National pour les droits de l'Homme, Joseph Rahall, qui a participé à un atelier international sur la responsabilisation des militants africains des droits de l'Homme, qui s'est tenu en octobre dernier à Dakar, Sénégal, signale l'UNAMSIL.

Les programmes de formation ont pour objectif de donner à des membres d'ONG locales les compétences nécessaires pour travailler dans le domaine du monitorage, de la documentation et de l'intervention en matière des droits de l'Homme.

SIERRA LEONE: Une équipe de formation de l'UNAMSIL consulte l'ECOMOG

Une équipe de trois membres des Nations Unies à New York a rendu visite à l'ECOMOG mardi, pour discuter des modalités d'un programme de formation visant à aider les membres de l'UNAMSIL qui arrivent, indique un communiqué de presse de l'ECOMOG.

Le chef de la délégation, Emmanuel Erskine, a précisé que le programme de formation visait à aider les nouveaux casques bleus des Nations Unies à s'adapter à leur rôle dans le pays. L'équipe s'occupera de former un groupe de formateurs qui à leur tour formeront les soldats de l'UNAMSIL, explique l'ECOMOG.

SIERRA LEONE: Les délais pour le désarmement ne seront pas respectés

Le délai du 15 décembre pour le désarmement des quelque 45 000 anciens combattants ne sera pas respecté, a indiqué mercredi à IRIN le porte-parole de l'ECOMOG, le lieutenant-colonel Chris Olukolade.

Conformément à Accord de Paix de Lomé, le Comité National pour le Désarmement, la Démobilisation et la Réintégration, souhaitait que la première phase de désarmement prenne fin idéalement le 15 décembre, a précisé M. Olukolade.

Le Ministre de l'information, Julius Spencer, cité par Reuter, a déclaré mardi que le délai ne serait pas respecté "en raison de retards et de la méfiance des parties impliquées dans la mise en Suvre du processus de paix".

SIERRA LEONE-LIBERIA: Sankoh s'entretient avec Taylor

Le dirigeant du RUF, Foday Sankoh s'est entretenu mardi avec le Président libérien, Charles Taylor, ont indiqué mercredi à IRIN des sources dans la capitale libérienne, Monrovia.

Il s'agissait d'une visite informelle, mais le Président Taylor a tenu à exprimer son souhait de voir le processus de paix continuer à progresser, a déclaré le Ministre libérien de l'information, Joe Mulbah.

Selon des sources humanitaires à Monrovia, en quittant le palais présidentiel, M. Sankoh a déclaré aux journalistes que ses relations avec le commandant Sam Bockarie étaient "cordiales". M. Bockarie, qui a récemment accusé M. Sankoh d'avoir envoyé un escadron de la mort pour le tuer, était attendu à Monrovia mais n'était pas encore arrivé, ont précisé les sources.

LIBERIA: Les derniers volontaires au rapatriement rentrent de Sierra Leone

Une opération de trois jours pour rapatrier les derniers Libériens volontaires au retour de Sierra Leone s'est achevée dimanche, a signalé mardi le HCR.

Quelque 213 réfugiés ont été transportés par voie aérienne à partir de Bo, dans le sud du pays, et Kenema, dans l'est, et de Freetown. Plus de 1 800 des quelque 8 000 réfugiés libériens en Sierra Leone ont choisi de rentrer chez eux. La plupart d'entre eux ont fait ce choix lorsque les combats dans la capitale, en janvier 1999, ont coupé l'aide vers les camps de réfugiés, selon le HCR.

LIBERIA: Pas de violations des droits de l'Homme à Lofa, dit le gouvernement

Le gouvernement du Liberia dément des informations récentes faisant état d'une résurgence de la violence et des violations des droits de l'Homme par les forces de sécurité, dans le nord du pays, a déclaré mercredi à IRIN le Ministre de l'information, Joe Mulbah.

"Ces informations sont beaucoup de bruit pour rien", a déclaré M. Mulbah, en réponse à une accusation lancée récemment par l'association libérienne des avocats et des observateurs des droits de l'Homme, selon lesquelles les violations des droits de l'Homme, notamment le harcèlement, les viols et les meurtre, auraient augmenté dans comté de Lofa.

M. Mulbah a déclaré que les groupes de défense des droits de l'Homme devaient mieux se renseigner car leurs informations étaient fausses. Il a cependant ajouté que le gouvernement menait une enquête sur des informations parues il y a deux semaines, qui faisaient état d'hommes armés non identifiés harcelant les civils dans le comté de Lofa.

GUINEE: Amnesty demande la libération du dirigeant de l'opposition

Amnesty International a demandé mardi au gouvernement guinéen de libérer "immédiatement et sans conditions" Alpha Condé, le dirigeant de l'opposition emprisonné, qui est accusé d'avoir voulu quitter le pays illégalement et cherché à recruter des troupes pour déstabiliser la Guinée.

"Les raisons de l'arrestation d'Alpha Condé sont politiques et les poursuites judiciaires à son endroit continuent d'être gravement entachées d'irrégularités", estime Amnesty International.

M. Condé est arrivé en troisième position aux élections présidentielles du 14 décembre 1998, remportées par Lansana Conté. Il a été arrêté le lendemain du scrutin, dans le village de Pine près de la frontière avec la Côte d'Ivoire.

Le gouvernement empêche ses avocats d'avoir accès au dossier, accuse AI, et n'a pas ouvert le procès en septembre comme prévu. M. Condé n'a pu bénéficier d'une libération sous caution. Sa femme et les autres membres de sa famille ne sont pas autorisés à lui rendre visite.

Selon Amnesty, plus de 60 membres du parti de M. Condé, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) ont été arrêtés après les élections et incarcérés pour quatre à cinq ans.

"La plupart d'entre eux affirment avoir été torturés en prison", indique Amnesty.

En 1998, le président de l'Assemblée Nationale, El Hadj Biro Diallo, avait condamné le recours à la torture pour obtenir des confessions des prisonniers. M. Diallo a également demandé au Président Lansana Conté d'empêcher ces abus, précise AI.

AFRIQUE DE L'OUEST: Le HCR demande à la Guinée et au Liberia d'ouvrir leurs frontières

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) a appelé les gouvernements du Liberia et de Guinée à rouvrir leurs frontières communes aux réfugiés qui rentrent. Les postes-frontières ont été fermés en août dernier, à la suite d'incidents de sécurité dans le nord du Liberia, et aucun convoi de rapatriement n'a pu être effectué depuis.

Parallèlement, plusieurs centaines de Libériens à N'zerekore, dans le sud-est de la Guinée, ont maintenant fait savoir qu'ils voulaient rentrer chez eux. Le HCR a rappelé aux gouvernements que l'aide aux réfugiés qui rentrent doit prendre fin le 31 décembre.

Le HCR propose de transférer les Libériens de Guinée au Liberia via la Côte d'Ivoire. Plus de 13 000 Libériens avaient été rapatriés de Guinée dans des convois du HCR en 1999, avant les problèmes de sécurité du mois d'août, ce qui porte à 75 000 le nombre total de réfugiés ayant quitté ce pays pour rentrer chez eux depuis 1997.

Les retours à partir de la Côte d'Ivoire, le deuxième grand pays d'accueil, se sont poursuivis sans interruption.

Selon les estimations, depuis 1997, 340 000 des 480 000 Libériens qui avaient fui leur pays sont rentrés avec l'aide du HCR ou par leurs propres moyens.

AFRIQUE: Mise en place d'un réseau de prévention des conflits

Un colloque sur la paix, la stabilité sociale et le développement durable dans les pays africains lusophones s'est achevé vendredi sur un appel à la création d'un réseau mondial pour la promotion de la paix et la prévention des conflits en Afrique.

Les anciens présidents, chercheurs et autres universitaires, et hommes politiques d'Angola, du Cap Vert, de Guinée Bissau, du Mozambique et de Sao Tome/Principe qui participaient à la rencontre ont également recommandé qu'une semaine soit consacrée à la culture de la paix et de la tolérance.

Le colloque, qui s'est tenu du 7 au 10 décembre à Praia, au Cap Vert, était organisé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et l'Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture (UNESCO) en conjonction avec le gouvernement et la société civile du Cap Vert.

Les participants ont recommandé la création de mécanismes publics visant à garantir les aspects essentiels de la bonne gouvernance, en particulier l'indépendance des parlements et des systèmes judiciaires, et l'autonomie des banques centrales.

Les autres recommandations concernent le respect de la liberté d'expression, le renforcement du rôle des médias indépendants et la création des mécanismes constitutionnels permettant d'assurer la participation des populations aux différents niveaux de prise de décisions.

Le colloque a par ailleurs plaidé en faveur d'un renforcement du rôle des autorités traditionnelles dans la prévention et la résolution des conflits, la non politisation des forces armées et leur implication dans le processus d'intégration et de développement socio-économique.

SAHARA OCCIDENTAL: Prolongation du mandat de la MINURSO

Par une majorité de 14 voix, et une abstention, le Conseil de Sécurité a prolongé mardi, jusqu'au 29 février 2000, le mandat de la Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara Occidental (MINURSO).

Ce délai permettra d'achever le processus d'identification des électeurs et la publication d'une seconde liste provisoire d'électeurs, et donnera à la Minurso le temps d'entamer les audiences d'appel de trois groupes ethniques, précisent les Nations Unies.

Ces appels et les positions divergentes du Maroc et du 'Frente Popular para la Liberacion de Saguia el-Hamra y de Rio de Ore (Front Polisario) empêcheront probablement la tenue du référendum avant 2002, selon les Nations Unies.

Une commission établie pour identifier les électeurs autorisés à participer à la consultation a reconnu 42 774 candidats. Selon les Nations Unies, "un pourcentage relativement petit" de ceux-ci remplissent les conditions. "Si tous ceux qui seront peut-être jugés inéligibles introduisent un recours, le nombre total de recours à traiter pourrait quasiment doubler", précisent les Nations Unies.

Le statut des trois groupes ethniques, identifiés par les Nations Unies sous les codes H41, H61et J51/52, fait l'objet d'une contestation car le Maroc considère qu'ils sont Saharaouis tandis que le Polisario les considère comme Marocains.

Lors du référendum, initialement prévu pour 1992, les électeurs devront choisir entre l'indépendance de l'ancienne colonie espagnole, une position soutenue par le Polisario, ou son rattachement politique au Maroc.

L'argument du Polisario est que si les groupes ethniques sont enregistrés comme Saharaouis, ils seront autorisés à prendre part au référendum et voteront pour le rattachement du territoire au Maroc.

Le Plan de Règlement de 1998 pour le territoire, proposé par les Nations Unies et l'Organisation de l'Unité africaine, prévoit une période de transition pendant laquelle le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, aidé par la MINURSO, serait responsable de l'identification et de l'enregistrement des électeurs autorisés à participer au référendum.

Abidjan, le 15 décembre 1999

[FIN]

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