Guinea

Aide humanitaire visant à faire face aux conséquences des déplacements population en Guinée forestière

Format
Situation Report
Source
Posted
Originally published

Attachments

Lieu de l'opération: GUINEE
Montant de la décision: 1.500.000 EUR
Numéro de référence de la décision: ECHO/GIN/BUD/2006/01000

Exposé des motifs

1 - Justification, besoins et population cible :

1.1. - Justification :

En dépit de l'isolement diplomatique de la République de Guinée, tant au plan international qu'au plan régional, la région de Guinée forestière est caractérisée par une grande porosité aux flux de populations et de biens. Au cours des années 1990, la Guinée forestière a hébergé un grand nombre de réfugiés en provenance de la Sierra Leone, du Libéria, et de la Côte d'Ivoire. A la mi-2005, la population des camps de réfugiés de la Guinée forestière atteint quelques 69.000 individus, pour la plupart des Libériens, répartis dans 6 camps.

Les indicateurs signalent en Guinée forestière un niveau de paupérisation et de vulnérabilité inégalé dans les autres régions du pays. Selon les Nations Unies, 53% de la population guinéenne vivent en dessous du seuil de pauvreté contre 49% en 2000 et 40% en 1996(1). L'environnement sanitaire de la Guinée forestière, pour sa part, se distingue par de très haut taux de mortalité et de morbidité. La majorité des patients des centres de soin installés dans les camps sont en réalité des autochtones qui ne bénéficient pas d'une assistance comparable dans les infrastructures locales, privées de personnel qualifié et d'approvisionnement. A l'échelle de la région, tous les indicateurs attestent de la vulnérabilité de ces différents groupes: le taux de mortalité infantile atteint quelques 177/1.000 tandis que le taux mortalité à la naissance s'établit à 528/100.000. Sur la base d'enquêtes conduites en 2002, le Ministère de la Santé a estimé à 2,8% la proportion de la population affectée par le virus du VIH ; mais ce taux atteint 7% en Guinée forestière(2).

La Guinée forestière a connu des violences en 2000 et 2001 et la menace d'infiltrations de combattants hostiles à partir du Libéria et de la Côte d'Ivoire reste réelle. En dépit du quadrillage militaire, la Guinée forestière abrite des routes commerciales pour la revente des armes légères du fait des disparités entre les programmes de Démobilisation, Désarmement et Réhabilitation (DDR) mis en place par les Nations Unies au Libéria et en Côte d'Ivoire. De semblables programmes de réintégration n'ont pas été mis en œuvre pour les « Jeunes Volontaires », les combattants ayant appartenu aux milices d'autodéfense qui s'étaient constitués sur le sol guinéen en 2000 et 2001. Si la plupart ont été intégrés au sein de l'armée guinéenne, certains ont versé dans la criminalité et entretiennent une insécurité de basse intensité en Guinée forestière.

Jusqu'au mois d'avril 2005, la Commission européenne avait gelé son aide financière à la République de Guinée au titre de l'enveloppe A sur la base de l'Article 96 des Accords de Cotonou qui conditionne l'octroi d'un appui financier au titre du Fonds Européen de Développement à la bonne gouvernance et au respect des droits de l'homme. Les incertitudes qui entourent la succession du Président Lansana Conté, l'incapacité du gouvernement actuel d'initier des réformes de grande ampleur, la perspective d'une transition militaire opposent néanmoins un obstacle structurel au développement durable. Au titre de l'Enveloppe B, la Délégation de la Commission européenne à Conakry prépare la mise en œuvre, à partir de la mi-2006, d'un projet de développement local en Guinée forestière. Les trois domaines d'activité retenus pour l'axe Faranah, Kissidougou, Guékédou, Macenta et Nzerekore sont le développement économique, les projets d'infrastructure - également dans le domaine de la santé et de l'éducation -, le maintien de la paix.

En 2005 le rapatriement régional des libériens a été un des principaux défis humanitaires dans la région. Afin d'y répondre, la Direction Générale de l'Aide Humanitaire a travaillé sur la base d'un Plan Global Régional Afrique Occidentale Côtière couvrant le Libéria, la Côte d'Ivoire et la Guinée. Le processus de rapatriement se poursuivra en 2006. Toutefois, le Libéria, la Guinée forestière et la Côte d'Ivoire sont désormais confrontés à des problèmes de plus en plus distincts et à des perspectives d'évolution séparées. En conséquence, les actions humanitaires seront couvertes en 2006 par des décisions financières spécifiques à chacun des trois pays, dont la présente décision pour la Guinée. Cette décision d'un montant global de 1.500.000 EUR prendra effet le 1er janvier 2006.

Notes

(1) Consolidated Appeal process (CAP) Guinea, Revue à mi-parcours 2005 - Millenium Development Goal report, Février 2005, Conakry.

(2) « Guinea: Little Action as Refugees Fuel AIDS », IRIN, 27.07.2004