Guinea-Bissau

Choléra en Guinée Bissau : la Croix-Rouge intensifie ses activités de prévention

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Avec le soutien de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, de la Croix-Rouge espagnole et de l'UNICEF, la Croix-Rouge de Guinée Bissau est devenue l'une des organisations les plus dynamiques dans le combat contre l'épidémie de choléra qui sévit dans le pays depuis le mois de mai dernier. Au 28 octobre 2008, près de 13 000 personnes avaient contracté la maladie et 216 en sont mortes.

Sur le terrain, des centaines de volontaires de la Croix-Rouge de Guinée Bissau s'emploient à juguler la maladie à travers une grande campagne d'assainissement, doublée de diffusion de messages de prévention et d'éducation 'porte-à-porte' sur l'hygiène dans toutes les régions touchées.

Le vibrion cholérique s'est d'abord signalé en mai, dans la région de Tombali, avant de se propager dans l'ensemble du pays. Avec plus de 8 500 cas recensés et 72 décès, Bissau, la capitale, est la plus touchée, suivie de Biombo avec 1780 cas enregistrés.

« Tout au début de l'épidémie, nous avons organisé des activités de sensibilisation destinées à la population générale. Mais malgré tous ces efforts, la maladie se propageait à une vitesse fulgurante. C'est par la suite que nous avons réorienté nos interventions vers les familles et les communautés dans lesquelles vivent les victimes », explique le Docteur Sadna Na Bitan, coordonnateur des programmes santé à la Croix-Rouge de Guinée Bissau.

Avec les opérations de désinfection des puits et des points d'eau et la distribution généralisée de sels de réhydratation orale, menées par les volontaires de la Croix-Rouge dans les zones les plus affectées, cette approche ciblée commence à porter ses fruits. Pour la première fois depuis le début de l'épidémie, on constate une légère diminution du nombre de cas notifiés chaque semaine.

« On ne peut pas parler encore de contrôle de l'épidémie, mais c'est quand même encourageant. Il faut rester vigilant et intensifier la prévention », estime le Dr Sadna.

Pour le moment, cinq brigades composées de volontaires de la Croix-Rouge sont à pied d'œuvre dans les huit centres de traitement du choléra, installés dans les différentes localités de Bissau. Ils accueillent les malades sous la supervision du personnel de santé, et identifient leur lieu d'habitation afin d'y organiser des activités de désinfection.

La Guinée Bissau vit régulièrement des épidémies de choléra. La plupart des populations n'ont pas accès à l'eau potable et l'assainissement est insuffisant. À cela s'ajoutent des problèmes culturels liés à l'organisation des cérémonies funéraires qui obligent chaque membre de la famille à toucher le cadavre, une pratique qui favorise la transmission du virus. Même si des arrêtés préfectoraux ont interdit de tels rituels, certaines communautés continuent à le faire en cachette.

Par honte et par crainte d'être la risée des voisins, certains malades refusent de dire aux volontaires où ils habitent, ou le font difficilement, alors qu'une simple désinfection des lieux réduit considérablement le risque de propagation du virus ; une situation qui témoigne de l'énormité de la tâche pour les volontaires de la Croix-Rouge, le Ministère de la Santé et tous les autres partenaires impliqués dans la lutte contre le choléra.

Pour sa part, la Croix-Rouge de Guinée Bissau compte intensifier ses activités de prévention. Le travail accompli par ses volontaires en fait désormais un partenaire privilégié pour toute organisation qui veut aider le gouvernement de Guinée Bissau dans sa croisade contre l'épidémie de choléra, que ce soit dans le court ou le long terme.

Déjà, avec l'opération financée par la Fédération internationale qui arrive à terme, un nouveau partenariat vient d'être scellé avec Médecins Sans Frontières pour la poursuite des activités sur toute l'étendue de Bissau, tandis que l'UNICEF compte financer les opérations dans les régions de San Domingo, Quinara, Cacheu et Oio.

Fin juillet, la Fédération internationale avait débloqué 212 000 francs suisses (FCFA 84 800 000/ EUR 129 280) de son fonds d'urgence de réponse aux catastrophes afin d'aider les Sociétés nationales de la Croix-Rouge de Guinée Bissau, du Bénin et du Congo à combattre le choléra.

Une aide supplémentaire d'un montant de 28 000 francs suisses a été octroyée, le 8 octobre dernier à la Croix-Rouge du Bénin pour l'aider à intensifier ses activités de prévention contre un nouveau foyer de choléra qui s'est déclaré au nord du pays.