Bulletin d'information No. 693 pour l'Afrique de l'Ouest

Report
from IRIN
Published on 07 Apr 2000
NATIONS UNIES
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NIGERIA: Elf dément que des employés aient été enlevés

Le géant pétrolier français Elf Aquitaine a démenti vendredi des informations selon lesquelles des activistes auraient investi la cité o=F9 logent ses cadres, dans la ville de Port Harcourt, au sud-est du pays, et pris 40 personnes en otages.

Un employé de la compagnie dans la ville portuaire a indiqué à IRIN qu'il n'y avait eu que quelques personnes "tournant sur place et empêchant les gens d'entrer et sortir" de la concession, temporairement. La source, qui a souhaité garder l'anonymat, a indiqué que des jeunes avaient manifesté devant les lieux. Selon l'AFP, les manifestants demandaient du travail.

Plus tôt, des responsables d'Elf, cités par Reuter, avaient déclaré, sous couvert d'anonymat, que des activistes avaient envahi le site et pris en otages des employés britanniques, français et sud-coréens.

Depuis la mort du dirigeant militaire nigérian, le général Sani Abacha, le 8 juin 1998, de jeunes activistes du sud-est enlèvent régulièrement les employés locaux et étrangers des compagnies pétrolières, ou occupent des stations de pompage, pour obtenir une plus grande part de la richesse pétrolière du pays.

Ce type d'action a fortement diminué depuis que le Président Olusegun Obasanjo a commencé à rencontrer les chefs de communautés et a présenté un projet de loi pour le développement du Niger Delta devant la chambre des représentants.

NIGERIA: Obasanjo s'engage à maintenir l'unité

Le Président Olusegun Obasanjo a déclaré aux chefs traditionnels, lors d'une réunion jeudi, qu'il maintiendrait l'unité du pays malgré l'agitation, a rapporté l'AFP.

L'une des dernières pressions auxquelles son gouvernement a dû faire face est la volonté de certains Etats du nord, o=F9 les musulmans sont majoritaires, d'appliquer les peines les plus sévères prévues par la loi islamique. En réaction, les gouverneurs des Etats du sud-est ont demandé une structure confédérale en lieu et place de la fédération actuelle. Dans sa région natale yoruba, au sud-ouest du pays, les radicaux pressent M. Obasanjo d'organiser une conférence souveraine nationale sur la nature politique du pays.

Autrefois, M. Obasanjo a commandé la 3ème Division des Commandos de la Marine dans le sud-est, pendant la guerre civile o=F9 les Igbos ont tenté en vain de faire sécession.

Concernant la crise de la Charia, M. Obasanjo s'est félicité de la décision des gouverneurs de créer un comité composé de musulmans et de chrétiens pour discuter de l'introduction de la loi islamique. Il a également salué la décision des chefs traditionnels de former un organe chargé d'apaiser les tentions intercommunautaires.

Au cours de leur réunion d'un jour à Kaduna, mercredi, les chefs traditionnels ont décidé de maintenir l'unité du pays et prévenu que la question de la Charia ne devait pas être utilisée pour "menacer l'existence commune" du Nigeria.

La réunion a pris position en faveur d'une "vraie République Fédérale Unie" et a invité les Nigérians "à donner à l'actuel gouvernement démocratique une chance" de gouverner.

SAO TOME et PRINCIPE: Démission d'un ministre sur fond de crise politique

Le Ministre des affaires étrangères, Paulo Jorge Espirito Santo, a démissionné du gouvernement, sur fond de crise politique croissante, la nation insulaire étant quasiment paralysée par une grève de la fonction publique, a rapporté jeudi l'agence LUSA.

Dans une lettre rédigée le 29 mars et rendue publique mercredi, M. Santo a indiqué qu'il démissionnait parce qu'il ne se trouvait pas dans les "conditions psychologiques" pour continuer à occuper son poste. Sa démission intervient alors que des rumeurs circulent selon lesquelles le Ministre du travail et de la fonction publique, Emilio Lima, envisagerait lui aussi de démissionner.

La fonction publique a lancé une grève illimitée le 20 mars dernier, pour exiger une revalorisation du salaire minimum, de 40 000 à 350 000 dobras [7 500 dobras = 1 dollar américain]. Le gouvernement propose 120 000 dobras.

GUINEE BISSAU: Le gouvernement suspend les voyages officiels à l'étranger

Le Premier Ministre, Caetano Intchama, a annoncé jeudi la suspension avec effet immédiat des voyages à l'étranger des responsables gouvernementaux, dans le cadre des mesures visant à réduire les dépenses publiques, a rapporté LUSA.

"Il faut lutter contre la tendance à multiplier les missions à l'étranger", a déclaré M. Intchama, selon l'agence LUSA.

Les voyages officiels nécessaires devront toujours être étudiés en termes de rapport coûts bénéfices, selon un communiqué du gouvernement.

AFRIQUE DE L'OUEST: Meilleures disponibilités alimentaires dans le Sahel

Le système mondial d'alerte précoce contre la famine (GIEWS) de l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) indique dans son rapport d'avril que les disponibilités alimentaires se sont améliorées dans les pays sahéliens de Afrique de l'Ouest.

Les marchés sont généralement bien approvisionnés dans la plupart des pays, après les récoltes record qui ont permis de reconstituer les stocks dans les plantations et les stocks alimentaires nationaux, selon le rapport. Des récoltes record ont été enregistrées au Burkina Faso, au Cap Vert, en Gambie, au Mali, en Mauritanie et au Sénégal, tandis que les niveaux de production sont supérieurs à la moyenne au Tchad et au Niger.

Cependant, selon les estimations, la production en Guinée Bissau serait inférieure à la moyenne à cause de la rébellion militaire qui s'est terminée en 1999.

"Malgré une certaine amélioration de la production alimentaire, la Sierra Leone et le Liberia sont toujours fortement dépendants de l'aide alimentaire internationale", indique le GIEWS, qui explique cela par les luttes internes et les déplacements de populations.

SIERRA LEONE

Un secteur agricole fortement touché par le conflit

Une mission d'évaluation de production de la FAO s'est rendue dans les régions sud-ouest, sud, et est de la Sierra Leone, en décembre 1999, et a constaté que le secteur agricole avait été fortement perturbé par la guerre.

Au fil des mois, les planteurs ont perdu toutes leurs ressources productives, notamment les semences, les outils, et les autres biens de capital. Les infrastructures et institutions rurales ont subi des destructions à grande échelle, indique le GIEWS.

La plupart des familles rurales ayant été déplacées, le manque de main d'ouvre pour les semailles et les récoltes reste un problème majeur et la capacité des planteurs à conserver des réserves est faible, en raison de difficultés financières et de la peur des pillages. La quasi totalité des planteurs dépendent du gouvernement et des ONG pour l'approvisionnement en semences et ne peuvent semer que dans la mesure o=F9 ces agences peuvent les aider.

LIBERIA

La situation alimentaire globale s'est améliorée de manière significative en 1999. Les disponibilités alimentaires sur les marchés urbains sont relativement stables et en général les prix sont inférieurs à ceux de 1998, selon le GIEWS.

La production agricole a augmenté dans les comtés de Bong, Bomi, Montserrado et Nimba, mais reste insuffisante dans le Maryland, le Sinoe et le Grand Kru, du fait que les mauvaises routes rendent l'accès aux plantations difficile. A l'exception du comté de Lofa, une paix relative dans la plupart des régions a eu un effet positif sur l'agriculture. La récolte de riz pour la saison agricole 1999 devrait atteindre 80 pour cent de la production d'avant-guerre civile et le manioc devrait retrouver des niveaux normaux de production.

Dans le comté de Lofa, o=F9 des combats ont éclaté en août dernier, la plupart des quelque 25 000 personnes déplacées sont des planteurs qui n'ont pu faire leurs récoltes. Les programmes humanitaires pour les réfugiés libériens et sierra-léonais ont également été perturbés par l'insécurité et les pillages dans le comté de Lofa, o=F9 les conditions nutritionnelles et sanitaires des personnes déplacées se seraient détériorées, indique le GIEWS.

Selon les estimations, indique le rapport, le Liberia compte environ 500 000 réfugiés, personnes déplacées et retournés, dont quelque 90 000 réfugiés de Sierra Leone. Le Liberia dépend toujours fortement de l'aide alimentaire internationale.

GUINEE BISSAU

Selon les estimations, la production céréalière pour 1999 devrait être de 138 700 tonnes, un chiffre plus élevé que celui de 1998 mais inférieur à la moyenne et aux niveaux d'avant la guerre 1997/98.

La production de grains concassés a augmenté, mais celle de riz a diminué à cause des inondations et des parasites. Après les élections présidentielles, fin 1999, la disponibilité alimentaire globale s'est améliorée, indique le GIEWS. Mais certains groupes de population sont toujours confrontés à des difficultés d'approvisionnement, notamment dans les zones urbaines et dans les régions de Bambadinca, Fulakunda et Catio, à l'est, au sud-est et au sud de la capitale, Bissau.

Abidjan, le 7 avril, 2000 [FIN]

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