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Bulletin d'information No. 662 pour l'Afrique de l'Ouest

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NATIONS UNIES
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NIGERIA: Calme relatif à Kaduna

La vie reprend progressivement son cours normal à Kaduna, après trois jours d'affrontements religieux entre musulmans et chrétiens à propos d'une proposition d'instaurer la loi islamique.

"La situation s'est améliorée et, malgré le couvre-feu, certaines personnes ont commencé à rentrer chez elles", a indiqué jeudi à IRIN Fabian Okoye, de l'observatoire des droits de l'Homme. Les musulmans fuient les quartiers à majorité chrétienne et les chrétiens quittent les quartiers majoritairement musulmans, rapporte la BBC. Parallèlement, le couvre-feu de 24 heures, imposé mercredi, a maintenant été réduit et est en vigueur de 16:00 heures (15:00 heures TU) à 07:00 heures (08:00 heures TU), ont annoncé jeudi les autorités.

Les magasins, les marchés et les bureaux commencent à rouvrir et certaines personnes, notamment celles qui avaient trouvé refuge dans les casernes de l'armée et de la police o=F9 les ressources disponibles sont "trop sollicitées", s'aventurent maintenant au dehors pour aller chercher de la nourriture pour d'autres, raconte M. Okoye.

La Chambre des Représentants a indiqué qu'elle avait mis sur pied un comité d'enquête qui visitera Kaduna le 29 février, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. Elle a fermement condamné les affrontements religieux à Kaduna, qu'elle qualifie de "barbares", et a appelé le gouvernement fédéral à aider les autorités de l'Etat à restaurer la paix dans la ville. Le Député Binta Koji a déclaré à la Chambre que plus de 100 personnes étaient mortes depuis le début des violences, lundi. Toutefois, M. Okoye a indiqué à IRIN que "pas moins de 300 personnes ont trouvé la mort pendant les troubles".

Les corps des musulmans pourrissent dans les rues des quartiers chrétiens, et de la même manière, les chrétiens ne reçoivent aucune sépulture dans les quartiers musulmans de Kaduna, a rapporté ce jeudi la BBC.

Parallèlement, le Président Olusegun Obasanjo, dans un discours à la nation prononcé mercredi, a déclaré que les horreurs de Kaduna n'avaient mené à rien. "Si le Nigeria veut fouler le chemin de la puissance et de la grandeur, ce ne peut être en suivant la route de la violence religieuse et du fanatisme. Ce doit être en suivant la chemin de la constitutionnalité, de la démocratie, de l'état de droit, et du respect mutuel les uns envers les autres dans tous les aspects de notre vie", a-t-il déclaré, selon Radio Nigeria-Lagos.

SIERRA LEONE: Création d'une Commission Vérité et Réconciliation

Le parlement de Sierra Leone a approuvé mardi un projet de loi portant création de la Commission Vérité et Réconciliation prévue par l'Accord de Paix de Lomé signé en juillet 1999, ont rapporté les agences de presse. Elle comprendra trois commissaires internationaux et quatre commissaires nationaux.

La commission, qui couvrira la période allant du début du conflit, en 1991, à la signature de l'accord, créera un "dossier d'archives impartial des violations des droits de l'Homme et du droit humanitaire," a indiqué mercredi à New York un porte-parole des Nations Unies.

Les experts proposés par le Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l'Homme, Mary Robinson, ont aidé à rédiger les statuts de la Commission.

SIERRA LEONE: Des milliers de bénéficiaires d'aide à Tonkolili

Plus de 17 500 personnes dans le besoin, dans la chefferie de Bas Yoni, dans le district de Tonkolili, à plus de 100 km à l'est de Freetown, recevront une ration d'aide alimentaire d'urgence d'un mois, selon un communiqué de presse du PAM publié mercredi.

"Les dernières évaluations montrent que plus de la moitié des 34 000 personnes vivant dans le Bas Yoni ont un accès très limité ou inexistant à la nourriture, car la plupart des planteurs n'ont pu semer l'an dernier", expliqué Patrick Buckley, représentant du PAM en Sierra Leone. "Notre objectif est d'apporter un soutien aux familles vulnérables, et de les encourager à reprendre les activités agricoles", a-t-il ajouté.

La chefferie du Bas Yoni a été gravement touchée par les combats de l'an dernier et est restée inaccessible aux organisations humanitaires pendant la plus grande partie de l'année. Du fait des faibles niveaux de récoltes et des pillages massifs de ressources alimentaires déjà réduites, les habitants de plusieurs chefferies de Tonkolili sont exposés à un risque important de pénurie alimentaire, estime le PAM.

Quelque 270 tonnes de vivres dans neuf centres de distribution répartis dans toute la chefferie du Bas Yoni seront distribuées par le PAM, en collaboration avec CARE et des ONG partenaires locales, a précisé le PAM.

SIERRA LEONE: Un commandant du RUF se préoccupe de la sécurité

Le commandant du Front révolutionnaire uni (RUF) pour Makeni a exprimé la crainte que ses hommes puissent être attaqués avec des machettes et d'autres armes non conventionnelles après avoir déposé les armes, selon un bulletin d'information du gouvernement.

S'exprimant mardi devant un atelier de sensibilisation organisé par le Comité National pour le Désarmement, la Démobilisation et la Réintégration (NCDDR), dans cette ville du nord du pays, Augustine Bao a déclaré que le RUF était au courant que des membres d'autres anciennes factions combattantes possédaient toujours de telles armes, qu'ils pourraient utiliser pour attaquer le RUF, indique le NCDDR. M. Bao a demandé à la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (MINUSIL) de veiller à ce que cela ne se passe jamais et de garantir leur sécurité après le désarmement. Il est important, a-t-il dit, que le désarmement des différentes factions aient lieu de la même façon pour toutes, et a appelé la MINUSIL à s'assurer que ce soit le cas.

GUINEE BISSAU: Report de la décision de libérer les prisonniers de guerre

Hier, mercredi, les ministres ont rencontré le procureur général, Amine Saad, pour discuter du sort des prisonniers de guerre arrêtés après le conflit qui a récemment ensanglanté le pays, mais n'ont pris aucune décision concernant leur libération, a rapporté Lusa.

Le Président Kumba Yala, qui a demandé une mesure de mise en liberté provisoire pour les prisonniers, lors d'une visite, lundi, dans des installations pénitentiaires de Bissau, ne participait pas à la rencontre.

M. Yala a prêté serment en tant que président le 17 février dernier, après avoir remporté une victoire écrasante contre le président par intérim, Malam Bacai Sanha, lors du second tour du scrutin, le 16 janvier.

GUINEE BISSAU: Le Conseil de Sécurité se félicite du retour de l'ordre constitutionnel

Les membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies ont salué hier le retour de l'ordre constitutionnel en Guinée Bissau et appelé le gouvernement et la communauté internationale à apporter le soutien nécessaire.

Dans un communiqué publié après une réunion d'information avec le Représentant du Secrétaire Général de l'ONU en Guinée Bissau, Samuel Nana-Sinkam, le Conseil de Sécurité a encouragé les parties à "travailler en étroite collaboration dans un esprit de tolérance, pour renforcer les valeurs démocratiques, protéger l'état de droit et garantir la protection des droits de l'Homme".

Le Conseil a en outre appelé les nouvelles autorités "à développer et mettre en ouvre des programmes visant à consolider la paix, la réconciliation nationale et le développement économique."

AFRIQUE: La déforestation, une menace sérieuse

Avec 520 millions d'hectares de forêt, l'Afrique est le deuxième des cinq continents pour ce qui est de cette ressource qui disparaît rapidement.

Dans un rapport produit pour la 21ème Conférence régionale pour l'Afrique de la FAO, qui s'est tenue au Cameroun du 21 au 25 février, l'agence des Nations Unies déclare: "La déforestation est la plus grave menace dans la plupart des pays africains". La FAO estime que le continent a perdu 10,5 pour cent de ses forêts entre 1980 et 1995. Le taux annuel de déforestation entre 1990 et 1995 était de 0,7 pour cent pour l'Afrique, indique la FAO, soit plus du double de la moyenne mondiale qui est de 0,3 pour cent.

Les raisons de cette détérioration sont les guerres civiles, la conversion rapide des forêts en terres cultivables, le pâturage excessif, les incendies, l'exploitation forestière excessive et l'abattage des arbres pour en faire du bois de chauffe et du charbon de bois.

Selon la FAO, l'Afrique sub-saharienne connaît de hauts taux annuels de croissance démographique, de grandes populations rurales, une urbanisation croissante et des revenus faibles par habitant.

"Tous ces facteurs se combinent avec d'autres et exercent une pression destructrice sur les forêts pour l'approvisionnement en bois de chauffe, poteaux, et nourriture, à un rythme non durable", estime la FAO.

La FAO estime que 90 pour cent de la consommation totale d'énergie provient du bois et que cette dépendance est appelé à augmenter en raison des faibles revenus et de la pauvreté en Afrique rurale.

Programmes de foresteries

De nombreux pays africains ont lancé des programmes nationaux de foresterie. En Afrique sub-saharienne, explique la FAO, le Cameroun, le Ghana, le Sénégal et la Tanzanie ont mené ces programmes avec succès. Mais dans d'autres pays, les programmes ont été freinés par des troubles politiques, un manque de soutien international, un manque de volonté politique et une mauvaise intégration des politiques forestières dans les secteurs agricoles.

Le défi pour les pays africains, estime la FAO, est d'élargir les objectifs de leurs programmes forestiers et de bâtir ensuite les capacités de formuler et mettre en ouvre des programmes en impliquant les populations, le gouvernement, les ONG et le secteur privé.

[Le rapport complet de la FAO "Les Défis du Développement d'une foresterie Durable en Afrique" est disponible sur le site internet http://www.fao.org]

Abidjan, le 24 février 2000

[FIN]

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