Se préparer à affronter Ebola – au cas où

Report
from World Health Organization
Published on 29 Dec 2014 View Original

Les pays d’Afrique s’emploient à améliorer leur préparation en cas de flambée d’Ebola. Les équipes de l’OMS ont procédé à des exercices de simulation dans les hôpitaux et dispensé une formation technique concernant l’intervention d’urgence et la communication.

Mamo Jatta est fonctionnaire régional chargé de la santé publique et de la surveillance en Gambie et, comme beaucoup d’habitants de zones proches des pays touchés par Ebola, craint que la maladie ne soit un jour importée dans son pays, « je me suis récemment rendu dans la ville où j’ai grandi et je me suis demandé ce qui se passerait si nous étions touchés par Ebola, serions-nous prêts ? ».

Les experts de l’OMS ont les mêmes préoccupations – et ils agissent. Ebola a déjà été exporté - même si cela n’a donné lieu qu’à de petites flambées - à partir des trois pays les plus touchés, vers le Mali, le Nigéria et le Sénégal voisins. Mais en raison de leur situation géographique ou de la structure des échanges commerciaux et des migrations, 14 autres pays sont considérés comme prioritaires en termes de risque d’importation du virus Ebola : le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, la Gambie, le Ghana, la Guinée-Bissau, la Mauritanie, le Niger, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, le Soudan du Sud et le Togo.

«Les flambées d’Ebola et la riposte apportée au Nigéria et au Sénégal ont montré au monde que la maladie pouvait être stoppée si un pays était suffisamment préparé dès le départ», fait observer Isabelle Nuttall, Directeur du Département Capacités mondiales, alerte et action à l’OMS. «L’OMS s’efforce désormais d’aider tous les pays figurant sur la liste à risque à atteindre les mêmes niveaux de préparation.»

Les équipes de l’OMS aident les pays à se préparer

Les équipes de l’OMS ont effectué des exercices de simulation dans les hôpitaux et dispensé une formation technique concernant l’intervention d’urgence et la communication afin d’aider les pays à recenser les possibilités d’amélioration et de renforcer leur préparation en cas de flambée. Mamo a participé à la formation et estime que: «la mission vient à point nommé, car la Gambie se prépare à une éventuelle flambée d’Ebola. Elle a été très révélatrice quant à nos atouts et à nos faiblesses et à ce que nous pouvons améliorer, en particulier dans le domaine de la coordination».

Mamo parle du premier élément de la liste récapitulative de préparation à Ebola établie par l’OMS, qui appelle à une coordination globale de la situation d’urgence – en attribuant des rôles à tous les organismes nationaux et internationaux en cas de flambée. Les équipes utilisent cette liste lors de leurs ateliers pour examiner avec les médecins, les responsables gouvernementaux et les gardes-frontières entre autres, les premières mesures à prendre au cas où le virus Ebola serait importé dans le pays. La liste complète est conforme au Règlement sanitaire international et est utilisée pour définir les mesures concrètes à prendre par les pays et l’aide qui leur serait apportée par la communauté internationale.

Enseignements tirés

La liste de contrôle aide en outre les équipes à formuler des recommandations concernant la participation de la communauté, la lutte contre l’infection, la prise en charge des cas, les centres de traitement Ebola, les inhumations sécurisées et dignes, ou les solutions de substitution sûres, la surveillance épidémiologique, la recherche des contacts, les capacités de laboratoire et la préparation aux postes-frontières. Les recommandations des équipes peuvent varier – depuis la mise en place d’équipes d’intervention rapide qui mettent en œuvre des mesures de lutte contre l’infection à l’identification des laboratoires de diagnostic capables de pratiquer efficacement des tests et le transport des échantillons sans risque vers les laboratoires.

L’équipe travaille en étroite coordination avec le Ministère de la santé et des partenaires internationaux, y compris la Mission des Nations Unies pour l’action d’urgence contre l’Ebola, afin de mieux tenir compte des recommandations en fonction du contexte propre à chaque pays.

Passer de la théorie à la pratique

Les 13 pays ont des systèmes de santé particuliers, et l’OMS organise des séances de formation dans chacun pour aider les principaux intervenants à remplir les tâches figurant sur la liste de contrôle. Ces séances de formation comportent notamment des exercices de simulation – par exemple dans un cadre hospitalier où les participants s’efforcent d’atteindre le niveau requis en matière de lutte contre l’infection. Des séances de travaux pratiques sont également organisées au cours desquelles les participants doivent s’acquitter des tâches nécessaires pour déterminer la façon dont les autorités nationales coordonneront leurs mesures avec les organisations partenaires et avec la Mission des Nations Unies pour l’action d’urgence contre l’Ebola.

À l’heure actuelle, les missions de formation se livrent à une course contre la montre pour aider les pays à se préparer à stopper rapidement toute nouvelle flambée d’Ebola, mais les répercussions sont plus larges. L’exercice offre aux pays la possibilité d’examiner de plus près le fonctionnement de leur système de santé dans son ensemble. «Les efforts de préparation menés au Ghana ont recentré l’attention sur le système de santé et révélé ses atouts et ses faiblesses», estime le Dr Magda Robalo, Représentant de l’OMS au Ghana, où a eu lieu récemment une séance de formation. « Le Ministère de la santé ghanéen exploitera les enseignements acquis au cours de cette formation. »