Bulletin d'information No. 681 pour l'Afrique de l'Ouest

Report
from The New Humanitarian
Published on 22 Mar 2000
NATIONS UNIES
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IRIN pour l'Afrique de l'Ouest
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SIERRA LEONE: Une marche contre le recrutement des enfants soldats

Des centaines de personnes ont marché dans Freetown ce mercredi pour protester contre le recrutement des enfants soldats et pour qu'ils soient rapidement rendus à leurs familles, a indiqué à IRIN une source à l'UNICEF.

Quelque 2 500 personnes se sont jointes à la manifestation pacifique, dont des représentants d'agences des Nations Unies, du gouvernement, d'organisations de défense des droits de l'homme, d'institutions d'éducation et de la société civile. Le dirigeant du Front révolutionnaire uni (RUF), Foday Sankoh, était représenté par son porte-parole, Eldred Collins. Des officiers supérieurs de l'ancien Conseil révolutionnaire des forces armées participaient également.

La marche, organisée par l'ONG catholique CARITAS, avait pour objectif de sensibiliser la communauté et les signataires de l'Accord de Paix de Lomé à la nécessité d'arrêter d'utiliser les enfants dans les conflits armés et de libérer ceux qui sont toujours détenus par des factions armées, a précisé la source. Divers intervenants ont mentionné le rythme trop lent des libérations d'enfants depuis la signature de l'accord de paix et ont insisté sur la nécessité de poursuivre les discussions et activités pour accélérer le processus.

Selon l'UNICEF, seuls 1 500 des quelque 5 000 enfants combattants ont terminé le programme de démobilisation en Sierra Leone. Environ 10 000 enfants ont été enlevés par des forces armées pour travailler comme porteurs, esclaves sexuels et cultivateurs, mais à peine la moitié ont été rendus à leurs familles.

SIERRA LEONE: Les casques bleus veulent faire la différence

Le Secrétaire Général adjoint des Nations Unies pour les opérations de maintien de la paix, Bernard Miyet, a déclaré mardi à la presse que les Nations Unies étaient soucieuses de faire la différence en Sierra Leone.

S'exprimant à l'issue d'une visite de trois jours, M. Miyet a déclaré que les Nations Unies étaient là pour apporter la paix et pour ouvrer avec la population. Il a expliqué que le mandat de l'organisation lui donnait les moyens de réagir en cas de "réaction négative".

D'autres soldats de la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (MINUSIL) devraient arriver bientôt d'Inde, de Jordanie, du Bangladesh et de Zambie, portant ainsi à son nombre maximal de plus de 11 000 hommes l'effectif de la force, a-t-il dit. A la question de savoir si le dirigeant du Front révolutionnaire uni (RUF), Foday Sankoh, permettrait à la MINUSIL de se déployer, M. Miyet a répondu: "Chacun, et je dirais le RUF en particulier, reconnaît maintenant que la MINUSIL est une force de maintien de la paix totalement légitime... et neutre dans ce pays et que son déploiement doit être facilité et accepté par tous".

M. Miyet a déclaré que tous les barrages routiers installés par les factions devraient être levés dans les deux semaines. Il a précisé qu'il avait abordé cette question parmi d'autres, notamment la logique derrière la présence des Nations Unies en Sierra Leone, au cours d'une réunion avec M. Sankoh.

Le responsable des Nations Unies a souligné l'importance des élections, du désarmement (qui est selon lui au cour du processus de paix) et de la restructuration des forces armées et de la police.

Le programme de M. Miyet incluait une visite du centre de Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR) de Port Loko Sud et d'un centre pour enfants dirigé par CARITAS, l'organisation de secours catholique, dans la ville septentrionale de Makeni.

Il a également eu des réunions avec les parties impliquées dans le processus de paix, notamment le président Ahmad Tejan Kabbah et le chef de l'ancien Conseil révolutionnaire des forces armées, Johnny Paul Koroma.

LIBERIA: Les défis de Charles Taylor

Près de trois ans après son arrivée au pouvoir, la stature internationale du président Charles Taylor s'est améliorée mais la corruption, la mauvaise gestion et la présence oppressive du gouvernement empêche le Liberia d'attirer les financements des donateurs pour l'aider à rebâtir son économie dévastée, indique Oxford Analytica dans un rapport daté du 21 mars.

Selon Oxford Analytica, les relations de M. Taylor l'Occident et le Nigeria se sont grandement améliorées du fait de son implication positive dans le processus de paix en Sierra Leone. "La respectabilité de M. Taylor augmentera avec le temps, à mesure que l'image de Taylor le président effacera celle de Taylor le chef de guerre", indique le rapport.

Par contre, Le fait que M. Taylor ne réussisse pas à attirer l'aide étrangère pourrait provoquer de nouveaux remous sociaux parmi ceux qui ne font pas partie du réseau de clientélisme, note Oxford Analytica. La diminution de l'effectif de l'armée, les extorsions, la liberté d'expression et le trafic de diamants via le Liberia sont quelques unes des questions qui doivent trouver une solution si le pays veut attirer les investisseurs étrangers, ajoute le rapport.

GHANA: Restructuration de l'armée et meilleure réponse aux désastres

Une restructuration de l'armée ghanéenne, annoncée lundi par le secrétariat du président Jerry Rawlings, pourrait accroître la capacité des forces armées à répondre aux désastres, a indiqué à IRIN une source humanitaire.

La radio d'Etat a indiqué que M. Rawlings avait approuvé la révision de la structure des forces armées du Ghana pour permettre d'en augmenter l'efficacité. Selon un communiqué publié lundi par le secrétariat du président, qui est également le commandant en chef des forces armées ghanéennes, l'armée a maintenant été organisée en commandements Nord et Sud.

La marine reste organisée en Commandements Ouest et Est, tandis que la base de la force aérienne a été renommée Airforce Base - Accra. Les villes côtières de Takoradi et Tamale (dans le nord) sont maintenant des bases aériennes et il y a maintenant une école de la force aérienne.

La source humanitaire a indiqué que cette réorganisation permettrait à l'armée de répondre plus rapidement aux désastres, en particulier dans la région sud du pays. Le sud du Ghana est une zone à risque de tremblements de terre, qui se produisent en cycles de 60 à 70 ans. La dernière grande secousse, en 1939, atteignait six sur l'échelle de Richter. Plus récemment, selon la source, des raz-de-marée provoqués par une probable activité sismique dans l'océan ont submergé des villages entier le long de la côte.

GHANA: Réunions des producteurs et des importateurs de sel

Quelque 50 producteurs et importateurs de sel de 24 pays africains se rencontrent pour la première fois du 3 au 5 avril, à Accra, pour trouver les moyens d'ioder le minéral.

L'iodisation du sel dans le monde est l'une des décisions adoptées lors du Sommet Mondial de l'Enfant en 1990 à New York. Les carences en iode provoquent l'apparition de goitre, de retards mentaux et de crétinisme chez les enfants, et affecte la santé des mères.

NIGERIA: La confédération gagne en popularité dans le sud-est

Au lendemain des violence religieuses qui ont secoué la ville septentrionale de Kaduna, le mois dernier, le nouveau mot à la mode dans le sud-est du Nigeria est 'confédération', un concept qui a un grand pouvoir évocateur lié à l'époque o=F9 le pays est tombé dans la guerre civile, il y a plus de 30 ans.

[Voir dossier séparé intitulé 'NIGERIA: IRIN Focus on the call for confederation']

GABON: Le gouvernement se dit soucieux des droits de l'homme

Le Gabon est très attaché au respect des droits de l'homme, à la souveraineté nationale, à l'intégrité territoriale et à la résolution pacifique des différends, a déclaré mardi à Genève le ministre de la justice, Pascal Désiré Missongo.

S'exprimant devant la Commission des Nations Unies pour les droits de l'homme, le ministre gabonais a déclaré que son pays avait établi un ministère des droits de l'homme et avait favorisé la promotion des droits de l'homme par des séminaires. Il a expliqué qu'une commission interministérielle avait été mise en place pour réviser les lois iniques, en particulier celles qui contiennent une discrimination à l'égard des femmes.

M. Missongo a ajouté que depuis que la transition politique avait commencé, voici à peine 10 ans, dans certains pays africains, seuls certains d'entre eux avaient progressé dans la promotion des droits de l'homme. Il y a une contradiction entre les attentes des populations, les contraintes du gouvernement et le processus politique dans de nombreux pays en transition, a expliqué M. Missongo.

Abidjan, le 22 mars 2000

[FIN]

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