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Alors que l’insécurité alimentaire aiguë atteint de nouveaux sommets, les secours aux affamés sont bloqués par les balles, les formalités administratives et le manque de financement – la FAO et le PAM tirent la sonnette d’alarme

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Rome, le 30 juillet 2021 – Dans un nouveau rapport publié aujourd’hui (en anglais), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) tirent la sonnette d’alarme: les efforts déployés face à la recrudescence de l’insécurité alimentaire aiguë dans le monde sont entravés dans plusieurs pays par des conflits et des blocages qui empêchent l’arrivée de l’aide vitale dont ont besoin les familles au bord de la famine.

Les obstacles bureaucratiques et le manque de financement compliquent également la tâche des deux organismes des Nations Unies s’agissant de fournir une assistance alimentaire d’urgence et de permettre aux agriculteurs de planter à grande échelle et au bon moment.

Cette situation est très préoccupante car, selon le rapport, les conflits, les répercussions économiques de la covid-19 et la crise climatique entraîneront probablement une augmentation des niveaux d’insécurité alimentaire aiguë dans 23 foyers de famine au cours des quatre prochains mois, cette insécurité continuant de gagner en ampleur et en gravité.

Ces 23 foyers sont l’Afghanistan, l’Amérique centrale (Guatemala, Honduras, Nicaragua), l’Angola, la Colombie, l’Éthiopie, Haïti, le Kenya, le Liban, Madagascar, le Mozambique, le Myanmar, le Nigéria, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la République populaire démocratique de Corée, le Sahel central (Burkina Faso, Mali et Niger), la Sierra Leone et le Libéria, la Somalie, le Soudan, le Soudan du Sud, la Syrie, le Tchad et le Yémen.

La FAO et le PAM ont déjà prévenu que 41 millions de personnes risquaient de tomber dans la famine si elles ne recevaient pas immédiatement une assistance alimentaire et une aide à la subsistance. En 2020, selon le rapport mondial sur les crises alimentaires, 155 millions de personnes ont connu une insécurité alimentaire aiguë à un niveau de crise ou pire dans 55 pays (phase 3 ou pire du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire ou Cadre harmonisé), soit une augmentation de plus de 20 millions par rapport à 2019, et la tendance ne devrait que s’aggraver cette année.

«La grande majorité des personnes au bord du gouffre sont des agriculteurs. Nous devons non seulement leur apporter une assistance alimentaire mais aussi faire tout ce qui est en notre pouvoir pour les aider à reprendre leur propre production alimentaire, afin que les familles et les communautés retrouvent la voie de l’autosuffisance et ne soient plus tributaires de l’aide pour survivre», a déclaré M. Qu Dongyu, Directeur général de la FAO.

«Il est difficile d’agir sans accès, et sans un financement suffisant, et jusqu’à présent les donateurs négligent malheureusement le soutien à l’agriculture qui est pourtant un moyen clé de prévenir une famine généralisée. Sans ce soutien à l’agriculture, les besoins humanitaires continueront inévitablement de s’accroître de façon exponentielle», a ajouté M. Qu.

«La vie des familles qui dépendent de l’aide humanitaire pour survivre ne tient qu’à un fil. Lorsque nous ne pouvons pas atteindre ces personnes, ce fil est coupé, et les conséquences ne sont rien moins que catastrophiques», déplore M. David Beasley, Directeur exécutif du PAM.

Des communautés privées d’aide

Il est souligné dans le rapport que les conflits, les phénomènes météorologiques extrêmes et les chocs économiques – souvent liés aux conséquences économiques de la covid-19 – resteront probablement les principaux facteurs d’insécurité alimentaire aiguë pour la période s’étendant d’août à novembre 2021. Les menaces transfrontières aggravent la situation dans certaines régions. En particulier, les infestations de criquets pèlerins dans la Corne de l’Afrique et de criquets migrateurs africains en Afrique australe nécessitent une surveillance et une vigilance de tous les instants.

Les entraves à l’accès humanitaire sont un autre facteur aggravant qui complique les efforts visant à endiguer les crises alimentaires et à prévenir la famine, les décès et l’effondrement total des moyens de subsistance, augmentant le risque de famine. Les pays dans lesquels on constate les plus grands obstacles qui empêchent l’aide d’atteindre ceux qui en ont le plus besoin sont l’Afghanistan, l’Éthiopie, le Mali, le Mozambique, le Myanmar, le Niger, le Nigéria, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la Somalie, le Soudan, le Soudan du Sud, la Syrie et le Yémen.

«La route qui mène à l’éradication de la faim n’est pas pavée de conflits, de points de contrôle et de paperasserie. L’accès humanitaire n’est pas un concept abstrait: il suppose que les autorités approuvent les documents à temps pour que la nourriture puisse être acheminée rapidement, que les points de contrôle permettent aux camions de passer et d’arriver à destination et que les travailleurs humanitaires ne soient pas pris pour cible et qu’ils puissent ainsi mener à bien leur travail qui sauve des vies et des moyens de subsistance», a expliqué M. Beasley.

L’insécurité alimentaire aiguë gagne en ampleur et en gravité

Selon le rapport, l’Éthiopie et Madagascar sont les foyers de famine les plus récents, au niveau d’alerte maximum.

L’Éthiopie est face à une urgence alimentaire dévastatrice liée au conflit en cours dans la région du Tigré, où il reste très difficile d’atteindre les personnes désespérément dans le besoin. Selon les prévisions, 401 000 personnes seront dans une situation catastrophique d’ici septembre, un nombre qui n’a plus été atteint dans un seul pays depuis la famine de 2011 en Somalie. Le comité chargé de l’analyse des famines estime que le risque de famine est moyen à élevé dans trois scénarios sur quatre, qui tiennent compte des niveaux d’intensité du conflit, des lignes d’approvisionnement, de l’accès et des opérations humanitaires, ainsi que des lignes d’approvisionnement et des services privés. Parmi ces scénarios figure un scénario catastrophe dans lequel ce risque pourrait se concrétiser à court terme (entre juillet et septembre).

Dans le même temps, dans le sud de Madagascar, la pire sécheresse qui ait sévi dans le pays en 40 ans – combinée à la hausse des prix des denrées alimentaires, aux tempêtes de sable et aux organismes nuisibles qui s’attaquent aux cultures de base – va probablement plonger 28 000 personnes dans des conditions de famine d’ici la fin de l’année.

Ces nouvelles alertes maximales émises pour l’Éthiopie et Madagascar s’ajoutent à celles qui valent pour le Soudan du Sud, le Yémen et le nord du Nigéria, qui restent parmi les foyers d’insécurité alimentaire aiguë les plus préoccupants au monde. Dans certaines régions de ces pays, les populations connaissent déjà une insécurité alimentaire à un niveau catastrophique et de nombreuses autres personnes sont menacées.

Le rapport recense également d’autres pays parmi les pires foyers, où la faim est en recrudescence et menace des vies: l’Afghanistan, le Burkina Faso, Haïti, le Honduras, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo – pays qui compte le plus de personnes ayant besoin de toute urgence d’une assistance alimentaire –, le Soudan et la Syrie.

Par exemple, en Afghanistan, l’insécurité alimentaire aiguë devient de plus en plus critique en raison de la sécheresse persistante, de la multiplication des déplacements liés au conflit ainsi que de la hausse des prix des denrées alimentaires et du chômage généralisé causés par la covid-19.

Pendant ce temps, en Haïti, la production des cultures de base va probablement baisser en raison de l’absence ou de l’irrégularité des pluies alors que le pays est ébranlé par l’aggravation de l’instabilité politique et de l’inflation des prix des aliments, ainsi que par les effets des restrictions imposées dans le contexte de la covid-19, autant d’éléments qui font que l’insécurité alimentaire, qui engendre déjà une situation instable, devrait encore s’aggraver.

Les auteurs du rapport indiquent qu’il faut mener de toute urgence une action humanitaire pour prévenir la faim, la famine et les décès dans les 23 foyers. Ils présentent pour chaque pays des recommandations, qui portent à la fois sur les réponses urgentes à court terme et sur les mesures préventives visant à protéger les moyens de subsistance ruraux et à augmenter la production agricole afin d’empêcher l’insécurité alimentaire de s’aggraver et d’aider les communautés à risque à mieux résister aux chocs futurs.

Note: Ce rapport fait partie d’une série de produits d’analyse élaborés dans le cadre du Réseau mondial contre les crises alimentaires. Les projections sur la faim qui y sont présentées se fondent sur les analyses les plus récentes effectuées dans le contexte du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire et du Cadre harmonisé. Le rapport inclut des estimations d’autres sources pour les pays pour lesquels il n’existe pas d’analyse réalisée récemment dans les deux cadres susmentionnés.

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L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) est l’organisme spécialisé des Nations Unies chef de file de la lutte contre la faim et la malnutrition. Notre objectif est d’appuyer la réalisation du Programme 2030 par une transformation des systèmes agroalimentaires destinée à rendre ceux-ci plus efficaces, plus inclusifs, plus résilients et plus durables, en vue d’améliorer la production, la nutrition, l’environnement et les conditions de vie, en ne laissant personne de côté.

Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies est le lauréat du prix Nobel de la paix 2020. Nous sommes la plus grande organisation humanitaire au monde. Nous sauvons des vies dans les situations d’urgence et utilisons l’assistance alimentaire pour ouvrir la voie à la paix, à la stabilité et à la prospérité pour les personnes qui se remettent d’un conflit, d’une catastrophe ou des effets du changement climatique.