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L'Eglise catholique dominicaine demande à la communauté internationale d'aider la République Dominicaine à porter "le fardeau haïtien"

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Des parlementaires ultranationalistes exigent des déportations massives d'haïtiens

Le président de la Conférence Episcopale dominicaine, Monseigneur Ram=F2n Benito de la Rosa y Carpio, a demandé mardi à la communauté internationale d'aider Haïti à sortir de sa crise structurelle tout en qualifiant "d'injuste" le sort de la République Dominicaine condamnée selon lui "à porter seule le fardeau haïtien". Le prélat dominicain a estimé très important que "les pays riches se montrent solidaires d'Haïti, s'intéressent à ce pays, le plus pauvre d'Amérique".

Poursuivant dans le même registre, Mgr Ram=F2n Benito a affirmé que le pôle d'intérêt de la communauté internationale ne doit pas être seulement les problèmes qui se multiplient à la frontière (haïtiano-dominicaine) mais aussi l'amélioration de la situation en Haïti "à partir d'apports concrets". "C'est seulement ainsi qu'on pourra résoudre les problèmes constatés à la frontière et dans le même temps diminuer les pressions auxquelles est soumise la République Dominicaine en recevant une masse de frères haïtiens qui se réfugient dans ce pays (République Dominicaine) en quête de meilleures conditions de vie" a-t-il fait remarquer.

Le président de la Conférence Episcopale dominicaine a souligné le poids que représente pour l'économie de son pays l'immigration massive de sans-papiers haïtiens et appelé la communauté internationale à jouer sa partition face à cette situation.

Parallèlement à cette approche morale des problèmes transfrontaliers entre les deux pays, les secteurs ultraconservateurs de la République voisine sont montés aux créneaux avec leur discours empreint d'haïtianophobie. Deux parlementaires ont ainsi invité le Président Leonel Fernandéz à déporter tous les haïtiens se trouvant en situation irrégulière sur le territoire dominicain. "Je crois que le moment est arrivé de régulariser la présence des haïtiens. Avec le temps, ils sont devenus beaucoup plus nombreux que nous l'avions jamais imaginé. Les gouvernements dominicains n'ont jamais prêté attention à ce problème et maintenant nous en payons les conséquences" a déclaré l'opposant Marino Collante du parti réformiste social chrétien de l'ancien Président Joaqu=ECn Balaguer qui, de son vivant, fut le puissant idélogue de l'antihaïtianisme.

Pour sa part, un autre parlementaire, José Ricardo Taveras, un allié officiel du parti au pouvoir, le parti de la libération dominicaine (PLD), a conseillé à l'administration Fernandéz de ne pas se laisser inntimider par les organisations internationales et les ONG. Quoi qu'elles disent, il faut "continuer à expulser tous les haïtiens illégaux" a martelé l'élu dominicain.

Très peu diplomate, un député ultranationaliste avait affirmé, il y deux semaines, "qu'il y a en République Dominicaine plus d'haïtiens au kilomètre carré qu'il n'y a d'argentins en Argentine et de brésiliens au Brésil". Une métaphore qui en dit long sur la haine que la seule l'évocation de la nationalité haïtienne peut susciter chez des secteurs dominicains qui, à travers l'histoire, ont toujours eu une représentation stéréotypée d'Haïti ...

Malheureusement, ces clichés n'ont jamais traduit autant que maintenant la réalité haïtienne marquée par une actualité dramatique fondée sur la haine sociale, la violence destructrice, la démesure politique et qui se décline, tous les jours, en enlèvements, assassinats, incendies et offensives armées contre la population civile.