La cheffe adjointe de l’humanitaire de l’ONU appelle à soutenir Djibouti face au changement climatique

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from UN News Service
Published on 04 Oct 2019 View Original

Au terme d'une mission de trois jours à Djibouti, la Sous-Secrétaire générale des Nations Unies aux affaires humanitaires, Ursula Mueller, a appelé vendredi la communauté internationale à prendre des mesures immédiates pour faire face à la crise climatique qui sévit dans ce pays et dans l’ensemble de la Corne de l’Afrique et à maintenir son appui à la réponse humanitaire.

Dans toute la région, les sécheresses récurrentes, la pénurie d’eau et d’autres chocs climatiques ont provoqué des niveaux élevés de malnutrition, d’épidémies, d’insécurité alimentaire et de déplacements, ce qui a entraîné une augmentation des besoins humanitaires.

« Le changement climatique est réel et j’ai pu le voir ici. J'ai vu la sécheresse généralisée et j'ai rencontré des communautés qui peuvent difficilement avoir accès à de l'eau salubre. Elles m'ont expliqué l'impact de cette situation sur leur vie. Djibouti n'a [pratiquement] pas contribué à l'urgence climatique mondiale, mais sa population en subit les conséquences au quotidien », a dénoncé Mme Mueller, qui est également Coordonnatrice adjointe des secours d’urgence.

De vastes zones de Djibouti sont exposées à des conditions climatiques extrêmes, affectant la disponibilité de l'eau et les conditions d'hygiène, augmentant le risque d'épidémies. A cela s’ajoutent des niveaux élevés de pauvreté et de chômage, ce qui fait que plus de 280.000 personnes – soit un Djiboutien sur trois - sont victimes d'insécurité alimentaire chronique.

« Les taux de malnutrition aiguë sévère sont alarmants et considérés comme une urgence selon les normes mondiales. Dans le village de Bondara, des femmes m'ont raconté qu'elles faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour nourrir la famille, mais les sécheresses fréquentes les en empêchent », a déclaré Mme Mueller.

Djibouti est une importante voie de migration

En se rendant dans le village de Bondara, touché par la sécheresse, au sud de Djibouti, Mme Mueller a rencontré un groupe de jeunes migrants de la région éthiopienne d'Oromia qui effectuait un dangereux voyage vers la péninsule arabique à la recherche d'opportunités. « C’était déchirant d’entendre une jeune femme de 20 ans affirmer que son rêve était de trouver un emploi de femme de ménage en Arabie saoudite et qu’elle risquait sa vie à la recherche de meilleures opportunités », a dit la cheffe adjointe de l’humanitaire de l’ONU.

Djibouti est une importante voie de migrations avec 400 à 600 migrants qui traversent le pays quotidiennement, fuyant l'impact des conflits, de l'instabilité et du climat rigoureux dans les pays voisins. Djibouti accueille aussi quelque 30.000 réfugiés et demandeurs d'asile et environ 100.000 migrants.

Mme Mueller a visité l'un des villages de réfugiés, à Ali Addeh, à quelques kilomètres de la frontière avec l'Ethiopie et la Somalie. Lors de sa rencontre avec des représentants de la communauté et un groupe de femmes pour en savoir plus sur leurs besoins particuliers, certaines réfugiées ont souligné la nécessité de solutions à long terme.

« Les besoins les plus fondamentaux sont satisfaits. Cependant, il existe peu de moyens de subsistance permettant aux réfugiés de devenir autonomes. Une femme a déclaré que, plutôt que de recevoir de la nourriture, elle préférerait travailler pour nourrir sa famille. Ce genre d'opportunités doit être créé », a expliqué la responsable onusienne.

Lors de sa rencontre avec le Premier ministre de Djibouti, Abdoulkader Kamil Mohamed, et plusieurs ministres, Mme Mueller a salué les initiatives prises par le gouvernement pour aider les personnes qui ont le plus besoin d’aide.

« Les efforts déployés par le gouvernement pour soutenir les réfugiés ici sont remarquables », a déclaré Mme Mueller. « Mais le gouvernement a besoin d'un soutien supplémentaire pour aider les communautés à renforcer leur résilience et à être autonomes afin que les chocs récurrents ne conduisent pas à davantage de souffrances et de crises plus coûteuses ».