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Invasion de criquets pèlerins : 500 millions de dollars pour soutenir la lutte antiacridienne, préserver la sécurité alimentaire et protéger les moyens de subsistance

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Ce financement d’urgence aidera les populations des pays touchés à faire face aux pertes causées par les ravageurs

WASHINGTON, 21 mai 2020 — Le Groupe de la Banque mondiale lance un nouveau programme de 500 millions de dollars destiné à aider les pays d’Afrique et du Moyen-Orient à lutter contre les nuées de criquets pèlerins qui menacent la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de plusieurs millions d’individus.

Approuvé aujourd’hui par le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale, le « Programme de réponse d’urgence aux invasions acridiennes » (ou ELRP selon son acronyme en anglais) s’attachera à aider rapidement les agriculteurs, éleveurs et ménages ruraux pauvres et vulnérables à surmonter l’une des pires invasions de criquets depuis des décennies. Il fournira un soutien immédiat aux ménages concernés par des dispositifs de protection sociale ciblés (transferts monétaires, notamment), tout en investissant, à moyen terme, dans le rétablissement des systèmes de production agricole et d’élevage et la restauration des moyens de subsistance dans les zones rurales des pays touchés.

Les premiers pays à bénéficier de ce programme sont Djibouti, l’Éthiopie, le Kenya et l’Ouganda, avec une enveloppe globale de financements de 160 millions de dollars.

« Les invasions de criquets pèlerins exposent à une double crise les pays qui sont également aux prises avec la pandémie de COVID-19, souligne le président du Groupe de la Banque mondiale, David Malpass. Cette urgence alimentaire, conjuguée à la pandémie et à la mise à l'arrêt des économies avancées, met encore plus en danger des populations qui figurent parmi les plus pauvres et les plus vulnérables du monde. »

L’Afrique de l’Est compte déjà 22,5 millions d’habitants en situation d’insécurité alimentaire aiguë et 10,8 millions de personnes déplacées, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies. D’après les estimations de la Banque mondiale, sans des mesures de lutte à grande échelle et coordonnées pour réduire les populations de criquets et empêcher qu’elles ne se propagent à d’autres territoires, le montant des préjudices et des pertes infligés à la production agricole et à l’élevage dans la Grande Corne de l’Afrique et au Yémen risque d’atteindre 8,5 milliards de dollars d’ici la fin de l’année. Même en mobilisant une riposte rapide et des mesures de lutte plus efficaces, les pertes pourraient se chiffrer à 2,5 milliards de dollars. C’est pourquoi le nouveau programme financera des mesures destinées à protéger les moyens de subsistance des populations pauvres et vulnérables touchées par la crise acridienne.

En plus de protéger les sources de revenus, les biens matériels et le capital humain des ménages, le programme s’attachera à leur fournir des semences et d’autres intrants pour permettre le rétablissement le plus rapide possible de la production agricole et des moyens de subsistance. Il financera également des investissements destinés à renforcer les systèmes de surveillance et d’alerte précoce pour permettre aux pays de mieux anticiper et combattre les prochaines infestations acridiennes.

Au début du mois de mai, les essaims de criquets pèlerins avaient infesté 23 pays en Afrique de l’Est, au Moyen-Orient et en Asie du Sud. Pour certains pays, il s’agit de la pire invasion acridienne depuis 70 ans. Avec des conditions de reproduction favorables jusqu’en mai, il faut s'attendre à une nouvelle vague d’essaims à la fin du mois de juin et en juillet, ce qui correspond au début des récoltes.

Le programme a été conçu en s’appuyant sur la solide expertise technique en lutte antiacridienne bâtie par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), laquelle accompagne déjà les pays touchés pour veiller à la sûreté et à l’efficacité des opérations mises en place. La Banque mondiale et la FAO renforceront leur collaboration dans le cadre de cette nouvelle initiative.

Le programme aura recours à une approche-programme à phases multiples qui permettra d’accélérer la préparation de projets similaires à l’avenir. Financé par le biais de l’Association internationale de développement (IDA), le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres, il met à la disposition des pays éligibles une enveloppe initiale de financements d’un montant de 500 millions de dollars. Du fait de son caractère modulable, il pourra être rapidement étendu à de nouveaux pays, en fonction des déplacements des ravageurs. Tous les pays qui sont admis à bénéficier des ressources de l’IDA et de la BIRD pourront solliciter une aide dans le cadre du programme.

Les premiers projets approuvés sont les suivants :

Djibouti - Un financement de 6 millions de dollars aidera le pays à renforcer son cadre réglementaire et sa capacité institutionnelle en vue d’améliorer les mécanismes de préparation, d’alerte et de lutte contre de prochaines infestations acridiennes, tout en fournissant des allocations monétaires aux ménages concernés.

Éthiopie – En plus du déploiement de mesures de surveillance et de contrôle, un financement de 63 millions de dollars permettra de distribuer des semences et des engrais à plus de 150 000 agriculteurs pour assurer les plantations de la prochaine campagne et de fournir, dans les régions pastorales, du fourrage à plus de 113 000 ménages, afin de les aider à préserver leurs actifs productifs.

Kenya - Une enveloppe de 43 millions de dollars financera le versement de subventions à environ 70 000 ménages pastoraux et à 20 000 agriculteurs pour soutenir le rétablissement rapide des systèmes de culture et d’élevage mis à mal par les criquets pèlerins.

Ouganda – Une enveloppe de 48 millions de dollars financera des mesures de surveillance et de contrôle, ainsi que des interventions destinées à protéger et restaurer les moyens de subsistance à travers des programmes d’emploi temporaire et des activités qui permettent de renforcer la résilience, en promouvant notamment la protection de l’eau et des sols, l’adoption de techniques et de pratiques agroforestières et le développement des infrastructures de commercialisation.

L’appui fourni au titre du nouveau programme s’inscrit dans la continuité d’un précédent financement d’urgence de 13,7 millions de dollars pour le Kenya et d’une réallocation de 600 000 dollars visant à aider Djibouti à faire face à la crise acridienne.

Le Groupe de la Banque mondiale, l’une des principales sources de financements et de connaissances pour les économies en développement, prend des mesures rapides et de grande envergure en vue d’aider ces pays à renforcer leur action contre la pandémie. Nous nous attachons à appuyer les interventions de santé publique et à garantir la circulation de fournitures médicales de première nécessité tout en soutenant le secteur privé pour permettre aux entreprises de poursuivre leurs activités et maintenir les emplois. Nous prévoyons d’apporter jusqu’à 160 milliards de dollars de financements au cours des 15 prochains mois, afin d’aider plus de 100 pays à protéger les populations pauvres et vulnérables, soutenir les entreprises et favoriser le redressement de l’économie. Ce montant comprend 50 milliards de dollars sous forme de nouveaux dons et crédits hautement concessionnels fournis par l’IDA.

Contacts

À Washington
Xenia Zia Morales
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xmorales@worldbankgroup.org
Jing Guo
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jguo1@worldbankgroup.org