Djibouti

Djibouti - Bulletin mensuel de suivi de prix, Djibouti Ville et les chefs-lieux des régions - Juillet 2022

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POINTS CLES

  • Saviez-vous que Djibouti importe non seulement des aliments mais aussi des chocs? En effet, en important 90% des aliments qu’il consomme (voir FSNMS), Djibouti importe aussi les chocs qui affectent ses pays fournisseurs tant au niveau régional, comme en Ethiopie, qu’au niveau mondial, comme les fluctuations engendrées par la guerre entre l’Ukraine et la Russie.

  • En effet, si l’Ethiopie subit une sécheresse, en plus de la sécheresse qui sévit déjà localement, Djibouti subit aussi la sècheresse de l’Ethiopie en important moins de bétail avec plus de maigreur et un prix de vente de 40% à 70% plus élevé qu’il y a 6 mois sur les marchés locaux. Si l’Ethiopie subit des conflits, l’approvisionnement en fruits et légumes de Djibouti est aussi perturbé engendrant des pénuries et des hausses de prix jusqu’à 14% en un mois, comme observées en Juin 2022 (Source: INSTAD).

  • Après les flambées des prix au mois de Juin 2022 dues principalement par la hausse des prix des « Tubercules et plantain » (+22% en une mois), des « Légumes frais en fruits ou racine » (+14% en un mois) et de la viande de « Bœuf » (+10% en un mois), la hausse des prix semble ralentir au mois de juillet 2022 tant dans les régions intérieures que dans la ville de Djibouti, entre autres due au retour à la quasi-normal de l’approvisionnement de ces produits venant de l’Ethiopie.

  • Toutefois, sur les trois derniers mois successifs, le taux d’inflation à Djibouti restait à 2 chiffres (11%). Ce qui fragilise beaucoup la sécurité alimentaire des ménages vulnérables particulièrement ceux qui se sont déplacés à cause de la sécheresse, ainsi que les communautés hôtes, mais aussi les pastoralistes qui ont perdu toutes leurs sources de revenu. Ces populations sont contraintes de restreindre leur consummation alimentaire à un seul aliment de base, comme la galette à base de farine de blé (cuite avec un peu d’huile et de sucre) ou le riz blanc sans accompagement car ils n’ont plus accès ni aux légumes ni au lait.

  • En ce qui concerne le panier alimentaire complet du PAM, il coûte, au mois de juillet 2022, 68% plus cher que l’an dernier à Obock notamment du fait du doublement des prix moyens des céréales comme le riz et le sorgho, et aussi de la hausse de 13% et 14% des autres produits comme les légumineuses, l’huile végétale et le sucre. Dans trois autres régions (Arta, Dikhil et Ali Sabieh), la hausse du coût du panier tourne autour de 14% et 16% à cause de la hausse du prix de l’huile végétale (+20-70%) et du prix du sucre (+67%).