DR Congo

Yohei Sasakawa, Félix Kabange Numbi et les experts de l’OMS visitent les populations autochtones de la localité de Bokatola touchées par la lèpre dans la Province de l’Equateur

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10 avril 2015 | Kinshasa (RDC). Une visite de 3 jours dans la Province de l’Equateur (7-9 avril 2015) a permis à la mission conjointe Nippon Foundation- Ministère de la Santé Publique – Organisation mondiale de la Santé d’entrer en contact direct avec les réalités des communautés autochtones d’Ingende, essentiellement celles affectées par la lèpre dans la localité de Bokatola, à plus ou moins 145 km au sud-est de Mbandaka, le Chef-lieu provincial. Mais la première étape de Mbandaka a été d’abord marquée par une visite de courtoisie rendue par la délégation au Gouverneur ad intérim de l’Equateur, M. Sébastien IMPETO dans son bureau le 7 avril 2015.

L’Ambassadeur de bonne volonté de l’OMS pour l’élimination de la lèpre a rappelé à son hôte l’importance de l’implication des autorités provinciales et l’appropriation de la lutte pour l’élimination de la lèpre dans les zones d’accès difficile de cette vaste province, dominée en grande partie par une forte hydrographie et la dense forêt équatoriale. ‘‘Nous ne pouvons que louer les efforts inlassables de M. SASAKAWA pour l’appui financier nécessaire que sa Fondation met à disposition de notre pays pour éradiquer la lèpre dans notre Province’’, a indiqué M. IMPETO. Certaines zones de santé de cette partie du Nord de la RDC telles que Basankusu, Bikoro, Ingende etc. demeurent fort touchées et notifient de façon permanente des cas de la lèpre.

Dans le Secteur pilote de Bokatola, M. SASAKAWA a rencontré, sous une pluie battante le mercredi 08 avril 2015, des lépreux de cette communauté, et a dans le même temps encouragé les autres à ne pas se retrancher dans la forêt lorsqu'ils ont été atteints par la lèpre.

Pour gagner la bataille de l’élimination de la lèpre au niveau local, vaincre la discrimination à l'endroit des lépreux et renforcer l'implication des décideurs dans cette lutte, la communication, via les médias et le plaidoyer des élus devraient être mis à contribution à tous les niveaux. Le souhait de Yohei SASAKAWA est de ‘‘voir les Députés et Sénateurs, lors de leurs vacances parlementaires, parler davantage à leurs électeurs au sujet de la lèpre, en donnant ce message simple, à savoir : la lèpre ne tue pas, elle est guérissable dès qu’on commence un traitement précoce grâce à la gratuité des médicaments'’. Une telle synergie et un tel engagement sont cruciaux pour venir à bout de cette maladie négligée, avec l'appui des médias pour une sensibilisation optimale, a-t-il encore fait remarquer.

Avant de clôturer son séjour en RDC, Yowei SASAKAWA qui était également accompagné par une équipe de producteurs de la télévision japonaise, a tenu le jeudi 9 avril un point de presse à Kinshasa, dans la salle polyvalente de l’OMS. ‘‘Nous avons besoin de vous pour transmettre ce message clé, à savoir : la lèpre est une maladie curable, et que les médicaments sont gratuits et disponibles’’, a-t-il dit devant un parterre de journalistes de Kinshasa. Selon le Président de la Nippon Foundation, ‘le soutien du gouvernement et de l’OMS ne suffit pas sans l'implication efficace des médias et le renforcement de la communication auprès de ces communautés vulnérables et parfois marginalisées’’.

Il a également rappelé ce qui apparaît comme la 'mission' de sa vie et qui s'est traduite en un engagement personnel pour l’élimination de la lèpre depuis plus de 33 ans, engagement qui lui a permis d’effectuer plus de 140 voyages dans plus de 115 pays à travers le monde, dont une trentaine en Afrique sub-saharienne. Pour la RDC, cette visite est la quatrième qu’il effectue, à l’invitation du Gouvernement, pour constater l’évolution de cette maladie dans le pays, classé cinquième au rang mondial et deuxième en Afrique après l’Ethiopie.

Le Dr KABANGE NUMBI a pour sa part réaffirmé la détermination du Gouvernement de la RDC à agir efficacement et à fournir des efforts supplémentaires en vue de lutter contre les discriminations dont sont l’objet les personnes atteintes par la lèpre, particulièrement les communautés autochtones ne vivant que de la chasse et de la cueillette. ‘‘Les efforts du Gouvernement, sous le leadership du Chef de l’Etat, seront intensifiés. Les résultats sont prometteurs : de 6.115 cas de lèpre détectés en 2008 dans notre pays, on a connu une réduction sensible qui a vu ce nombre baisser jusqu’à 3.266 cas en 2014’’, s’est félicité le Ministre congolais de la Santé Publique.

Un accompagnement vital de l'OMS

Pour sa part, le Dr Alexandre TIENDREBEOGO, Conseiller régional de l’OMS pour l’élimination de la lèpre a indiqué que l’OMS soutenait le plan d’action de 3 ans du Gouvernement de la RDC soumis à la Nippon Foundation pour un financement de l’ordre de 400.000 USD. ‘‘Notre plaidoyer est que ce plan puisse être examiné favorablement par le leader de la Sasakawa Memorial Health Foundation afin de permettre l’intensification de la lutte contre cette maladie infectieuse chronique dans certaines zones endémiques à la lèpre de l’Equateur, du Bandundu, du Katanga et de la Province Orientale’’, a-t-il indiqué.

NOTE POUR LES REDACTIONS. La lèpre est une maladie infectieuse chronique provoquée par le bacille Mycobacterium leprae, qui est acido-résistant et de forme allongée. La maladie touche principalement la peau, les nerfs périphériques, la muqueuse des voies respiratoires supérieures ainsi que les yeux. La lèpre est une maladie guérissable et un traitement précoce permet d’éviter les incapacités. La polychimiothérapie (PCT), traitement que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) met gratuitement à la disposition de tous les sujets atteints dans le monde depuis 1995, représente un moyen curatif aussi simple qu’efficace pour tous les types de lèpre.