DR Congo

Éviter les “Perpétuels Recommencements”: Défis et Opportunités Pour la Prévention Locale des Atrocités en République Démocratique du Congo

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Introduction

La violence armée persiste en République Démocratique du Congo (RDC) depuis plus de 30 ans, mais une récente augmentation de son ampleur et de sa fréquence a conduit les Nations Unies à décrire la situation comme “caractéristique des crimes contre l’humanité” et “peut-être même de génocide”.

La violence a été associée à l’héritage de conflits transfrontaliers, tels que le génocide de 1994 au Rwanda, à une histoire de conflits internes à grande échelle, telles que les deux premières guerres du Congo (1996-2003), ainsi qu’à des questions d’autorité limitée de l’État, notamment l’absence de mécanismes de justice officielle appropriés, l’absence ou l’incohérence des régimes fonciers et l’alignement du pouvoir politique et des ressources sur les considérations ethniques.

À ce jour, les efforts déployés par le gouvernement national n’ont pas permis de réduire efficacement la violence et ont intensifié l’insécurité, en grande partie en raison de la combinaison d’une faible capacité de l’État, d’un niveau élevé d’implication directe de l’État et de soutien à la violence, et de niveaux d’impunité considérables pour les acteurs engagés dans les confrontations. En l’absence d’une protection efficace des civils assurée par le gouvernement national, la majorité des activités de prévention des atrocités (et plus généralement de la violence) ont été menées par des acteurs locaux et internationaux, notamment la société civile locale, les membres de la communauté, la Mission de stabilisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUSCO) et plusieurs organisations non gouvernementales internationales (ONGI).

Cependant, malgré le rôle indispensable joué par les acteurs locaux et internationaux dans la prévention des atrocités en RDC, il existe un certain nombre de lacunes importantes, qui ont un impact sur l’efficacité du travail de prévention des atrocités au niveau local. Les acteurs locaux, tels que les organisations de la société civile (OSC) et les groupes communautaires informels, ont signalé que la faible capacité, le manque de ressources, l’absence de réseau et de coordination entre les différents acteurs sont des obstacles importants à un travail efficace dans la région. De même, il existe très peu d’informations disponibles sur la manière dont les acteurs locaux coordonnent horizontalement (à travers la société civile), et sur la manière dont les actions des acteurs locaux informent ou interagissent avec les systèmes nationaux ou internationaux de prévention des atrocités.

Par exemple, la Mission de Stabilisation de l’Organisation des Nations unies en République Démocratique du Congo (MONUSCO) est mandatée par le Conseil de sécurité des Nations unies pour protéger les civils de la violence et soutenir la stabilisation et le renforcement des institutions de l’État, mais on ne sait pas très bien dans quelle mesure ces activités sont coordonnées avec le travail des acteurs locaux - en effet, les activités de la MONUSCO ont souvent été critiquées pour fonctionner de manière isolées plutôt que de coordonner et de faciliter le développement de mécanismes locaux durables à long terme.

Ceci est particulièrement troublant étant donné le retrait attendu de la MONUSCO de la RDC, annoncé en 2019, mais qui n’a pas encore donné lieu à une stratégie claire de liaison avec la société civile locale et les acteurs gouvernementaux pour développer une transition durable des responsabilités et des ressources.7

Cette recherche aborde un certain nombre de lacunes concernant les informations disponibles sur les efforts de prévention des atrocités dans l’est de la RDC, principalement en ce qui concerne :

• L’état et la composition des efforts actuels de prévention des atrocités en Ituri, et au Nord et Sud-Kivu, y compris les acteurs clés et les moyens de coordination ;

• Les approches de prévention des atrocités considérées comme les plus efficaces par les acteurs locaux, nationaux et internationaux ;

• Les principaux défis auxquels sont confrontés les acteurs locaux, nationaux et internationaux engagés dans le travail de prévention des atrocités ;

• Les formes de soutien des acteurs régionaux et internationaux qui sont nécessaires pour améliorer les résultats actuels en matière de prévention des atrocités.

La recherche sur laquelle se fonde ce rapport a été menée dans le cadre d’un projet de trois ans (2019-2022) intitulé “Renforcement des réseaux pour prévenir et répondre à la violence”, dirigé par Peace Direct en partenariat avec Protection Approaches, Beni Peace Forum (BPF), Réseau des organisations des Jeunes en Action pour la paix, la réconciliation et le développement (REJA) et Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED). Les opinions présentées dans ce document sont celles de l’auteur ou des auteurs et ne représentent pas nécessairement les opinions de tous les partenaires du projet.

Le projet est financé par une subvention à la mémoire de Jo Cox du gouvernement Britannique (anciennement DFID) et vise à réduire le risque de violence et d’atrocités fondées sur la question de l’identité au Burundi et dans l’est de la RDC, en renforçant les réseaux de la société civile, en les aidant à surveiller la violence et à y répondre, et en fournissant aux responsables nationaux et internationaux des données et des recommandations pour une action préventive significative et exhaustive contre les atrocités