DR Congo

Violences sexuelles en RD Congo : Les Nations Unies déterminées à y mettre fin

Source
Posted
Originally published
Origin
View original
Kinshasa, 16 décembre 2009 - Dans le cadre de la lutte contre les violences sexuelles en RDC, les Nations Unies ont élaboré une Stratégie globale, intégrée comme plan d'actions prioritaires dans la Stratégie gouvernementale de lutte contre les violences sexistes. Au cours de l'année 2009, les agences de l'ONU et la MONUC ont entrepris plusieurs activités visant à prévenir et combattre les violences sexuelles.

La MONUC, dans le cadre des activités visant à renforcer la protection des civils, a élaboré une brochure qu'elle a mise à disposition des Casques bleus, tout comme ils ont reçu une formation portant notamment sur des actions concrètes à mener dans le cadre de la lutte contre les violences sexuelles. Ainsi, les Casques bleus ont mis en places diverses tactiques pour prévenir ces violences. Ces tactiques font appel notamment à la conduite de patrouilles sur les lieux de marchés, des escortes de sécurisation sur le chemin des champs, des patrouilles nocturnes et pédestres et des déploiements à des endroits stratégiques. Par exemple, à Kibua dans le Nord Kivu, environ 16 patrouilles s'effectuent tous les mois dans différents marchés.

Aussi, dans le cadre de la stratégie globale, des actions de plaidoyer, de sensibilisation des communautés et de mobilisation des masses ont été menées. Cela par le biais des représentations théâtrales, des émissions radiophoniques, des bandes dessinées, des discussions ouvertes à travers les réseaux communautaires. Grâce à cette campagne au moins 260.000 personnes ont été sensibilisées sur le phénomène.

Au Sud Kivu par exemple, le cinéma mobile a permis d'atteindre 24 communautés à Walungu et Kalehe et des réseaux communautaires ont été ainsi établis à Mwenga, Kalehe, Uvira, Fizi et Walungu.

Ce sont au total 120 réseaux communautaires qui ont été établis au cours de cette année et des formations ont été organisées en leur faveur et notamment envers les dirigeants. 326 dirigeants communautaires et religieux ont été ainsi formés en matière de prévention des violences sexuelles et du VIH/SIDA.

Dans le Nord Kivu, 581 femmes ont été formées sur les lois congolaises relatives aux violences sexuelles et sur la soumission des cas de violence à la justice. 290 autres femmes activistes l'ont été dans le domaine du plaidoyer contre le viol en RDC. Toujours dans cette province, à Mugunga, 994 femmes déplacées ont reçu une formation professionnelle qui a eu une incidence positive sur la vie de 75% d'entre elles.

Des séances de formation et d'autres formes de soutien sont organisées au profit de la police nationale dans le domaine des procédures judiciaires spécialisées en 2009, particulièrement, quatre formations organisées en faveur de 54 agents de police dans les sites pour personnes déplacées à Goma.

Côté militaire, 891 membres des FARDC, (officiers, soldats et commandants des 11 régions militaires) ont bénéficié de séances de formation tout comme les juges, les avocats et le personnel pénitentiaire. Environ 580 magistrats militaires, membres du personnel judiciaire et avocats ont bénéficié de cette formation.

Les actions de prévention ont été élargies aux centres de détention et aux prisons qui ont été réhabilitées, notamment à Kinshasa, Kananga et Kalemie, permettant ainsi la séparation effective entre détenus hommes et femmes.

Dans le cadre de la lutte contre l'impunité des auteurs de violences sexuelles, les Nations unies qui surveillent la marche de l'administration de la justice à travers les processus judiciaires, y compris le suivi des procès, travaillent en collaboration avec les autorités judiciaires compétentes et les ONG.

Ainsi, durant les deux dernières années, l'ONU a, par l'intermédiaire des autorités judiciaires et des ONG locales et par des enquêtes directes, appuyé la phase préliminaire de plus de 2.000 dossiers, et déposé plus de 1.100 plaintes auprès des juridictions compétentes, à la suite desquelles plus de 250 arrêts ont été rendus.

Sur le plan médical, plus de 19.200 victimes de violences sexuelles ont été assistées en 2009. 40 établissements médicaux ont été réhabilités et équipés, la plupart d'entre eux ayant reçu de la fourniture et matériel médicaux et de médicaments, y compris la prophylaxie post-exposition d'urgence, les soins maternels d'urgence, le traitement du IHV / SIDA. Il y a eu aussi la tenue de cliniques mobiles pour atteindre les survivant(e) s dans les zones reculées ainsi que la réparation des fistules.

En ce qui concerne, le soutien psychosocial, 19.000 victimes de violences sexuelles dont 3.900 enfants, ont été assistées par les partenaires des Nations Unies, notamment à travers le renforcement des capacités des prestataires de services et la réhabilitation et l'équipement des centres de soutien psychosocial.

L'ONU a également facilité la réintégration socio-économique des victimes dans plusieurs régions de la RDC. 300 familles dans le Masisi, 100 familles dans le site spontané de Kiwanja et 50 familles de retournés à Rutshuru, dans le Nord Kivu. Pendant les six premiers mois de 2009, 497 enfants ont été réintégrés dans les écoles locales, 955 ont été réinsérés dans leurs familles, et 2.072 ont participé à des activités de réinsertion économique.

Il faut ajouter que les projets de réinsertion sociale des ex combattants s'étendent aussi aux filles et femmes ex combattantes ou associés aux groupes armés victimes de violences sexuelles.