Victimes et activistes réagissent à la reddition du chef de guerre Bosco Ntaganda [Video]

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from Human Rights Watch
Published on 26 Mar 2013 View Original

(Goma) – Les défenseurs des droits humains congolais et les victimes d'abus qui auraient été commis par les troupes de Bosco Ntaganda ont exprimé leur soutien et leur soulagement vis-à-vis du transfert du chef rebelle à la Cour pénale internationale, dans de nouveaux clips vidéo diffusés par Human Rights Watch aujourd'hui. La Cour cherche à arrêter Ntaganda depuis sept ans. Il est recherché pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité perpétrés dans la région d'Ituri en République démocratique du Congo en 2002 et 2003.

Justine Masika Bihamba, la coordinatrice d'un réseau de femmes congolaises à Goma, en RD Congo, a fait l'objet de menaces répétées au fil des années parce qu'elle dénonçait les abus commis par les forces de Ntaganda et appelait à son arrestation.

« Je vivais l'horreur », a raconté Justine Masika Bihamba. « Mais là, Dieu merci, il va [faire face à la] justice. Ce qui me réconforte le plus est que même lorsque tu crois que tu es un seigneur, que tu es intouchable - comme [on t’appelle] "Terminator" - sache qu’un jour, la justice finira par triompher. »

Un garçon de 16 ans, qui a été enlevé sur le chemin de l'école par des troupes rebelles fidèles à Ntaganda plus tôt en mars 2013, a raconté à Human Rights Watch que Ntaganda avait personnellement autorisé la distribution d'armes et l'avait envoyé sur les lignes de front lors des récents combats rapprochés entre factions rivales du dernier groupe rebelle de Ntaganda, le M23. Dix de ses camarades d'école qui ont aussi été recrutés de force ont été tués sur les lignes de front.

Le garçon a exprimé son soulagement quant à l'arrestation de Ntaganda : « Maintenant, il ne peut plus revenir là où j'habite ni essayer de m'enlever de l'école et de m'envoyer à la guerre. »

« Les atrocités commises par les forces sous le commandement de Bosco Ntaganda ont affecté des milliers de Congolais dans l'est de la RD Congo pendant plus d'une décennie », a déclaré Ida Sawyer, chercheuse sur l'Afrique à Human Rights Watch. « Leurs voix mettent en évidence à quel point la nation a été marquée par ces abus et à quel point le procès prévu de Ntaganda est important pour ceux qui ont souffert et qui demandent justice. »

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