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Urgence complexe dans la région du Kasaï, R.D. Congo Rapport de situation No. 8 (en date du 22 juin 2017)

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Ce rapport a été produit par OCHA RD Congo en collaboration avec les partenaires au Kasaï, Kasaï Central et au Kasaï Oriental. Il couvre la période du 1 er juin (date suivant la parution du Sitrep n°7) au 22 juin 2017. La région du Kasaï fait ici référence aux provinces du Kasaï, Kasaï Central, Kasaï Oriental, ainsi que celles de la Lomami et du Sankuru.

Faits saillants

• Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, M. Stephen O’Brien a déclaré que la situation dans les Kasaï est une urgence de niveau maximal pour OCHA (Corporate Emergency).

• Le Directeur des Opérations d’OCHA, M. John Ging, s’est rendu à Kananga le 9 juin où il a rencontré les communautés affectées, les autorités et les acteurs humanitaires.

• Une enveloppe « Première Urgence » du Fonds Humanitaire RDC d’un montant de 2 millions de dollars américains a été approuvée le 22 juin par le Coordonnateur Humanitaire pour une assistance en protection et en éducation.

• 55 940 nouveaux déplacés ont été enregistrés dans la ville de Tshikapa (Province du Kasaï) depuis le dernier rapport.

• Quelque 500 filles et garçons utilisés comme combattants ou « bouclier humain » par des milices et 600 cas de violences basées sur le genre (VBG), rapportés depuis août 2016.

1,3 M
Personnes déplacées internes

140 404
Retournés

130 000
Membres des communautés hôtes/ familles

352 000
Personnes couvertes par l’assistance d’urgence en cours

30 000
Congolais ayant fui vers l’Angola

8 414
Congolais expulsés de l’Angola

Aperçu de la situation Les déplacements de populations causés par les conflits se poursuivent, avec 55 940 nouveaux déplacés internes rapportées depuis le dernier rapport de situation (Sitrep No. 7). Il s’agit de personnes enregistrées par les comités permanents des cinq communes de la ville de Tshikapa (Province du Kasaï). A cela s’ajoute d’autres alertes concernant des déplacements (notamment dans la Province du Kwilu) ou des mouvements de retour (dans la ville de Kananga), mais le suivi de ces informations est en cours. Par ailleurs, le nombre de Congolais ayant fui la région des Kasaï pour se réfugier en Angola est maintenant de 30 000 personnes7 selon le Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations Unies (UNHCR) - soit une augmentation de 6 500 personnes en moins d’un mois.

Chaque jour, les populations civiles sont victimes de graves violences perpétrées non seulement par des miliciens présumés Kamuina Nsapu mais aussi par des membres de milices ethniques. Quatre incidents graves de protection auraient ainsi été perpétrés par une milice ethnique dans la Province du Kasaï du 2 au 10 juin 2017 : le massacre présumé de la population de Kamanyenga ; le pillage des médicaments et de l’équipement du centre de santé de référence de Mulunda Tshonza (à 45 km de Tshikapa) ; la décapitation du chef de groupement Lukombo (à 85 km de Tshikapa) ; et le viol de cinq femmes sur l’axe Tshikapa-Kananga. Par ailleurs, le 10 juin, douze personnes auraient été décapitées par des présumés miliciens Kamuina Nsapu à Kalala Diboko (Territoire de Luiza) dans la Province du Kasaï Central. Selon des sources locales, la milice aurait également attaqué trois jeunes employés de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) -actuellement portés disparus- dans le Territoire de Tshilenge (Province du Kasaï Oriental).

La situation de la protection reste alarmante, avec 500 filles et garçons utilisés comme combattants ou boucliers humains par des milices. De plus, 600 cas de violences basées sur le genre (VBG) – principalement des viols – ont été rapportés depuis le début de la crise en août 2016, selon les résultats d’une mission d’évaluation du sous-cluster VBG dans les provinces du Kasaï et Kasaï Oriental (du 26 mai au 2 juin). De janvier à mai 2017, l'UNICEF et ses partenaires ont permis la libération de 474 enfants associés aux milices et détenus dans la prison de Kananga. Les enfants sont parmi les principales victimes des violences, exposés à des risques de blessures ou de décès au combat. 150 000 enfants en âge de fréquenter l'école primaire sont privés d’accès à l’éducation dans la Province Kasaï Central, suite à la destruction de 639 écoles par des attaques, selon l’UNICEF.

Malgré une accalmie sécuritaire dans plusieurs zones grâce au déploiement des Forces Armées de la RDC (FARDC) qui a permis de circonscrire le conflit, plusieurs poches de violences persistent et limitent l’accès humanitaire. Dans la Province du Kasaï Central, la situation est calme à Kananga mais volatile dans les territoires de Demba, Dibaya et Dimbelenge. Dans la Province du Kasaï, les zones instables sont notamment : l’axe de Kamonia, la frontière avec l’Angola et l’axe Kabambaye-Katoka (au nord de Tshikapa). Enfin, dans la Province du Kasaï Oriental, l’insécurité perdure dans le Territoire de Kamiji, ainsi que dans le sud des territoires de Luilu et Miabi. Depuis le 19 juin (jusqu’au 24 juin), le Conseiller spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la prévention du génocide, M. Adama Dieng, effectue une visite en RDC ; il se rendra notamment à Tshikapa et à Kananga.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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