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Urgence complexe dans la région du Kasaï, R.D. Congo Rapport de situation No. 7 (en date du 31 mai 2017)

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Ce rapport a été produit par OCHA RD Congo en collaboration avec les partenaires au Kasaï, Kasaï Central et au Kasaï Oriental. Il couvre la période du 13 mai (date suivant la parution du Sitrep n°6) au 31 mai 2017. La région des Kasaï fait ici référence aux provinces du Kasaï, Kasaï Central, Kasaï Oriental, de la Lomami et du Sankuru.

Faits saillants

  • Le Coordonnateur Humanitaire a approuvé l’allocation d’une enveloppe « Première Urgence » du Fonds Humanitaire RDC d’un montant de trois millions de dollars américains pour une assistance de trois mois dans les secteurs de la protection, de la logistique, et de la santé.

  • Les déplacements de population fuyant les violences se poursuivent, avec 11 000 nouveaux déplacés rapportés depuis le précédent rapport (12 mai), dont 8 000 dans la Province du Kasaï et 3 000 dans celle de la Lomami. La vérification est en cours pour de nombreuses autres alertes reçues concernant des déplacements.

  • L’accès humanitaire s’améliore progressivement ce qui s’est traduit dans la Province du Kasaï Central par le retour des médecins chefs de zones, l’acheminement d’intrants dans des zones jusqu’ici inaccessibles, et une levée de la suspension des mouvements sur les axes pour les agences des Nations Unies.

  • Les conditions de vie des populations dans les trois Kasaï demeurent précaires :42% des ménages enquêtés sont en insécurité alimentaire selon le Programme alimentaire mondial/ cluster sécurité alimentaire.

1,3 M Personnes déplacées internes(1)

140 404 Retournés(2)

130,000 Membres des communautés hôtes/ familles (3)

352,000 Personnes couvertes par l’assistance d’urgence en cours (4)

23,514 Congolais ayant fui vers l’Angola (5)

8,414 Congolais expulsés de l’Angola 6

1 Dans le contexte volatile de l’urgence complexe dans la région des Kasaï, les mouvements de populations sont actuellement dynamiques et complexes (avec parfois déplacements pendulaires, préventifs ou multiples). Ceci rend la distinction entre personnes déplacées et retournées présentement difficile à faire dans les Provinces du Kasaï, Kasaï Central et de la Lomami.
2 Le nombre de retournés vaut uniquement pour les provinces du Kasaï Oriental et de la Lomami où l’accalmie rapportée dans certaines zones a permis aux déplacés internes de rentrer dans leurs zones d’origine.
3 Ce nombre de membres des communautés hôtes/familles se réfère exclusivement aux zones qui ont bénéficié d’une évaluation des besoins.
4 Ces personnes bénéficient d’une assistance d’urgence dans un ou plusieurs secteurs pendant au moins les deux prochains mois. Le nombre de personnes couvertes par la réponse est estimé de manière conservatrice afin d’éviter les doubles comptages, selon la méthode utilisée dans le Plan de réponse humanitaire 2017-2019.
5 Source : UNHCR, 22 mai 2017. Voir Emergency update: https://data2.unhcr.org/en/documents/download/57042
6 Source : Rapports de monitoring de l’ONG AJID de janvier, février et mars 2017

Aperçu de la situation

Dans la région des Kasaï, les déplacements de population fuyant les violences se poursuivent avec 11 000 nouveaux déplacés rapportés depuis le 12 mai (date de publication du précèdent rapport), contre 23 000 la semaine précédente. Environ 8 000 personnes se sont déplacées dans la Province du Kasaï (Territoires d'Ilebo et de Kamonia), suite aux affrontements entre l'armée congolaise et la milice, et aux exactions commises par les groupes d'autodéfense. Dans la Province de la Lomami, environ 1 500 personnes se sont déplacées de la commune périphérique de Musadi (Territoire de Mwene-Ditu) suite à une incursion de miliciens et 1 600 autres se sont déplacées dans le Territoire de Luilu suite à des affrontements entre l'armée congolaise et la milice dans les aires de santé de Kabwe, Lubambala, Makenda et Tshilundu. Le processus de vérification est en cours pour de nombreuses autres alertes reçues concernant des déplacements de population.

L’urgence dans la région des Kasaï reste avant tout de faire face à une grave crise de protection, dont les populations civiles sont les premières victimes. Bien que les chiffres officiels ne soient pas toujours disponibles, des centaines de morts et d’incendies d’habitations ou d’infrastructures scolaires et médicales sont signalés chaque semaine par diverses sources locales. Le 23 mai 2017, par exemple, 23 civils auraient été tués par des hommes en tenue militaire dans l'enceinte du centre de santé de Kabeya Lumbu dans la Province du Kasaï (zone de santé de Kalonda ouest, Territoire de Tshikapa). Egalement dans la Province du Kasaï, selon des sources locales, un couple et ses deux enfants ont été attaqués le 22 mai par des miliciens dans le village de Senge (Territoire de Tshikapa) : les parents ont été égorgés et le bébé de six mois frappé à mort, tandis que la petite fille de huit ans a pu s’enfuir et trouver refuge dans un village voisin.

Malgré les efforts déployés par la communauté humanitaire, les conditions de vie des populations dans la les trois Kasaï demeurent précaires, avec 42% des ménages enquêtés en insécurité alimentaire selon le PAM/Cluster sécurité alimentaire 7 . Pour faire face au manque de nourriture et prolonger la durée des stocks alimentaires existants, de nombreuses familles réduisent leur ration (68% des ménages) et le nombre de leurs repas (72% des ménages). L’indice moyen de stratégie de survie- qui mesure les stratégies utilisées par les ménages pour faire face au déficit de consommation alimentaire- est passé de 8,7 à 16 dans le Kasaï Oriental entre février 2016 et mai 2017, et de 5,7 à 16,2 dans le Kasaï sur la même période. La situation pourrait se dégrader pour les ménages déplacés sans abris avec l’arrivée de la saison sèche et la baisse des températures. Certains déplacés sont aussi exposés à des risques accrus d’épidémies, comme par exemple dans la Province du Haut-Lomami où une flambée de choléra a été déclarée le 12 mai dernier dans le Territoire de Bukama.

Par ailleurs, la réponse se met en place pour les 23 514 Congolais ayant fui la région des Kasaï pour trouver refuge en Angola (Province du Lunda Norte). Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et le PAM soutiennent les autorités angolaises dans le processus d’enregistrement des demandeurs d’asile (19 135 individus ont déjà été préenregistrés). Le HCR a distribué de la nourriture (pour une durée de 14 jours) à 2 500 personnes le 20 mai 2017 et le PAM commencera l’assistance alimentaire en juin.

Concernant l’impact de l’insécurité sur la situation humanitaire, l’accès s’améliore dans la Province du Kasaï Central, une situation qui se traduit par le retour des médecins chefs de zones, l’acheminement d’intrants médicaux dans des zones jusqu’ici inaccessibles et une levée de la suspension des mouvements des agences des Nations Unies sur les axes - en vigueur depuis le meurtre en mars dernier des deux membres du groupe d’experts mandatés par le Conseil de Sécurité des Nations Unies. Des évaluations sont en cours concernant une possible levée de ces restrictions dans les provinces du Kasaï et du Kasaï Oriental. Il faut toutefois souligner que la situation sécuritaire toujours fragile dans certaines zones pourrait entrainer de nouveaux déplacements, notamment dans la zone de Mbuji-Mayi et le Territoire de Luilu.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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