DR Congo

SUD-KIVU : Les femmes leaders d’Uvira renouvellent leur confiance en la MONUSCO

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SUD-KIVU : Les femmes leaders d’Uvira renouvellent leur confiance en la MONUSCO. © MONUSCO/Jean-Tobie Okala

JEAN-TOBIE OKALA

Au cours d’une séance de travail avec les sections substantives de la MONUSCO à Uvira, dans la Province du Sud-Kivu, le 6 août dernier, une vingtaine de femmes leaders de cette région ont évalué la situation critique et préoccupante dans les territoires de Fizi, Mwenga et Uvira. Tout en reconnaissant les efforts de la MONUSCO dans la protection des civils, elles estiment que la Mission doit faire plus, afin de gagner la confiance des populations affectées.

Les femmes leaders d’Uvira notent que la récurrence des incidents de sécurité affecte la protection des civils dans les trois territoires ainsi que la cohésion sociale, le processus de mise en œuvre de la paix et les efforts de stabilisation. Elles appellent au renforcement des mécanismes liés à la protection des civils dans ces territoires.

Ces femmes politiques, défenseures des droits humains et cadres des médias, ont aussi exprimé leur préoccupation à la suite des récents incidents à Kipupu et Sange. En effet, le 16 juillet dernier, des affrontements entre deux groupes armés membres des communautés locales ont fait 15 morts, des blessés, plus de 200 portés disparus et des dégâts matériels, à Kipupu.

Le 30 juillet dernier, la base de la MONUSCO à Sange a été attaquée par une foule en colère, après qu’un soldat de l’armée congolaise, en état d’ébriété, a tiré sur plus d'une dizaine de personnes au quartier Rutanga, dans la ville de Sange.

Faire davantage pour améliorer la confiance

Les femmes leaders d’Uvira estiment que l'État devrait redoubler d'efforts pour résoudre durablement les problèmes de sécurité ainsi que les tensions intercommunautaires. Leur porte-parole, Madame Abigaël Bitondo, a reconnu la contribution de la MONUSCO au rétablissement de la paix. Cependant, elle estime qu'il faut faire davantage pour améliorer la confiance.

« Quand on vient en appui, c’est comme un étranger dans une maison. Bien que la MONUSCO peut avoir la bonne volonté de faire quelque chose, si elle est intercalée, interdite ou stoppée par le propriétaire de la maison, elle ne peut faire quoi que ce soit. C’est à nous, la population d’essayer d’analyser encore davantage ce qui se passe pour repartir les responsabilités et nous poser la question si réellement la MONUSCO ne remplit pas son mandat, ou s’il y a une force qui empêche la mission onusienne d’agir convenablement. C’est à nous de nous poser ces questions », a déclaré Abigaël Bitondo qui est aussi responsable de l’ONG « Genre Actif pour le Développement et la paix» (GAD).

Madame Furaha Mangala Jeannette partage le même point de vue. Cette actrice politique, quarantaine révolue, lance un appel à sa base politique en ces termes : « Je demanderais à notre population d’apaiser leurs émotions, de rester calme. La MONUSCO travaille dans notre intérêt. Mais il faut que notre population ait le courage de dénoncer là où il y a des malfaiteurs, des bandits, même si l’on fait un complot quelque part pour déstabiliser notre pays. Au lieu de pointer encore la MONUSCO [du doigt], il faut que la population soit prête pour dénoncer auprès des sociétés civiles et politiques. Si nous ne travaillons pas main dans la main avec la MONUSCO, nous resterons toujours dans la confusion. »

Redoubler d’efforts

Le chef du sous bureau de la MONUSCO, Ganda Abdourahamane, a rassuré les femmes quant à l’engagement de la Mission à remplir son mandat de protection des civils en appui aux forces de sécurité nationale.

« Je pense que nous allons travailler dans le sens de redoubler d’efforts, main dans la main avec les FARDC et la PNC. Présentement, nous avons une mission de la société civile sur le terrain à Sange qui est en train de travailler. Elle est composée de la société civile d’Uvira et de Bukavu. Demain, on va s’assoir ensemble, faire le debriefing et voir quelle stratégie adopter pour améliorer notre communication mais aussi pour améliorer notre service sur le terrain parce que nul n’est pas parfait », a-t-il rassuré.

Pour sa part, le chef de la section des Affaires civiles de la MONUSCO, Oi Tano Tano, a expliqué aux femmes les efforts menés par la mission onusienne et qui ont abouti, entre autres, à la signature le 13 mars 2020 d’un accord de cessez-le-feu entre groupes armés locaux et groupes d’autodéfense. La Mission a déployé entre Novembre 2019 et mars 2020, huit bases opérationnelles dans les hauts plateaux.

Parmi les grandes recommandations, les femmes leaders d’Uvira préconisent l’organisation des campagnes de sensibilisation pour renforcer la confiance et aider à améliorer les relations, la collaboration et le partage d'informations entre toutes les parties prenantes. A la MONUSCO, les participants recommandent d’appuyer l'organisation d'un atelier de résolution et d'analyse des crises pour les femmes leaders.