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Sud-Kivu : impact visible de l’appui à la prévention et atténuation des effets socioéconomiques de la Covid19 dans la ZS de Nyantende

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Bukavu, le 19 juillet 2021 (caritasdev.cd) : Un Projet d‘appui à la prévention, à l’atténuation de l’impact socio-économique et à la veille contre la pandémie de Covid19 (PRAIVEC) est en train de s’achever dans la Zone de Santé de Nyantende, en Province du Sud-Kivu. Prévu pour une durée de six mois, il est exécuté par le Bureau Diocésain des Œuvres Médicales (BDOM), grâce au financement de NORAD (la Coopération au Développement Norvégienne), via la Caritas Norvège, en partenariat avec Caritas Congo Asbl. Les bénéficiaires de ce projet sont d’abord la population de la Zone de Santé (ZS) de Nyantende, les malades souffrant de Covid19, les personnes vulnérables à l’impact socioéconomique négatif de cette pandémie, y compris le Bureau Central de ladite Zone de Santé et les Structures sanitaires.

Trois composantes avec impact visible

Interviewé par « caritasdev.cd » mardi 29 juin 2021 à son bureau, Dr Shabani Muganza, Coordonnateur médical au BDOM Bukavu et chargé des Opérations pour ce projet, a d’abord précisé l’objectif global du PRAIVEC : réduire la propagation de la Covid19 dans la Province du Sud-Kivu et son impact socioéconomique négatif sur les communautés vulnérables.

Cet objectif a-t-il été atteint, alors que le projet en est à son 6ème mois ? « Nous pouvons peut-être le dire en présentant les activités de manière spécifique et à travers les trois composantes de ce projet », a indiqué le médecin.

La communication sur les risques et engagement communautaires (CREC) est la 1ère composante. Elle vise principalement la sensibilisation de la population sur les mesures-barrière contre la Covid19. Un plaidoyer a été mené à ce propos auprès des Autorités Politico-Administratives (APA) locales afin qu’elles s’approprient les mesures de lutte. Par rapport à cela, les activités de sensibilisation ont été menées à travers des radios communautaires, affiches, calicots, panneaux publicitaires placés dans des coins chauds de la ZS ainsi que les Relais Communautaires (RECO) qui étaient chargés de distribuer les dépliants contenant les informations sur les mesures de prévention, a affirmé Dr Shabani. Une équipe d’intervention rapide a été formée et mise en place au niveau du Bureau Central de la ZS.

Par ailleurs, des kits de prévention contre les infections (PCI) communautaires et PCI cliniques ont été distribués au niveau des hôpitaux et Centres de Santé. Des hôpitaux ont été également dotés des kits de protection individuels.

La 2ème composante est en rapport avec l'appui nutritionnel. Il s’agit de la prise en charge nutritionnelle des malades souffrant de Covid19 et admis à l’Hôpital Général de Référence. « Il y en a depuis mars 2021. Jusqu’à présent, nous avons reçu pas moins de huit patients admis à l’hôpital et qui ont reçu un appui nutritionnel ; mais également leurs garde-malades et le Personnel soignant », a fait savoir le Chargé des Opérations.

C’est dans la même optique qu’un appui alimentaire a bénéficié aux personnes vulnérables : 20 ménages, notamment les vieillards, orphelins, personnes vivant avec VIH/Sida (sélectionnés).

La 3ème composante du projet a été consacrée au renforcement des capacités de production des ménages ciblés. « Là aussi, nous avons travaillé avec un groupe des mamans autour des « Shirika », entendez « Communautés Ecclésiales Vivantes de Base/CEVB », qui sont organisées dans des associations féminines. Nous continuons à travailler avec elles dans des activités maraîchères, particulièrement dans la production des légumes, légumineuses, des amarantes, etc », a souligné Dr Shabani. « Nous encadrons ces mamans dans ces activités. Dans la même optique, il est prévu d’autres activités de subsistance, notamment des AGR », a-t-il ajouté.

Pour mémoire, la Zone de Santé de Nyantende est l’une de 34 Zones de Santé de la province du Sud-Kivu. Elle est située à l’entrée sud de la ville de Bukavu. Son Bureau Central se trouve à environ 13 kms de Bukavu. Sa population est estimée à 157.000 habitants. « On l’a choisie parce que c’est parmi les ZS rurales qui ont notifié des cas de Covid19 juste au début de la déclaration de cette pandémie au Sud-Kivu. Et considérant Bukavu comme l’épicentre de la pandémie au Sud-Kivu, il était question de créer une sorte de barrière-sud pour empêcher la propagation de sa Covid19 dans le reste de la province », s’est justifié le Chargé des Opérations.

Le retard des résultats se répercute dans la prise en charge nutritionnelle des malades

En guise de défis qu’il faut continuer à relever par la sensibilisation et le plaidoyer, Dr Shabani a cité les rumeurs, la désinformation autour de la maladie de Covid19 ainsi que de la vaccination. Par ailleurs, le grand retard dans la transmission des résultats de test Covid19 se répercute dans la prise en charge nutritionnelle des malades. En effet, des échantillons prélevés au niveau de l’hôpital sont envoyés au laboratoire central pour prendre même une semaine et plus.

Les nombres des personnes vulnérables qui devraient bénéficier du projet a constitué un autre défi. Il était très délicat de sélectionner les 20 ménages vulnérables prévus par le projet, tout comme l’encadrement avec les moyens de subsistance, à cause de la misère ambiante.

Enfin, le relâchement des mesures barrière a été un autre défi à relever. « Quand le pic de la Covid19 baisse, la population commence à relâcher, à chaque vague », a déploré le médecin.

Ce dernier a alors formulé les recommandations suivantes : au bailleur de fonds et au Récipiendaire Principal, de voir comment prolonger et étendre ce projet au-delà de la ZS de Nyantende pour une autre voisine. En fait, la demande de prolongation dudit projet est même justifiée par la 3ème vague de la Covid19. En outre, Dr Shabani a recommandé à la population le respect des mesures-barrière par le renforcement de sensibilisation, dont celle pour la vaccination.

Composition des Kits

Parmi les dotations faites, les Structures ont bénéficié des kits de Prévention Contre les Infections (PCI Clinique et PCI communautaire) : kits de lavage des mains, tenues contenant des masques, visières, savons liquides, solutions hydro-alcoolique, …

Les patients Covid19 ont bénéficié quant à eux des kits alimentaires composés du sucre, du riz, du haricot, du savon, et de l’huile végétale. Le même kit était distribué aux communautés vulnérables ciblées.

« Quant aux activités de subsistance, nous avons donné des kits aratoires et de semences aux ménages, tout en les encadrant dans ces activités de maraichage dans les marées où l’on peut avoir des productions tous les deux mois », a conclu Dr Shabani Muganza. Ce dernier a remercié NORAD, via la Caritas Norvège et Caritas Congo Asbl, pour l’appui financier à ce « projet qui tombe à point nommé au moment où la Covid19 fait rage dans notre pays et au Sud-Kivu ».

Il a aussi exprimé sa gratitude au Directeur du BDOM Bukavu et à la population à qui il a demandé de continuer à respecter les gestes-barrière.

Parties prenantes

Les parties prenantes à ce projet sont le BDOM Bukavu, qui a bénéficié du financement de la coopération norvégienne (NORAD) à travers la Caritas Norvège et son partenaire la Caritas Congo Asbl, les formations sanitaires et le bureau central de la ZS de Nyantende, les APA locales, les RECO, les associations féminines organisées des « Shirika » de la paroisse de Nyantende, entendez « Communautés Ecclésiales Vivantes de Base/CEVB ».

Guy-Marin Kamandji