Sud-Kivu : des communautés ethniques locales condamnent les violences dans les territoires de Fizi et Uvira

FISTON NGOMA

Uvira, le 15 novembre 2019 – Sous la facilitation de la MONUSCO et de l’ONG Alert International, les communautés ethniques d’Uvira ont pris part à une rencontre le 14 novembre dans ce territoire. Les participants ont dénoncé, à l’unanimité, la persistance des violences et de messages d’incitation à la haine.

Plus de quarante personnes représentant les communautés ethniques Babembe, Bafuliiru, Banyamulenge, Banyindu, Bavira, Babwari et Barundi ont participé à cette rencontre organisée au quartier général de la MONUSCO Uvira. Les discussions ont porté sur la problématique des conflits armés interethniques dans les moyens et hauts plateaux d’Uvira, de Fizi et Itombwe, ainsi que leurs conséquences négatives sur les autres entités, dont la ville d’uvira.

« C’était une occasion pour ces communautés locales de s’exprimer sur les valeurs de paix, de concorde et de convivialité qui les ont longtemps caractérisés dans la région », a déclaré le coordonnateur de la Section des Affaires civiles de la MONUSCO Uvira, Tano Oi Tano.

Dans le communiqué final de la rencontre, ces communautés condamnent « avec la dernière énergie toutes les violences commises avec cruauté, d’où qu’elles viennent, dans la zone et tous les messages de haine distillés à travers les réseaux sociaux et les médias tant nationaux qu’étranger ».

A cet effet, insiste-t-elles, «nous invitons les membres de toutes les communautés habitant la zone à résister à toutes sortes de manipulations politiques en dénonçant tout acte de violence, quel que soit son auteur, à cultiver l’esprit de solidarité, d’hospitalité, de pardon, de réconciliation et d’acceptation mutuelle en vue du rétablissement de la paix. »

Plusieurs recommandations spécifiques contenues dans ce communiqué final ont été adressées à la diaspora, aux groupes armés, aux services de sécurité nationale, aux acteurs politiques, au gouvernement congolais, à la MONUSCO et aux pays de la région des Grands lacs.

La MONUSCO, par exemple, est priée de renforcer l’accompagnement du gouvernement congolais et la Protection des civils dans la zone de conflits.

Aux Etats de la région, il est demandé de respecter scrupuleusement leurs engagements pris à travers l’accord-cadre d’Addis-Abeba de 2013 et les accords subséquents relatifs à la paix dans la sous-région.

Le Représentant spécial adjoint par Intérim de la MONUSCO, chargé de la Protection et des Operations, Francois Grignon, a récemment déploré la détérioration significative de la situation dans les territoires de Fizi et Uvira.

« Les milices communautaires et groupes armés y ont commis à nouveau des crimes graves : des chefs coutumiers ont été assassinés, et des destructions importantes et vols de bétail ont été perpétrés’’, a-t-il déclaré au cours de conférence de presse de la MONUSCO du 13 novembre 2019.

M. Grignon a aussi jugé ‘’inacceptables’’ le retour des discours de haine dans certains médias et sur les médias sociaux contre les communautés Banyamulenge.

La MONUSCO a renforcé sa présence sur les hauts plateaux pour exercer un rôle dissuasif. Elle a aussi appelé à un renfort rapide de la présence et des moyens des Forces armées congolaises pour reprendre rapidement le contrôle de la situation.