DR Congo

Stabilisation : relance des travaux de la route Burhale-Shabunda au Sud-Kivu

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Martin Kobler et le Gouverneur du Sud Kivu, Marcellin Cishambo ont lancé le 25 avril 2014 à Shabunda la reprise des travaux de réhabilitation de la route Burhale-Shabunda, longue d’environ 304 km, financés depuis 2009 dans le cadre de la Stratégie Internationale de Soutien à la Sécurité et la Stabilité de l’Est de la RDC (I4S).

Après plus de 15 ans de blocage pour raison de manque d’entretien suite à la guerre et d’insécurité la réouverture de la route Burhale-Shabunda a été effective en décembre 2010 grâce aux efforts conjoints de l’UNOPS, qui met en œuvre le projet, des ingénieurs militaires et des escortes de la MONUSCO ainsi que de l’Office des Routes. Le Bureau des Nations unies pour les services d'appui aux projets (UNOPS) travaille avec des sociétés congolaises; ce qui a permis de créer plus de 440 000 journées de travail rémunéré pour les communautés riveraines de la route. Les 45 premiers kilomètres de route ont été remis en 2012 à l’Etat congolais qui depuis en assure l’entretien courant. Cette première phase a été financée pour un montant d’environ 9,7 millions de dollars par le Royaume-Uni dans le cadre du programme ISSSS/STAREC pour stabiliser l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC).

La seconde phase d’amélioration, démarrée en mai 2012 et toujours financée par le Royaume-Uni été régulièrement perturbées puis finalement interrompue par les activités des groupes armés notamment les Raïa Mukombozi de Daniel Meshe. Ce groupe armé sévit dans le territoire de Shabunda, dont le chef lieu est situé à environ 360 km à l’Ouest de Bukavu. Il est considéré comme une milice rivale à celle de Raïa Mutomboki, elle aussi présente dans la zone du projet, dans le territoire de Shabunda.

Avec plus d’une quinzaine de barrières érigées par les différents groupes armés de la zone, notamment entre Culwe et Kigulube long de 84 km, un piéton paye au moins 11000 francs congolais (environ 12 dollars US) avant de les franchir.

Aussi, les camions de l’Office des routes (l’Office des Routes est l’ingénieur Conseil du Gouvernement pour toutes les questions relatives aux routes d’intérêt général en République Démocratique du Congo) contracté par l’UNOPS étaient régulièrement réquisitionnés avec les chauffeurs pour déplacer les rebelles d’un site minier à l’autre et pour d’autres fins.

Le chef rebelle Daniel Meshe décide en juillet 2013 d’arrêter les travaux mécanisés en confisquant les engins de l’Office des routes avant de demander à rencontrer le représentant de l’UNOPS, du Royaume-Uni, de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en RDC (MONUSCO), ISSSS etc. pour discuter de la qualité de la route qu’il veut voir « bétonnée » et de son implication dans la gestion des financements.

En plus de cela, le territoire de Shabunda est enclavé et est approvisionné, en tout, par voie aérienne.

Malgré plusieurs rencontres et négociations soutenues par les autorités locales, les travaux mécanisés sont restés bloqués jusqu’en décembre 2013.

L’arrêt des travaux de désenclavement du territoire par route a freiné le projet, dégradé la route et abimé l’état des engins réquisitionnés, touchant donc très négativement toute la population.

Daniel Meshe, décide de rendre les clefs des engins de l’Office des routes affectés au programme ISSSS/STAREC aux autorités locales. Le chef rebelle avait décidé de renoncer à la rébellion. Il s’est donc rendu en novembre 2013 aux Forces armées de la RDC (FARDC).

Il faut souligner que depuis la défaite fin octobre 2013 de la rébellion du M23, des annonces de reddition se sont multipliées à l’Est de la RDC. Daniel Meshe avait aussi annoncé sa reddition dans les médias. «Ce succès militaire consacre la fin de l’agression humiliante de la RDC à partir de certains pays voisins », a déclaré Daniel Meshe le leader de Raïa Mukombozi. Il affirme que sa milice veut à présent participer à la reconstruction nationale et à la consolidation de la paix en RDC par la voie démocratique. «Nous déposons les armes et nous nous mettons à la disposition du gouvernent selon les modalités requises en la matière notamment la démobilisation, la réintégration et la réinsertion sociale», avait-il affirmé.

C’est ainsi que comme l’a si bien dit Martin Kobler dans son allocution pour relancer les travaux, « il faut déposer les armes pour prendre la route de la paix, la route du développement de Shabunda ».

La phase qui reprend est donc un pas vers la vie et le développement comme le confirment aussi l’Adjoint à l’Administrateur du territoire et des membres de la société civile. Le budget du projet est de à 10,7millions de dollars. Il servira à améliorer la qualité de la chaussée sur 253 km et renforcer la qualité des ouvrages construits pour la réouverture en urgence en 2010. La deuxième phase du projet nécessite de construire 65 ponts dont trois métalliques, à d’en réhabiliter deux, de construire 89 passages busés, 800 mètres linéaires de fossés ainsi que 377 mètres linéaires de mur de soutènement, mais permettra également d’assurer la maintenance et la gestion des impacts environnementaux et sociaux.

Les travaux seront en partie mécanisés mais utiliseront des méthodes de Haute Intensité de Main d'Œuvre (HIMO) permettant de travailler avec les communautés riveraines de la route, avec une attention particulière aux femmes (avec 30% des recrutées), aux groupes vulnérables et les démobilisés régulièrement enregistrés (représenteront 20%) pour une inclusion sociale afin de s’assurer que les bénéfices du projet atteignent toutes les couches de la communauté. L’UNOPS, l’Administration du Territoire de Shabunda et le président de la société civile locale ont mis sur pied un comité pour sélectionner les ouvriers y compris les ex-combattants afin de s’assurer de l’atteinte de ces objectifs sociaux.

Le projet a aussi pour objectif d’identifier et d’atténuer les externalités négatives dues aux travaux. Il prend en compte notamment la sensibilisation sur la sécurité au travail, la sensibilisation sur le VIH/Sida, la sensibilisation sur la sécurité routière et fait la promotion de la protection de l’environnement etc.

Pour rappel, en juin 2009 le gouvernement congolais a lancé le programme de stabilisation et de reconstruction des zones sortant des conflits armés, dénommé « STAREC », qui est l’expression de sa volonté de poursuivre le chemin engagé à travers le Programme Amani. Le plan a pour objectif principal la stabilisation de l’Est de la RDC, et ce, en améliorant l’environnement sécuritaire, en restaurant de l’autorité de l’Etat dans les zones autrefois contrôlées par les groupes armés, en facilitant le retour et la réintégration des personnes déplacées et réfugiées, et enfin en accélérant la relance des activités économiques.

C’est dans le souci d’appuyer le gouvernement de la RDC dans son programme de Stabilisation que la Monusco à travers le Bureau du Coordinateur Résident Adjoint a mis en place l’ISSSS qui est financé par différents bailleurs. L’I4S a été mis en place à travers l’Unité d’Appui à la Stabilisation, qui coordonne, suit et évalue la mise en œuvre des projets en collaboration avec toutes les agences du système onusien, et les partenaires internationaux, dans l’exécution des projets.