DR Congo

Situation humanitaire en RDC (Province orientale) - Rapport hebdomadaire du 14 au 20 octobre 2008

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I. CONTEXTE

Les faits saillants en matière de sécurité en Province Orientale

District du Haut-Uélé

L'offensive de la LRA sur Bangadi s'est concrétisée : L'attaque de Bangadi a été confirmée, le lundi 20 octobre, par diverses sources. D'après un leader d'un groupe religieux de Bangadi, le groupe d'autodéfense aurait réagi en tendant une embuscade aux miliciens et 27 d'entre-eux auraient été tués. Les LRA, à leur tour, ont tué plusieurs personnes dont un professeur, un agronome, une pharmacienne, le gérant du projet artisanal et bien d'autres personnes non encore identifiées. D'après la même source, les éléments LRA auraient déclaré que leur prochaine cible serait la localité de Doruma. Selon le Médecin Chef de District du Haut-Uélé, l'hôpital de Bangadi aurait été pillé mais on est sans nouvelle des malades qui étaient internés au moment de l'attaque. Par ailleurs, l'Administrateur du territoire a fait part de sa déception au commandant des FARDC à cause de la lenteur du déploiement des FARDC dans cette localité.

Les responsables du Parc National de la Garamba ont rapporté, le lundi 20 octobre, à l'Administrateur du territoire qu'un mouvement suspect d'hommes en uniforme non autrement identifiés a été signalé, le week-end dernier, du côté de la localité de Sambia (140 km E de Dungu).

District d'Ituri

Territoires d'Irumu et d'Aru

Fin de la prise en otage de l'équipe médicale de Nyakunde par les miliciens : 14 personnes (dont une femme japonaise médecin, 2 médecins congolais, 5 infirmiers, 5 malades et un représentant de l'autorité locale) qui avaient été pris en otage par les miliciens du Front Populaire pour la Justice au Congo (FPJC), lors de l'attaque sur Nyakunde et Marabo, ont été libérés et évacués le 16/10 sur Bunia avec l'aide de la MONUC. Consécutivement à l'attaque sur Nyakunde, les populations se sont déplacées vers Sota, Badiya, Mambasa et d'autres personnes ont trouvé refuge dans le camp de la MONUC à Marabo. Au niveau de l'hôpital de Nyakundé, les miliciens ont emporté une grande partie des médicaments, et 4000$. Ils ont repris en otage une dizaine de personnes y compris le chauffeur du centre médical de Nyakunde avec son véhicule.

Réactivation des miliciens : Selon UNDSS, les services de renseignements militaires congolais ont confirmé la présence de miliciens en territoire d'Aru. Des informations font état de l'existence d'un camp d'entraînement à Pamodo (localité ougandaise située à 10 km de la frontière congolo-ougandaise). Ce groupe de miliciens constitué d'environ 200 éléments (originaires de Ariwara, Ingbokolo et Aru centre) serait commandé par 5 ex-officiers FAPC.

Au sujet des miliciens, un missionnaire catholique a également fait état de la présence à Djugu de Bosco Ntaganda. Actuel collaborateur du général déchu, Nkunda, au Nord-Kivu au sein du CNDP et ancien officier de l'Union des Patriotes Congolais (UPC), Bosco serait venu faire du recrutement et entraîner des miliciens.

Retrait des miliciens après plusieurs combats :Des affrontements entre les miliciens FPJC et les FARDC ont été signalés au courant de la semaine écoulée, aux environs de Aveba, Bavi, Ozoba (les miliciens ont été dispersés), Tobotobo aux environs de Marabo. De plus, la MONUC a annoncé avoir aperçu des miliciens FPJC en train de se retirer de Bavi (70 km au sud de Bunia) De l'avis de la MONUC, ce retrait serait consécutif à la diminution des munitions à la suite de plusieurs affrontements. En plus les miliciens chercheraient à se regrouper et à se ravitailler. Des blessés ainsi que deux médecins congolais ont été signalés dans les rangs des miliciens mais on ne sait pas si ce sont des otages ou des personnes travaillant pour le compte des miliciens.

Les miliciens continuent d'avoir à ce jour la maîtrise de Songolo, Tcheyi, Bunga, Beto et une partie de Medu, au sud du territoire d'Irumu, reconnaît un officier des renseignements des FARDC cité par UNDSS. De plus, la localité de Nyakunde (48 km au sud de Bunia) demeurerait encore sous contrôle des miliciens. Ces derniers ont pillé certaines maisons, boutiques,...

Les taximen candidats à l'adhésion au FPJC retournent à Bunia : le Commissaire de District d'Ituri et les FARDC ont confirmé le retour sur Bunia d'un grand nombre de taximen en provenance du territoire d'Irumu. Ces taximen étaient partis rejoindre la milice nouvellement formée, FPJC. On ne connaît pas encore les mobiles de leur retour.

La prison centrale de Bunia regorge présentement 720 détenus. Il a été suggéré au niveau de JOC l'idée de pouvoir proposer un projet portant sur l'identification d'un bâtiment ou la construction d'une nouvelle infrastructure pour y transférer les détenus ayant été jugés. Ce projet serait à soumettre à l'Union Européenne.

Territoires de Djugu et de Mahagi

La panique gagne la population de Fataki et Mahagi : les habitants de Fataki vivent dans la crainte à cause d'affrontements entre les FARDC et les miliciens de FPJC dans le sud du territoire d'Irumu. Cette population est également inquiète en raison des rumeurs au sujet de la présence des infiltrés dans le territoire de Djugu, du recrutement de miliciens en cours, ainsi que de la présence de camps d'entraînements de miliciens dont à Berunda et Blukwa mais aussi en Ouganda. Au niveau de Mahagi, des rumeurs sur l'entrée imminente des ougandais, l'arrestation par les services de renseignements de quelques présumés suspects et à la situation actuelle dans le territoire d'Irumu ont crée une psychose générale au sein de la population.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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