DR Congo

Situation humanitaire en RDC (Province orientale) - Rapport hebdomadaire du 07 au 13 oct. 2008

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I. CONTEXTE

Les faits saillants en matière de sécurité en Province Orientale

Ituri

La population de Bunia inquiète suite à l'attaque sur Lengabu par les miliciens le 10 octobre : La ville de Bunia a été paralysée le 10 octobre suite à l'attaque par un groupe d'environs 50 miliciens du Front Populaire pour la Justice au Congo (FPJC) sur le village de Lengabu (8 km S Bunia). Le village s'est vidé de sa population qui a pris fuite en brousse alors que d'autres déplacés se sont dirigés vers Dele et Bunia. A Bunia les rumeurs d'une attaque sur la ville même ont crée une panique : les enseignants ont libéré les élèves, les marchés se sont fermés brusquement tandis que les populations fuyaient dans toutes les directions avec leurs bagages. Le calme est revenu dans la ville en soirée une fois que la population a appris que les miliciens avaient été délogés par les FARDC avec l'appui de la MONUC.

De sources humanitaires et FARDC, les miliciens qui se sont divisés en plusieurs petits groupes auraient pillé 447 vaches. Les miliciens auraient également tué un éleveur dont le corps a été trouvé le lendemain. D'après le chef de la localité de Lengabu et quelques responsables des éleveurs, une représentation des éleveurs est allée négocier avec les miliciens qui ont remis 173 vaches à leurs propriétaires.

Le village de Kombokabo attaqué, pillé et incendié par les miliciens : De source MONUC, le 8 octobre, le village de Kombokabo (25 km S Bunia sur l'axe Bunia-Marabo) a été attaqué par le FPJC obligeant la population et les FARDC de se retirer sans résistance. Les miliciens on quitté le village le lendemain après avoir pillé et incendié quelques huttes.

Un véhicule commercial brûlé par les miliciens de FPJC au carrefour de Medu-Bunia : le 9 octobre, un véhicule commercial en provenance de Beni transportant passagers et marchandises a été attaqué entre le carrefour de Medu et Bunia (19 km E Marabo) et par la suite incendié par les miliciens. Les passagers se sont réfugiés au près de la base MONUC à quelques 400 mètres de la ville de Marabo. Il n'y a eu aucune perte en vie humaine.

D'autres miliciens commencent à refaire surface en territoire de Djugu : le 10 octobre, vers 19 heures à Largu, environ 45 km au S-E de Fataki, des inconnus ont tiré 7 balles semant ainsi la panique dans la population qui a passé la nuit en brousse pour revenir le matin ; le 11 octobre vers 16 h., aux environs de la rivière Avidha, 7 km de Fataki vers Djugu, 3 miliciens ont soutiré 180 $ à un enseignant l'E.P Lilo de Bhasa ; le 12 octobre, des miliciens auraient été aperçus dans la localité de Arr (4 km S-E de Fataki) causant ainsi la peur dans la population de Bule ; un des chefs d'équipes de cantonniers travaillant pour le compte de AAA, arrêté à la position de la PNC de Ala (15 km E de Fataki), a été libéré de force par un groupe de jeunes gens qui sont repartis en brousse avec le concerné, qui est un ancien commandant de miliciens.

Rumeurs persistantes au sujet de camps d'entraînement de miliciens : de source locale, des camps d'entraînement de miliciens auraient été mis sur pied en territoire de Djugu dans les localites suivantes : Berunda (65 km S-O DJalasiga), Dala (17 km N-E Mongbwalu), Karombo (20 km N-E Fataki); et dans la localité d'Ombatsi (Ouganda) à la frontière avec le territoire d'Aru.

District du Haut-Uele

Les militaires FARDC se déploient dans la ville de Dungu : L'Administrateur du territoire de Dungu a annoncé le début effectif du déploiement d'une compagnie des FARDC à travers la ville de Dungu, depuis le 12 octobre. Cette présence de militaires vise à sécuriser la ville dans un rayon de 15 km. Par ailleurs, il est prévu, à partir du 13 octobre, la poursuite du déploiement sur les autres axes, notamment à Ngilima, Bangadi, Gangala (75 km E Dungu) et Duru (90 km N Dungu). Toutefois, l'AT a signalé l'absence de camions des FARDC pour acheminer les troupes. Selon le commandant des FARDC, des militaires seront déployés dès le 15 octobre à Bangadi.

Le Commandant FARDC rassure les populations de leur sécurité : Le commandant de Brigade FARDC s'est entretenu le 10 octobre avec tous les chefs de groupements dont les localités sont affectées par les attaques de LRA. Il leur a assuré que tout sera rapidement remis en ordre. De plus, le commandant a sollicité leur étroite collaboration, en termes de renseignements, pour la bonne coordination des opérations militaires. Au terme de la réunion, le commandant a remis des vélos à tous les chefs de groupements.

Selon le commandant de brigade FARDC de Kiliwa, les éléments de LRA ont été signalés, le 10 octobre, à Nduga (35 km de Dungu), village situé entre Limayi (25 km de Dungu) et Kiliwa (45 km de Dungu). D'après ce responsable militaire, ces combattants n'ont pas commis d'exactions. On suppose qu'ils seraient en train d'espionner les positions des FARDC.

Un groupe autodéfense s'attaque aux policiers de la PNC à Bangadi : La Police Nationale Congolaise (PNC) a rapporté que le 8 octobre, que des membres d'un groupe d'autodéfense de Bangadi (125 km NO Dungu) a torturé et réussi à ravir 4 fusils au commandant de la PNC et à ses 3 éléments vers 5 heures du matin. Les éléments de la PNC ont eu la vie sauve grâce à l'intervention du président de la société civile, qui a également obtenu la restitution de 4 fusils. Le chef du groupement, qui patronne ce groupe d'autodéfense de 120 jeunes, n'a pas approuvé l'interposition du président de la société civile et s'en est violement pris à lui : celui-ci a dû recourir à son arme 375 (fusil spécialisé dans l'abattage des éléphants) et à ses partisans pour échapper au courroux du chef du groupement. D'autre part, un voyageur, venu de Bangadi, a rapporté que des éléments de Sudan People Liberation Army (SPLA) auraient demandé aux populations congolaises désirant combattre les LRA, de venir au Sud-Soudan pour se procurer des armes. Selon plusieurs sources, certaines personnes de Bangadi, favorables à cette idée, seraient déjà parties au Sud Soudan ; d'autre part, il a été rapporté que les jeunes du groupe d'autodéfense de Bangadi s'approvisionneraient en armes auprès de SPLA. Au regard de l'anarchie créée par le phénomène des groupes d'autodéfense, l'AT a vivement recommandé le déploiement rapide des FARDC à Bangadi pour éviter tout dérapage, sinon l'intervention des humanitaires ne pourra pas se faire dans un tel climat d'insécurité. Il convient de noter que MSF entend s'y rendre pour assister des déplacés se trouvant dans un site à Bangadi.

II. ACTUALITES HUMANITAIRES

1. Activités humanitaires de la semaine

a) Santé

Medair assure les soins médicaux gratuits aux déplacés de Dungu depuis plus d'une semaine.

Le projet PNMLS validé : Une équipe de PNMLS PO (Coordonnateur Provincial, Coordonnateurs des districts de Tshopo, Bas-Uele et Haut-Uele) est retournée à Kisangani après une mission de service de 2 semaines à Kinshasa pour participer à la revue mi-parcours du projet MAP/Banque Mondiale piloté par le PNMLS depuis 2005. Tous les partenaires nationaux et internationaux présents sont d'accord que le projet continue.

Le PNMLS a tenu un atelier de ''Consensus'' à Makiso (Kisangani) pour analyser les analyses et commentaires des lecteurs du Rapport préliminaire de l'analyse de situation de l'épidémie du VIH. Cette analyse de situation sera suivie de l'analyse de la réponse; toutes les deux démarches s'inscrivant dans le processus de l'élaboration du Plan stratégique national de lutte contre le VIH/SIDA qui doit être promulgué par le Chef de l'Etat d'ici décembre 2008.

La préparation de la campagne coordonnée de prévention sous le leadership du PNMLS: le lancement va se faire à Kisangani avec des invités de marque dont le Directeur exécutif de l'ONUSIDA, M. Peter Piot le 28 novembre 2008.

b) Vivres

Solidarités compte distribuer au moins 350 kg de PB5 dans 3 ou 4 centres de santé de Dungu en fonction de deux critères : la sécurité du centre (minimiser les risques de pillage) et le fait qu'un nombre important de déplacés y soient soignés.

Caritas-Bunia a annoncé qu'elle est en train d'identifier et enregistrer les déplacés récents de Lengabu, Dele, entre autres, en prévision d'une assistance humanitaire d'ici la semaine prochaine.

LWF, partenaire du PAM, avait commencé une distribution de vivres (ration d'une semaine) à plus d'un millier de familles déplacées de Kotoni (18 km S Bunia), mais elle a été perturbée par les attaques sur Lengabu la semaine passée. Le PAM, à travers ses partenaires compte faire une distribution à tous les bénéficiaires ciblés de Kotoni d'ici peu si les conditions sécuritaires la permettent.

c) NFIs

UNICEF compte distribuer à travers son partenaire Solidarités/RRM, 1500 kits complets de biens non alimentaire aux déplacés de Dungu dans une semaine.

d) Watsan

Solidarités planifie la réparation du captage central de Dungu (quartiers de Bamukandi/Ngilima) et de son adduction d'eau afin de permettre une distribution d'eau potable dans trois aires de puisage en cas d'arrivée massive de déplacés sur Dungu.

e) Protection

La situation décrite par les populations déplacées de Dungu est sans équivoque quant à la violence des attaques et au massacre d'une partie de la population. Selon un chef de groupement, une centaine de personnes d'un des villages auraient tous été tuées à l'exception d'une seule personne. Les déplacés confirment avoir vu de nombreuses personnes tuées dans leur localité lors de l'attaque au moment des attaques de miliciens. Le nombre de morts pourrait être plus important qu'annoncé.

Selon des sources humanitaires, beaucoup de personnes font témoignage de tortures dont ils ont été victimes de la part des rebelles LRA. Des chefs coutumiers ont également été visés par ces tortures, enlèvements, homicides, entre autres. Il y a nécessité d'une intervention psycho-médicale.

2. Mouvements de population

Selon la responsable de l'équipe de Solidarités/RRM, en mission d'évaluation rapide, les premières conclusions font état de 1000 à 1200 ménages déplacés (soit 5000 à 6000 personnes) qui seraient dans la ville de Dungu. D'après Solidarités, la grande majorité des déplacés sont arrivés sans effets personnels. La quasi-totalité des points d'eau de Dungu sont contaminés (taux de 35 à 350 coliformes pour 100 ml d'eau) et pourtant les sources aménagées ne sont absolument pas entretenues. On s'attend à des risques d'épidémies en cas de concentration de population encore plus importante de déplacés à Dungu.

Solidarités/RRM estime la population déplacée présente à Kotoni à environ 862 familles : ces déplacés proviennent notamment de la localité de Sona (territoire d'Irumu) et de l'axe Bogoro-Kagaba. Cependant, les chiffres avancés par le comité de déplacés s'élève à environ 1897 ménages. On aura plus de précision sur l'effectif des déplacés une fois que l'enregistrement en cours est terminé.

III. COORDINATION

OCHA/Dungu se réunira, demain mardi 14 octobre, avec les autorités administratives, la société civile, et les humanitaires en vue de demander aux autorités qu'elles identifient 2 ou 3 endroits qui pourraient éventuellement servir de sites de déplacés à Dungu au cas o=F9 : ces sites pourront alors être évalués plus tard par un partenaire du HCR.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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