DR Congo

Situation humanitaire en RDC décembre 2005

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Contexte humanitaire général

Les déplacements des populations se sont intensifiés durant le mois de Décembre. En effet, les opérations militaires de pacification lancées par l'armée nationale (FARDC) avec l'appui logistique de la MONUC dans les deux Kivu et l'Ituri et l'activisme des hommes armés en sont les principales causes.

- dans la province du Katanga, la situation humanitaire est demeurée préoccupante en raison des opérations militaires des FARDC contre les Mayi-Mayi dans le territoire de Pweto et l'activisme d'autres groupes Mayi-Mayi dans le Parc Upemba. Selon des sources humanitaires, cette situation a provoqué le déplacement d'au moins 39.000 personnes dans le Nord et le centre de la province. Ces populations déplacées s'ajoutent aux 72.000 déplacées antérieurement. Selon les mêmes sources, la situation humanitaire reste complexe dans plusieurs autres zones où le nombre et les conditions de vie des déplacés demeurent mal connus en raison des difficultés d'accès physique et des conditions sécuritaires.

- Au Nord Kivu, les FARDC ont lance des opérations militaires contre les milices ADF/NALU afin de les pousser au désarmement et au rapatriement volontaire en Ouganda. La poursuite de ces offensives a causé un déplacement massif des populations du Nord-Est du territoire de Béni à l'Est de Eringeti. Le nombre de personnes déplacées recensées par les humanitaires sur l'axe Oicha-Eringeti s'élève à 20.840 personnes. La majorité de ces déplacés vivent dans des bâtiments publics (église, école) et quelques 20 % ont trouvé refuge dans des familles d'accueil.

- Dans le district du Tanganyika, environ 950 familles avaient fui les combats entre Mayi-Mayi et FARDC à Kakuyu et ses environs et se sont réfugiés dans plusieurs villages à Kabalo et 300 autres dans le territoire de Kongolo.

- En Ituri, alors que les déplacés de Kagaba ont commencé à retourner dans leurs villages d'origine, d'intenses affrontements entre FARDC et milices FRPI et MRC à Kudikoka en territoire de Mahagi ont fait fuir les populations vers Pono, Bogi et en Ouganda.

- Au Sud Kivu : les combats engagés par les FARDC pour la reprise des zones jadis sous contrôle des FDLR dans les Hauts plateaux de Kalehe ont causé de mouvements de populations. Plusieurs familles fuyant les combats se sont réfugiées dans les localités de Kigoma, Karasi, Bulambika et Numbi. Les FARDC ayant repris le contrôle de certaines localités se sont investis dans le pillage systématique des maisons et des champs. Fuyant ces pillages, les habitants des villages situés sur l'axe Lugushwa-Itutu se sont enfuis vers Itutu-centre et dans la plaine de Ruzizi où 500 IDP ont été recencés.

Des mouvements de retour de populations dans leurs lieux d'origine ont été enregistrés : En Ituri : 965 retournés en provenance de l'Ouganda sont arrivés à Nohavo ; 150 ménages à Kagaba - malgré la sécurité demeurée précaire à cause des exactions des FARDC sur les populations - et 6.430 ménages dans les collectivités de Boga. Au Sud-Kivu, 5.878 réfugiés congolais de Tanzanie sont revenus à Baraka grâce à l'appui du HCR.

La persistance des conflits ethniques au Soudan a provoqué des mouvements des populations de ce pays vers la RDC. Le nombre de réfugiés soudanais s'est ainsi accru jusqu'à 3.000 à Doruma dans la Province Orientale pendant les moments forts de la crise dans leur pays d'origine. En fin décembre, ils étaient encore 845 au village Bangalo.

A la faveur des nombreux mouvements des populations, les maladies infectieuses ont continué à toucher les populations, causant plusieurs cas de décès. Le choléra a sévi en Ituri (à Rwampara et Songolo), au Sud-Kivu (Fizi), au Nord-Kivu (Goma, Béni, Rutshuru et sur l'axe Oicha-Eringeti), dans le district du Tanganyika (Kabalo, Moba, Kitenga et Kasenga), au Maniema (Lubutu et Mwengue). Des cas de rougeole, de méningite et de dysenterie ont été enregistrés dans le Nord-Kivu, le Maniema, le Katanga et la Province Orientale.

Des cas de violences sexuelles commis par les éléments de l'armée nationale et les milices ont été enregistrés au mois de Décembre : au moins 174 victimes ont été recencées en Ituri, plus de 40 au Nord Kivu, particulièrement à Béni et 22 dans la Province Orientale. Ces victimes étaient des filles âgées respectivement de 4, 8 et 11 ans ainsi que des femmes mariées.

La vulnérabilité des populations dans les zones d'action des groupes armés s'est accentuée avec les incendies des maisons, le pillage des habitations, le vol du bétail. Tel est le cas des habitants des régions de Mahagi en Ituri (Kagaba, Gety et Aveba, des villages situés sur l'axe Lugushwa-Itutu et Kalehe au Sud- Kivu, des localités Sake et Miriki dans le Nord Kivu ainsi que du village Kizabi dans la province du Katanga.

Au mois de décembre, un séisme d'une magnitude de 6,9 sur l'échelle de Richter a été ressenti à Bukavu dans le Sud-Kivu à Goma au Nord-Kivu et dans le district du Tanganyika. Le tremblement de terre n'a pas causé de dégât dans les deux premières provinces. Par contre, au Kalémie, le bilan faisait état d'un décès, de 46 blessés, de 58 maisons partiellement ou totalement détruites et de 182 autres fissurées.

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