Ressortissants congolais retournés de l’Angola: Rapport de situation No.4 (en date du 03 décembre 2018)

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 03 Dec 2018

Faits saillants

• Plus de 370 000 personnes sont retournées de l’Angola entre octobre et novembre dans cinq provinces de la République démocratique du Congo, selon les sources officielles. Des mouvements spontanés des personnes retournées sont de plus en plus observés en direction des grandes agglomérations.

• Selon une mission d’évaluation humanitaire, quelques 183 000 personnes seraient retournées vers la province du Kwango, contre 31 926 rapportées dans les statistiques officielles au 30 novembre.

• L’assistance humanitaire est en cours dans le Kasaï et le Kasaï Central. Une demande de financement au Fonds central d’intervention d’urgence (CERF) est en cours de finalisation, et le Fonds humanitaire pour la RDC a déjà alloué un financement pour couvrir des gaps constatés.

Chiffres clés

370 218 Ressortissants congolais arrivés de l’Angola (Au 20/11)

95 500 Personnes vulnérables atteintes par des activités de première urgence (Au 25/11)

7 577 Ménages retournés vivant en familles d’accueil et sites à Kamako (Au 25/11)

541 Enfants nonaccompagnés expulsés dans les zones frontalières (Au 25/11)

Aperçu de la situation

Entre le 1er octobre et le 30 novembre, 370 218 ressortissants congolais sont retournés de l’Angola selon les sources officielles. Ces données validées par la Direction Générale des Migrations (DGM) font état de 292 671 retournés volontaires et 77 547 expulsés qui ont été accueillis dans 5 provinces de la RDC : le Kasaï, le Kasaï Central, le Kwango, le Kongo Central et le Lualaba.

Il convient d’indiquer que la DGM a accepté de travailler avec les humanitaires pour vérifier ces chiffres afin de parvenir à un consensus dans les prochains jours. En effet, des sources concordantes signalent une présence beaucoup plus importante de personnes retournées d’Angola, notamment dans la province du Kwango. Alors que les chiffres officiels indiquent le retour de 31 848 personnes vers cette province, les autorités locales rapportent plus de 183 000 retournés, entre mi-septembre et le 17 novembre dans les territoires de Kahemba, Fetshi et Kasongo-Lunda. L’UNICEF y a conduit une mission conjointe d’évaluation multisectorielle, avec la participation de FAO, AIRD/UNHCR, ALDI, RHA, ECVM et TPO. Cette mission corrobore ces chiffres et renseigne qu’au moins 85% de ces personnes seraient en familles d’accueil et 15% dans des églises et autres bâtiments publics. Ce rapport indique une présence d’au moins 3 179 enfants non accompagnés et enfants séparés de leurs familles parmi ces retournés et expulsés d’Angola.

Le Kwango a également accueilli plus de 17 800 personnes déplacées qui avaient fui la crise de la région de Kasaï 2016 – 2017 et qui sont sans assistance humanitaire jusqu’aujourd’hui. La présence humanitaire demeure très faible dans la Province du Kwango en dépit de tous ces défis humanitaires auxquels s’ajoute la crise nutritionnelle (21/34 zones de santé en alertes au 3e trimestre 2018, selon le Bulletin n°33 SNSAP couvrant la période de mai à juin 2018) qui affecte la vie des milliers d’enfants, femmes enceintes et allaitantes.

Par ailleurs, depuis le début du mois d’octobre, on assiste de plus en plus à un mouvement généralisé des retournées d’Angola en direction des grandes agglomérations, en particulier les chefs-lieux des provinces à savoir Tshikapa (Kasaï), Kananga (Kasaï Central) et Kikwit (Kwilu). Les autorités provinciales du Kwilu renseignent la présence de 37 109 retournés à la date du 15 novembre dans la ville de Kikwit dont plus de 50 % proviennent des territoires de Kamako (Kasaï), Tembo et Kahemba (Kwango) en traversant celui de Gungu (Kwilu).

Entre les 10 et 26 novembre, un total de 771 personnes retournées d’Angola ont été transportées vers leurs destinations finales. Les bénéficiaires sont des personnes malades, les personnes vivant avec un handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes et autres personnes ayant des besoins spécifiques. L’axe routier Kamako-Tshikapa (environ 140 km), en très mauvais état, a constitué la principale contrainte pour le convoyage de toutes ces personnes retournées et expulsées d’Angola.

La communauté humanitaire est engagée dans les activités des phases de première urgence et d’urgence dans la zone de Kamako. Mais la stratégie de réponse est en cours de recadrage suite à la décision des autorités de suspendre les travaux de construction du centre d’orientation et d’information lancés conjointement avec le HCR à Kamako. Les activités d’assistance se poursuivent avec le cash inconditionnel, le WASH, les vivres et le transport pour les personnes désireuses de rejoindre leurs zones d’origine et la couverture est de cette activité est passée de 50 000 à 95 593 personnes en l’espace de deux semaines.

Dans la province du Kasaï Central, à la suite des missions d’évaluation menées dans le territoire de Luiza, les acteurs humanitaires ont lancé des opérations de ciblage dans les zones de santé de Luambo, Yangala, Masuika et Lwiza.
Pour rappel, cette mission rapporte la présence de plus de 77 731 personnes retournées d’Angola dans ces zones de santé du 1er au 30 octobre.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:
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