Ressortissants congolais retournés de l’Angola : Rapport de situation No.3 (en date du 20 novembre 2018)

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 20 Nov 2018

Ce rapport a été produit par OCHA RDC en collaboration avec les partenaires humanitaires. Il couvre la période du 1er au 16 novembre 2018. Un troisième rapport sera publié aux environs du 30 novembre pour présenter une mise à jour.

Faits saillants

  • Selon les sources officielles congolaises, 362 097 personnes sont retournées de l’Angola entre le 1er Octobre et le 10 novembre, alors qu’un nouvel afflux est à craindre.

  • Finalisation de la stratégie de réponse aux besoins des ressortissants congolais retournés et expulsés de la République d’Angola et lancement du processus d’un financement CERF.

  • 19 acteurs sont déjà présents sur le terrain à Kamako dans la province du Kasaï ; la mise à jour du 3W est en cours.

Chiffres clés

  • 362 097 Ressortissants congolais arrivés de l’Angola (Au 10/11)
  • 50 000 Personnes vulnérables atteintes par des activités de première urgence (Au 12/11)
  • 7 577 Ménages retournés vivants en familles d’accueil et sites à Kamako (Au 12/11)
  • 164 Cas de protection répertoriés parmi les arrivants à Kamako (du 27/10 au 12/11)

Stratégie de réponse

  • 492 000 PERSONNES CIBLÉES Activités de profilage noncomprises.
  • 627 000 PERSONNES DANS LE BESOIN (Octobre – décembre 2018)
  • $ 38,4 millions FINANCEMENT REQUIS
  • $ 209,7 millions FINANCEMENT REQUIS-AUTRES (Pour rappel - Plan opérationnel Kasaï, 2ème semestre 2018)

Aperçu de la situation

Entre le 1er octobre et le 15 novembre, la Direction Générale de Migration (DGM) a enregistré un total de 362 097 ressortissants congolais retournés de l’Angola, qui ont été accueillis dans 4 provinces (Kasaï, Kasaï Central, Kongo Central et Kwango). Parmi eux, la DGM décompte 288 940 retournés volontaires et 73 157 expulsés.

Les chiffres ci-dessus ont été validés par la DGM au niveau national et font donc office de chiffres vérifiés. Cependant, comme toutes statistiques officielles sujettes à un processus de vérification, il est probable que ces données ne reflètent pas encore totalement l’ampleur de l’afflux de la période la plus récente. Ainsi, les données collectées par les antennes locales de la DGM et celles provenant de certaines organisations de la société civile et ONG semblent indiquer un nombre plus important d’arrivants dans certaines provinces. C’est notamment le cas pour les données récoltées par le système de veille humanitaire assuré par l’ONG Caritas et couvrant toutes les provinces affectées, dont le rôle d’alerte précoce doit être vu en complémentarité des chiffres vérifiés de la DGM. Actuellement, ce système de veille rapporte que près de 522 200 personnes seraient retournées de l’Angola vers les provinces du Kasaï, du Kasaï Central, du Kwango, du Kongo Central, de Lualaba et de Lomami entre le 1er octobre et le 10 novembre 2018.

Il convient de signaler que la province de Lomami est la sixième province à signaler la présence des retournés dans la zone de santé de Wikong, en territoire de Luilu. A Kamako. Dans la province du Kasaï, on assiste à un ralentissement des mouvements de retour avec une moyenne de 300 personnes par jour depuis le début du mois de novembre 2018. Les statistiques locales en cours de validation sont de 317 099 retournés sur toutes les portes frontalières du territoire de Kamonia en date du 12 novembre.

Dans la province voisine du Kasaï Central, les différents comités de crise locaux ont partagé leurs chiffres, dont le total s’élève à 77 741 personnes retournées d’Angola arrivées dans les zones de santé de Luiza, Masuika et Luamba au cours du mois d’octobre. Selon le comité de crise pour la zone de santé de Yangala, les chiffres partagés par la DGM au 29 octobre ne concernent que les retournés enregistrés aux portes de Kalamba Mbuji et Mwenya Mbulu. Il est à craindre qu’un afflux important de personnes entrées par Kalombo, Luinda, Bishikandunda, Mbala et par les portes informelles, ainsi que celles venues de Kamako, Kamonia et Dilolo, n’a pas encore pu être pris en compte dans les chiffres officiels. Cet afflux représenterait plus de 90 pour cent des retournés d’Angola actuellement installés en territoire de Luiza.

Dans la province de Kwango, on assiste à une diminution de l’afflux depuis le mois de novembre contrairement au mois d’octobre. Dans le territoire de Kahemba, les retournés ont tendance de quitter les sites d’accueil vers les destinations suivantes : Kinshasa, Kikwit, Kenge, Feshi, Tembo etc. La population qui reste sur place est constituée des personnes sans ressources et beaucoup d’enfants et des femmes pour lesquels l’identification est en cours.

Selon des sources concordantes, les autorités angolaises seraient en cours de préparation d’une nouvelle opération d’expulsion. Il est donc à craindre que le nombre de personnes expulsées n’augmente dans la cité de Kamako où résident déjà plus de 25 000 personnes venant d’Angola depuis le mois d’octobre, selon des sources humanitaires. Il convient de signaler qu’après vérification, le HCR a identifié plus de 2 000 réfugiés victimes de l’opération de refoulement de l’Angola et que les discussions sont en cours pour une meilleure prise en compte des principes en cette matière.

Dans le cadre du libre accès à la santé des populations des zones affectées par la crise, décrété par les autorités locales, le rapport du Centre de santé de Référence Kamako-Etat a déjà rapporté 2 301 cas de malades dans les rangs des expulsés et retournés, dont 50,7 pour cent d’enfants de moins de 5 ans (1 167 cas), pris en charge dans cette structure entre le 12 octobre et le 12 novembre 2018. Ont également été rapportés : 1 231 cas de paludisme, 109 cas de tuberculose, 101 cas de malnutrition aigüe sévère et 5 cas de violence sexuelle. Le centre de santé a également enregistré 34 décès, dont 11 dus à la tuberculose et 8 au paludisme. En octobre, on note une augmentation particulièrement inquiétante des admissions des cas de malnutrition aigüe sévère dans la zone de santé de Kamonia ainsi qu’à Luiza.

La réponse humanitaire s’organise progressivement et les efforts conjoints des plusieurs partenaires sont en cours pour la fourniture d’une première assistance d’urgence aux retournés, aux populations qui les accueillent, ainsi que pour le profilage, en étroite collaboration avec les autorités locales dans la Cité de Kamako (Territoire de Kamonia). Le centre d’information et d’orientation en cours de construction par le HCR permettra d’enregistrer les arrivées, et étant donné sa capacité limitée à 500 personnes, d’organiser rapidement le dispatch vers les zones de destination. Cette activité va nécessiter des solutions urgentes pour améliorer les options de transport de personnes et de matériel.

La stratégie de réponse a été finalisée au niveau du CRIO de Kananga après les inputs de l’ICN. Elle a été présentée et discutée au niveau de l’Equipe humanitaire pays lors de sa réunion du 9 novembre 2018. Son objectif est de contribuer à l’accueil sur le sol congolais des personnes expulsées et retournées de la République d’Angola, ainsi qu’au désengorgement des zones frontalières d’accueil, tout en assurant une assistance dans les zones de retour. La stratégie s’articule autour des activités principales suivantes réparties en trois phases comme repris dans le tableau ci-dessous.

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