R.D.Congo – Bas-Uélé, Haut-Uélé, Ituri & Tshopo : Note d’informations humanitaires no 3 (15/3/2018)

Faits saillants

  • Une crise alimentaire menace toute la province de l’Ituri à la suite de l’insécurité à Djugu.

Aperçu de la situation

Les civils continuent de faire les frais du cycle de violences observées dans la majeure partie du Territoire de Djugu depuis le mois de décembre 2017. Le 13 mars, une quarantaine de personnes ont été tuées par des assaillants dans six localités dont Joo, Gbii, Kayuba et Ngaliko, à plus de 100 km au nord-est de Bunia, dans le groupement de Losandrema; tous ces villages sont quasi-déserts. Selon le chef du groupement, Losandrema est composé de 108 villages (environ 100 000 habitants) dont 96 ont été incendiés entre décembre 2017 et mars 2018.

Ce contexte d’insécurité a provoqué des mouvements de population vers Tchomia, Bunia et l’Ouganda. Ces déplacés ont perdu tous leurs moyens de subsistances ; des infrastructures de bases (écoles, structures de santé) ont été détruites). Par ailleurs, le lancement des opérations militaires pour la reconquête de nombreux villages, en début de cette semaine, pourrait considérablement réduire l’accès humanitaire alors qu’il y a de nombreuses personnes dans le besoin dans ces zones instables.

L’insécurité observée dans la région de Djugu fait courir la menace d’une crise alimentaire à toute la province de l’Ituri, selon l’Inspection provinciale de l’agriculture, pêche et élevage. Le Territoire de Djugu est considéré comme l’un de principaux greniers de l’Ituri. Les experts du secteur de sécurité alimentaire estiment que dans les conditions actuelles, une bonne partie de la population de Djugu a perdu la récolte de la saison agricole « B » en 2017 et court le risque de rater toute la saison agricole « A » de 2018. Les perspectives alimentaires aux court et moyen termes sont négatives aussi bien pour les déplacés que pour les communautés d’accueil. A cause de l’insécurité, les prix de principales denrées alimentaires (haricot, maïs, manioc, légumes) sont à la hausse dans la ville de Bunia et dans toutes les zones de déplacement. Il est probable que la tendance à la hausse des prix se poursuive les mois à venir.

Coordination générale

La communauté humanitaire retient les zones de santé d’Angumu, Kambala (Territoire de Mahagi) et de Rethy (Territoire de Djugu) comme zones d’intervention dans le deuxième plan de réponse à la crise de Djugu. Elles ont été retenues sur base de l’accessibilité humanitaire, de la vulnérabilité des populations et de la pression que les déplacés exercent sur les familles d’accueil. Pour rappel, les humanitaires ont élaboré, en février dernier, un premier plan de réponse chiffré à environ 9 millions de dollars pour une durée de trois mois en faveur de 50 000 personnes déplacées à Bunia et ses périphéries.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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