DR Congo

RDC/Ituri : Note sur la situation de protection des civils dans le territoire d'Irumu - décembre 2019

Format
Situation Report
Sources
Posted
Originally published
Origin
View original

Attachments

1. CONTEXTE

Le territoire d’Irumu, dans la province de l’Ituri, fait face à une série de mouvements de populations, des besoins humanitaires multiples suite aux différents affrontements de traque entre les éléments de la FARDC et les groupes armés notamment les ADF, les Mai-Mai, les hommes armés non identifiés et les éléments de la FRPI malgré le processus de pré-cantonnement en cours avec ces derniers. Ce territoire compte 25 sites de déplacés internes gérés par OIM/AIDES avec une 50.971 déplacés qui y vivent sans compter ceux des familles d’accueil.

En outre les opérations de traque contre les ADF dans le territoire de Beni, en province du Nord-Kivu ont affecté l’insécurité dans le Sud-Irumu, notamment dans la région de Tchabi avec comme conséquence mouvement de population du Nord-Kivu sur l’axe Komanda – Luna et Ndalya. Plus de 30.000 personnes déplacées internes sont arrivées dans cette partie de juillet à novembre 2019. De nouveaux déplacés ont aussi été accueillis dans des anciens sites spontanés de cet axe. Ces hostilités ont engendré 1446 incidents de protection dans le territoire d’Irumu reparties entre les violations de droit relatives à la propriété, violations des droits à la liberté, violations de droit à l’intégrité physique et les violences sexuelles ; touchant ainsi 1537 personnes dont 381 femmes, 129 filles, 38 garçons et 898 hommes.

Notons que le risque de résurgence de l’activisme armé avec comme conséquence immédiate, le mouvement de population avec les besoins humanitaires multisectoriels reste fortement élevé y compris le risque de tension intercommunautaire avec les conséquences humanitaires multiforme et enfin le risque d’accès humanitaire limité suite à l’insécurité.

Les principales préoccupations dans le territoire d’Irumu s’articulent autour de pillages et incendies des maisons, les meurtres/homicides des civils, la délinquance juvénile, les enlèvements des civils, les violences sexuelles et physiques, barrières illégales, la séparation familiale engendrant des cas d’enfants séparés et non accompagnés ainsi que la Maladie a Virus Ebola(MVE), etc. A cela s’ajoute le problème de coexistence pacifique entre les personnes déplacées internes dans les sites et les déplacés accueillis dans les familles d’accueil avec les autochtones. Il faut noter que 80% des déplacés se trouvent dans les familles d’accueil temporaires. Ces déplacés accueillis dans les familles d’accueil vivent dans des conditions précaires avec la promiscuité liée à l’insuffisance de places, la tension avec ceux qui les ont accueilli du fait de la consommation exagérée de leur stock de vivres liée à eur arrivée, des cas d’injures et d’humiliations, des cas de violences sexuelles et agressions physiques sur les déplacés.

Toutes ces situations rendent difficile la vie des déplacés aussi bien dans les familles d’accueil que dans les sites et nécessitent des interventions humanitaires rapides pour soulager leurs souffrances.

A cela s’ajoute la situation de l’épidémie MVE3 dans les localités de Lwemba et Biakato qui constitue toujours l’épicentre de ladite maladie alors que les populations y effectuent des mouvements pendulaires/cycliques suite à l’insécurité qui y prévaut, pour trouver refuge sur l’axe Byakato – Makeke-Mambasa. Ce contexte risque de contribuer à la propagation de l’épidémie liée à la MVE sur les axes Komanda-Luna et Byakato-Mambasa.

Par ailleurs, la tension politique actuelle de l’Ituri, où le Gouverneur de province a été désavoué par l’Assemblée Provinciale, risque également d’impacter négativement le processus de paix déjà engagé par les autorités provinciales en difficulté politique.

Il sied de signaler que les besoins humanitaires dans le territoire d’Irumu, sont énormes dans tous les secteurs et très peu de réponses enregistrées du fait que ces derniers se sont plus focalisés vers les territoires de Djugu et de Mahagi. La dernière mise à jour du plan de réponse humanitaire faite en aout dernier, n’a pas suffisamment pris en compte les besoins humanitaires dans ce territoire alors qu’actuellement la situation humanitaire est alarmante. C’est pourquoi la présente note d’analyse est élaborée, en vue de faire un état des lieux sur les besoins en protection dans ce territoire, tirer la sonnette d’alarme sur les besoins humanitaires et formuler des recommandations afin de mieux orienter les réponses.