DR Congo

RDC: Veille du 30 juin à Goma - des blindés patrouillent

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Olivier Charmes/Monuc

Le 29 juin 2005, des blindés de la Brigade du Nord-Kivu ont sillonne Goma: Marché Virunga, Rond-point Birere, Quartier Himbi... A chaque point de passage, des dizaines d'enfants leur emboîtent le pas en riant, tandis que d'autres restent prudemment sur les bas côtés. Un instant, dans le vacarme et la poussière, les petits commerces s'interrompent et chacun regarde passer le convoi.

«Je trouve cela normal. Ca nous rassure de voir que la MONUC est présente jusque dans nos quartiers», dit l'un des curieux. «Oui, mais nous ne sommes pas habitués à voir des choses pareilles. C'est aussi révélateur que la situation est tendue», rétorque un autre. Les trois véhicules blindés - avec dix hommes à bord - et les deux jeeps chargées du transport de troupes ont patrouillé dans la ville pendant deux heures. Estampillée «Show of Force» (traduisez: «démonstration de force»), l'opération visait à rassurer la population à la veille du 30 juin, date du 45ème anniversaire de l'indépendance de la République Démocratique du Congo, et jour o=F9 les premières élections depuis trente ans étaient en principe prévues. Leur report, prévisible mais officialisé seulement récemment, laissait craindre des désordres. Jusqu'au 29 juin même, certains partis avaient appelé la population et leurs militants à descendre dans la rue - avant de déprogrammer toute manifestation.

Reliés par radio aux hélicoptères qui survolent Goma au même moment, les pilotes des véhicules au sol sont là pour réagir aux moindres consignes venues du ciel. La synchronisation est capitale. Si des manifestations tournent à la violence, si des débordements ou des heurts devaient se produire, les militaires de la MONUC pourraient intervenir: assurer la sécurité du personnel de la mission et des Nations unies en général, et protéger la population font partie de leurs attributions. Le Chapitre VII les y autorise, y compris en faisant usage de la force si nécessaire.

Mais avec ces patrouilles, la MONUC mise avant tout sur la dissuasion. Pour le major Sinha du bataillon Indian-Batt I, et chef des opérations chargé de la sécurité dans la ville de Goma, ce n'est qu'une étape d'un long processus pour sécuriser la ville: être opérationnel ne se limite pas à la journée du 30 juin. Missions de reconnaissance, patrouilles à pied ou motorisées, observation aérienne... En collaboration avec les autorités civiles et militaires de Goma, le bataillon indien n'a pas attendu l'approche de cette date jugée sensible pour se préparer. Simplement aujourd'hui, il s'agissait de le faire savoir.

Le 30 juin à partir de 9h00, la compagnie motorisée reprend ses patrouilles. Dans l'après midi, des affrontements éclatent subitement entre des éléments des FARDC et de la Police militaire. Si ceux-ci n'ont pas dégénéré au point o=F9 la brigade aurait eu à intervenir militairement, il n'en demeure pas moins que l'appel de la MONUC au calme avait indéniablement gagné du poids avec la présence des patrouilles blindées en ville.